Doit-on parier sur Tom Hardy ?

Publié le par Charlie SaintLaz

Rien à voir avec Françoise.

Dans la famille bankable, je demande Tom Hardy. Tu aurais du mal à t'en souvenir dans l'immédiat parce que ses grands rôles sont ceux de la métamorphose physique impressionnante au point de nous faire oublier son vrai visage. Pourtant, tu l'as vu dans Inception, The Dark Knight rises, Bronson ou encore La Taupe, dans des rôles qui sont loin de le faire passer inaperçu. Du coup, sans être incontournable, il est une pièce bien en vue du grand échiquier du cinéma anglophone : dans la famille bankable, il est donc le cousin de province, tout Anglais qu'il est dans les studios hollywoodiens.

A l'image de Kate Winslet ou de Hugh Grant, le petit Londonien est donc parti à la conquête d'Hollywood, avec succès : Ridley Scott, Sofia Coppola, Steven Spielberg, Nicholas Winding Refn, Christopher Nolan, tout ce petit monde a remarqué qu'il faisait joli à l'écran, mais pas que.

Parce que Tom Hardy, c'est quand même un physique.

Doit-on parier sur Tom Hardy ?

Sans avoir été élu l'homme le plus sexy de l'année, on peut lui décerner le titre des plus belles lèvres du cinéma. Mais ce n'est pas franchement le propos, évidemment : parlons cinéma.

Outre de grands rôles dans des films populaires (Bronson, The Dark Knight Rises...), Tom s'est illustré dans des films austères et sérieux, où il laisse une trace remarquable (La Taupe, notamment).

Je te propose de porter le regard sur deux films sortis cette année : Locke, de Steven Knight, et Quand vient la nuit, de Michael R. Roskam. Images.

Dans ces deux films, Tom Hardy incarne Mitterrand la force tranquille. Le bestiau habitué aux tâches viriles, protecteur et sûr de lui, le mâle tel que le gender le construit, une figure connue, donc rassurante. Mais surtout, il offre une prestation nickel, des personnages habités, dans des performances aussi variées que le huis clos ou le film de genre.

# Locke

Un habitacle de voiture. Un conducteur sur les routes anglaises. Une floppée de coups de fil. Le scénario semble tenir sur un timbre post, et pourtant, l'histoire de cet homme qui traverse le pays, de nuit, quittant famille et boulot pour se montrer digne du statut d'homme, responsable, honnête, présent dans les difficultés, tient le spectateur en haleine. Passant tour à tour de bourreau malhonnête à sauveur en puissance, il offre une plongée dans l'univers mental d'un homme d'aujourd'hui, la vérité criant dans les images de pénombre, les émotions lisibles sur son visage solide, l'esprit tourmenté traduit en peu de gestes, en quelques attitudes auxquelles l'acteur donne une justesse sidérante, quand on y repense. Du talent brut.

#Quand vient la nuit

Un bar, de l'argent, une mafia, un caïd, une fille, un barman réglo. Le décor est planté pour une bonne vieille soupe ciné. Et pourtant, le scénario fait la part belle au barman, un brave type abruti par le système qui t'interdit de réfléchir, parce que (se) poser des questions, c'est se mettre en danger. Oscillant entre la loi de l'ignorance et le refus de se faire marcher dessus, notre homme ne recule jamais, cherche toujours à résoudre, à se dédouaner, à écarter les problèmes... tout en évitant d'y laisser ce qu'il aime empêtré. On ne suit que ses actes, soumis à notre jugement, sans savoir ce qu'il a en tête pour nous servir de circonstances aggravantes ou atténuantes. Un rôle tout dans l'image, donc, dans la précision du geste de l'expression, servi par une réalisation aux petits oignons (sans être ambitieuse). Bref, l'acteur mis en lumière. Avec succès.

 

D'où ma question : faut-il parier sur Tom Hardy ?

Publié dans Ciné

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