Théorie du complot.

Publié le par Charlie SaintLaz

"On vous avait prévenus", qu'ils diront.

Prédicateurs de tous horizons, ils fleurissent depuis plusieurs siècles années avec une nonchalance qui force le respect. Egrenant leurs théories sur la chutes de la civilisation et la fin du monde, ils déblatèrent inlassablement sur les vérités qui dérangent, démasquant les fausses coïncidences, alignant les accusations basées sur des évidences reliés avec certitude, bref : ils affirment nous ouvrir les yeux, tous relecteurs et grands interprètes de l'Histoire qu'ils sont, alors que l'Histoire les rangera aux côtés de Dan Brown et de son Da Vinci code - puisqu'au final, c'est bien le même sport intellectuel qu'ils pratiquent.

Les récents succès en librairie (et dans les médias) de Houellebecq et Zemmour en témoignent : la France se passionne pour la littérature qui fait le buzz - qu'importe qu'elle se prétende analytique de la réalité ou fantasmatique du pire, elles sont attractives parce qu'elles font parler (et non l'inverse). La capacité des Français à faire de l'analyse de texte étant plutôt mauvaise, d'une part, et le lectorat de livres étant en forte chute, d'autre part, on pourra ne pas trop s'alarmer des effets réels de ces torchons bouquins sur les esprits - bien qu'en d'autres circonstances on déplorera cette décrépitude des cerveaux hexagonaux. Ou peut-être est-ce justement parce que les cerveaux se ramollissent suffisamment pour ne pas contester ce qu'ils pourraient prendre pour la vérité vraie qu'il faut s'alarmer. Chacun y verra son verre à moitié plein ou à moitié vide.

Au départ, la théorie du complot, que chacun pratique à son petit niveau en période de défiance envers le monde entier, naît quand le doute est nourri et l'autorité facilement dézinguable. Alors, plutôt que de s'orienter vers le pragmatisme, l'esprit critique use du doute et des faits pour créer un nouveau dogmatisme, basé sur une opposition systématique et - tu vas rire - une critique bête et méchante du système, tout en proposant un modèle utopique tout aussi critiquable.

(et puis on ne sait jamais, après tout, si ça se trouve.)

(et puis on ne sait jamais, après tout, si ça se trouve.)

"On ne nous dit pas tout !", disait l'autre.

Toujours est-il que pour nous, qui ne sommes pas des théoriciens (diplômés ou à la petite semaine) du monde et du sens de l'Histoire, les propositions d'ensemble, les rapprochements de sujets jamais rapprochés jusque là, ça nous électrise les neurones, parce que ça semble incroyable et surtout parce qu'on sent soudain plus maître du monde. Alors qu'en fait non.

C'est un peu comme réaliser, devant le fait accompli, que Future Lovers, de Madonna, a été créé POUR faire un mash up de génie avec I feel love, de Donna Summer. Soudain, t'es tout foufou, partagé entre la honte d'avoir été roulé, jusque là, par les techniques de la machine à tubes américaine, et l'exaltation d'une mise-en-abyme permanente de la musique électro, qui se réapproprie les meilleurs sont pour en faire, parfois, de vraies pépites.

Mais bien évidemment... j'dis ça, j'dis rien. ;)

#LeCourageDeSesOpinions

Publié dans Tendance, Sons

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