ABC comme Aîné Benjamin Cadet ...

Publié le par Charlie

Il paraît que rien dans notre comportement n'est le fruit de notre décision propre. Que tout est dicté par l'environnement, que tout est conséquence des circonstances.
On connaît tous Darwin. Sa théorie de l'évolution. Ses contradicteurs. Sa théorie a eu ses suites dans plusieurs domaines, notamment en psychologie de la famille. Il semblerait que la place que l'on occupe dans la fratrie joue sur notre développement. A première vue, ça ressemble aux horoscopes : des données où l'on se satisfait des éléments qui collent à la perception que l'on a nous-mêmes, des écarts que l'on minimise, et l'on adapte le tout à sa situation. Débriefing.

1) L'aîné
Théorie : L’aîné crée la famille. Avant lui, elle n'existe pas (tadaaaaaam !). Bref, l'aîné concentre tous les espoirs de la famille. On attend que cet enfant réussisse, qu'il (ou elle, hein, mais restons génériques) soit la vitrine de la famille, et la preuve de l'efficacité de l'éducation apportée par les parents. Apparemment, l'aîné serait sensible à cette attente, et deviendrait ambitieux et perfectionniste, contre un peu de reconnaissance, each time (s)he succeeds. Sauf que, par peur de l'échec, il va se cantonner à ce dont il est sûr de venir à bout. Et souvent, il suivra une voie plus ou moins tracée par ses parents. L'aîné reprenait la ferme ou la boutique parentale. Autre phénomène dégagé, le plus âgé est le plus responsable. Pour que ses parents puissent s'occuper des rejetons suivants, ils confient à l'aîné plus de tâches, surtout aux filles, qui vont développer le syndrôme "deuxième maman" avec les petits derniers. Mais du coup, l'aîné prend un tantinet la grosse tête et va décider pour les autres. Il va choisir sa place à table, parfois même le menu, le programme à la téloche et qui peut jouer avec lui. On appelle ça "le droit d'aînesse". Au final, l'aîné est celui dont la personnalité est la plus proche de celle (synchrétisée et idéalisée) de ses parents : au sein d'une fratrie adulte, il est celui qui sera la plus conservateur, à tous points de vue (traditions, us, politique ...).
Exemple célèbre probant : Britney Spears.

2) Le cadet
Théorie : On appelle "cadet" l'enfant qui vient juste après l'aîné (on parle aussi de "puîné"). Souvent, c'est l'enfant difficile à cerner. Entre le grand qui lui est un modèle contraignant et le petit qui recueille un surplus de tendresse parentale, il cherche à se manifester, soit-disant, de façon imprévisible. La belle affaire ... S'il est plus proche en âge de l'aîné que du benjamin, le cadet cherche à ressembler au grand ... ou à lui différer complètement, quitte à être l'enfant à problèmes. Allez, on tente un pari ? Les serial killers et les toxicomanes sont des cadets ? Ben il semblerait. Sinon, comme il doit jouer avec un aîné qui fait le fier, le cadet doit apprendre à s'adapter. Du coup, il louvoie, négocie, discute ... Il serait fin diplomate. Entre l'attention réclamée par le(s) plus grand(s) et le(s) plus petit(s), le cadet fait avec moins d'attentions. Il développe son rapport au système D : il est plus indépendant plus tôt. Avec comme conséquences : se plaindre peu, opter pour la résilience, la croyance d'avoir raison parce qu'il se construit tout seul, quitte à être très têtu.
Exemple célèbre probant : (Paul David Huson, dit) Bono.

3) Le benjamin
Théorie : Le petit chanceux ... Les parents se sont épuisés avec les aïnés, ils sont plus relax avec le plus jeune. Le revers, c'est qu'ils sont aussi beaucoup moins attendrissables. Ton premier mot, tes premiers pas, quand t'es le benjamin ... c'est beaucoup moins extraordinaire que pour les premiers. Limite déjà vu. Bon, comme il est moins épié par papa-maman (restons génériques, j'ai dit), il devient vite flemmard, prend peu de décisions, élude les responsabilités ... mais apprend à jouer des sentiments des uns et des autres pour parvenir à ses fins. Confiné par ses aînés au poste de petit-dernier-qui-ne-sait-rien-faire, il en joue pour ne branler que ce qu'il veut. Malin ! Sauf que ... en grandissant, il va avoir du mal à prendre son indépendance, à prouver qu'il peut (et sait) faire les choses tout seul. Perso, je pense -petit frère, si tu m'entends- qu'il a plutôt intérêt à se bouger, parce que là ... il va avoir du mal à vivre tout seul. Blaireau, va ...
Exemple célèbre probant : Victor Hugo.

Une fratrie célèbre !
Louise (la cadette), Paul (le benjamin) et Camille (l'aînée) Claudel.

4) L'enfant unique
Ben oui ! Et l'enfant unique, bordel ? J'y viens ...
Théorie : On la voit venir, la tendance à devenir un enfant-roi. Bon, déjà, on dit que l'enfant unique a de la chance : monopole affectif,  écoute permanente, construction personnelle sans heurts (estime de soi TRES solide), intellect boosté (à trop participer à des discussions d'adultes ...). Surtout, il a très peu de contraintes : pas de partage des parents, de la salle de bain, ou de la télécommande. Petit veinard ... Mais il y a un mais. Y'en a toujours. Ben si, allons. Puisque je vous le dis. Bref, le hic, dans tout ça ... c'est qu'il est tout seul. Pas de potentiel camarade de jeu le soir, à la maison. Personne avec qui partager sa vie d'enfant. A l'école, pareil : partager la maîtresse ? Quelle idée ! (alors qu'à l'âge adulte ... partager sa maîtresse ... bref.) Du coup, il devient, en grandissant, excessivement sociable : il a une floppée d'amis. De connaissances. De relations à rang variables. Oh, et avec ses parents, pour qui il est THE enfant, donc qui doit tout cumuler (réussite, rebellion, enfants, tout ça), il peut être anxieux. A cause de la crainte de décevoir ...
Exemple célèbre probant : Elvis Presley.
En même temps, il peut tout se permettre : ses parents tiennent trop à lui pour le perdre pour des bêtises. Qu'ils disent.

 

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