A l'impossible, nul n'est tenu.

Publié le par Charlie SaintLaz

Lame de fond.

Comme tu le sais, la période rend fébrile nos amis cynoph cinéphiles. L'année se termine, les producteurs jettent sur les écrans leurs derniers feux (regarde : 20 sorties, aujourd'hui)(VINGT !), les cinéphages et les critiques (même si ce sont souvent les mêmes) sont débordés et comptent les films qu'ils ont loupé cette année, pendant que les gens normaux se demandent ce qu'ils vont aller voir parce qu' a) au ciné, c'est chauffé b) on sera en famille dans un mois, faudra s'occuper c) "j'suis pas allé beaucoup au cinéma, moi, cette année...". De plus, dans tout ce qui se fait de cinéphile dans ce bas-monde, on entre dans la période où l'on fait le point, où l'on regarde les hits et les flops de l'année, on réfléchit à son top 5/10/50 (selon le degré de cinéboulimie), on prépare même les remises de prix de l'année prochaine alors même que le long cortège de festivals et de récompenses s'achève doucement, et que le dernier écume du raz-de-marée d'avis-très-très-utiles des ciné-blablateurs s'épuise, noyé dans ses clichés du genre.

Tiens, en parlant de raz-de-marée, tu sais pourquoi on écrit "raZ-de-marée" ? C'est étrange, ce "z", non ? Parce qu'on pourrait penser que c'est un raS de marée, genre que la marée, soudain, montait au ras de l'espace humain. Ben en fait, non : le raz est un courant marin rapide dans une zone maritime resserrée. Le mot vient du norrois, entré dans le français par le truchement des Normands, on le retrouve du Raz de Barfleur à la Pointe du Raz, mais aussi en anglais (race - "course").

Tiens : comment allier "raz-de-marée" et "film de décembre" ? Suffit de se laisser porter par la vague et d'aller pleurer devant The Impossible : le film américano-espagnol de Juan Antonio Bayona - réalisateur de L'Orphelinat (2007) -, avec Naomi Watts (Mulholland Drive), Ewan McGregor (Trainspotting) et le jeune Tom Holland. The Impossible raconte comment les différents membres d'une famille (Maria, Henry et leurs trois fils Lucas, Tomas et Simon) vont tenter de se retrouver après que le tsunami du 26 décembre 2004 les a séparés, alors qu'ils jouaient tranquillement au ballon dans leur resort thaïlandais, pas loin de Phuket. Bande-annonce.

Alors, viendons-en au fait : faut-il y aller ?

OUI parce que...

- Leur histoire - vraie - a quelquechose de miraculeux. Ca te submerge. Surtout si tu aimes les happy ends...

- Trois acteurs brillantissimes : Watts, bien sûr, McGregor, évidemment, mais surtout SURTOUT le jeune Holland.

- Des images saisissantes de réalisme, qui te trimballent dans l'eau épaisse, boueuse, dangereuse, dans la peur, l'inquiétude, l'espérance et la joie, dans le soleil, les arbres, le silence et le bruit.

 

NON parce que ...

- la musique en fait trop. Dans un univers où tout est dévasté, une compo à partir de bruits naturels aurait suffit. Les caisses de piano/violons à tout bout de champ pour souligner la tristesse/beauté de la scène, merci bien.

- la mise en scène ne s'épargne pas certains clichés du genre - je pense à la scène où le père et le fils se croisent sans se voir. Dommage.

 

Non, à coup sûr : The Impossible est un film qui fera des vagues, en cette fin d'année qui reste dans le vague, en apportant une nouvelle vague de nominations potentielles dans toutes les compétitions nationales (Oscars, Golden Globes, Bafta...) et internationales (Cannes, Berlin, Venise...) dont les résultats connaissent un peu le creux de la vague... Enfin, on verra bien l'amplitude du raZ-de-marée.

Publié dans Ciné

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