Blanche-Neige n'est plus une oie blanche.

Publié le par Charlie SaintLaz

Vit-on le début d'une révolution des idées ?

On continue à pourrir les enfants avec des contes de fées bourrés de petites horreurs et de bienséance morale, on élève nos jeunes dans des stéréotypes sociétaux qui sont de vraies cages mentales, et l'on voudrait que les adultes opinent en faveur de progrès moraux. Le paradoxe est savoureux, mais c'est sans doute parce que ceux qui veulent le changement et ceux qui appliquent les schémas ne sont pas les mêmes, et que les premiers sont moins nombreux que les seconds.

Quoi qu'il en soit, on a vu, à l'intention du grand public, nos jolies histoires d'enfant réduites au ridicule de leur construction par quelques artistes fameux. Téléphone avait remis Cendrillon au goût du jour, Foresti s'en est pris à l'avion de Barbie et au petit Poucet, Kawena a sexualisé les personnages Disney... Même chez Disney, dans les studios les plus créateurs de pensée unique au sein des cervelles prépubères, on a dépoussiéré un peu, surtout depuis Hercule : le ton est moins sirupeux, plus cynique, plus drôle. Cf Il était une fois (2007). C'est sans doute parce qu'on réalise, devenus adulte, que ces histoires nous ont bien menti, qu'on est aussi joyeusement revanchards à leur égard.

Tu as dû le voir, si 2011 était l'année des Guerre des Boutons, 2012 fut l'année Blanche Neige.

 

# Mirror Mirror - Tarsem Singh - sorti le 11 avril

Blanche Neige sort de la magie Disney, mais reste dans le pré-carré moral américain puritain. Déception.

Singh est un réal de seconde zone : après un The Cell (avec J-Lo) passé inaperçu et un Immortels (avec Henry <3 Cavill) sans saveur, il s'essaie à un autre genre, sans plus de succès. En dehors de son final bollywoodien, il n'apporte rien à l'imagerie des contes de fées.

Les trois scénaristes censés donner du piquant au conte des frères Grimm sont trois losers : Melisa Wallack, Jason Keller et Marc Klein font de la méchante une simple amorale cynique, le prince devient un joli crétin, les nains sont des chapardeurs yamakazi, c'est la crise au royaume et Blanche-Neige est futée. On ne rue donc pas dans les brancards.

Côté interprétation, Julia Roberts révèle son manque d'expressivité, Armie Hammer est réduit à être beau et gourd, Lily Collins s'en sort bien, vraiment, mais... il n'y a pas de rôle qui ressorte vraiment parce que l'enjeu scénaristique n'est pas non plus à la hauteur. Du coup, les acteurs passent vite pour des glandeurs prévisibles. Et on s'ennuie.

 

# Snow White and the Huntsman - de Rupert Sanders - sorti le 13 juin

Le topos de la victime et du bourreau, avec du syndrome de Lima à l'intérieur. Vu et revu.

Le réal, Rupert Sanders, vient de la pub, et aurait dû y rester. Perdu entre Harry Potter et le Seigneur des Anneaux, il donne à sa Bella Blanche-Neige un air de déjà vu que l'on ne digère plus : c'est ce qu'on risque à trop vouloir copier une recette qui marche.

L'histoire pourrait nous intéresser, mais on avoue que les conséquences de l'aventure entre l'actrice principale et le réal est plus cocasse : trompant l'ado préféré de la planète, la jeune Kirsten Stewart se retrouve haïe par tout ce qui porte un vagin tout en ayant moins de 14 ans (d'âge mental), alors que monsieur Sanders perd sa bombe atomique de femme, le mannequin Liberty Ross. Losers.

L'interprétation ? Tu as déjà vu Kirsten Stewart au cinéma ? Alors tu sais ce qu'elle vaut : pas d'expression, pas de sentiment, pas d epuissance. C'est juste qu'elle est - au mieux, bien filmée. Non, dans cette histoire copiée-collée de l'original, on ne retiendra que la beauté vénéneuse de Charlize Theron, qui irradie de beauté en Ravenna, la belle-mère. Dont on voudrais vraiment qu'elle gagne, tant les gentils sont une vaste équipe de neuneux.

Publié dans Ciné

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