Dans tes oreilles : Alberto Iglesias

Publié le par Charlie

Faisons un test. Les violons qui tremblent, qui enflent, qui hurlent, là, comme ça, ça te fait penser à :

- un concert de tziganes dans un film poignant sur la seconde guerre.

- André Rieu, avant la chirurgie dentaire qui lui a cramé le cerveau.

- Alberto Iglesias. (rien à voir avec Enrique)

 

Iglesias.jpgExactement. Alberto Iglesias, c'est un peu le papa de la musique de film à l'espagnole. J'avoue, son travail ne m'a touché qu'avec le dernier film d'Iciar Bollain, Même la pluie, mais en vrai, le monsieur travaille depuis plus de 20 ans avec les plus grands. Avant de bosser avec les plus grands worldwide, il a commencé par bosser avec les plus grands d'Espagne. C'est à dire avec Pedro Almodovar. (C'est ça, hurle, mon petit, hurle.) En chair et en os, Tout sur ma mère, Parle avec elle, La mauvaise éducation, Volver (ici une critique par Fluctuat), Etreintes brisées : c'était lui, le créateur de l'idendité sonore. (so chic, non ? "créateur de l'identité sonore", quelle trouvaille ...).

On lui doit aussi le son de The Reader de Stephen Daldry, de La femme de chambre du Titanic (Juan Jose Bigas Luna, dit JJBL), ou encore le très sirupeux The constant gardener de Fernando Mereilles, qui lui a valu une nomination aux Oscars. En fait, c'est simple : si tu veux tourner en Espagne et avoir un oeil sur ton compo juste à côté, tu prends Iglesias.

 

Mais à quoi ça ressemble ? Tiens, prenons la BO du Ché, de Steven Soderbergh, par laquelle j'ai découvert l'Espagnol. Tu y retrouves des sonorités très ... américaines. Si si, dignes de la musique des Hitchcock, ou d'un film avec Elizabeth Taylor. Alors soit il a été très très influencé, soit il a objectivement été mandaté d'aller dans ce sens, en pensant bien que le film sortirait à l'international. Il s'agit, avant tout d'un son très classique : orchestrations magistrales, ordre des mouvements, recours au gros tas de violons et aux cuivres grinçants. Toutefois, on ne s'arrête pas là. Sans aller jusqu'à parler de l'art picaresque ou de la mouvance du realismo magico, Iglesias donne à ses compositions une couleur étrange, des mélodies de second plan plus louvoyantes, graves, personnelles, avec des instruments à vent longs et chaleureux. Toutefois, tout au long de la cinquantaine de titres composés, l'oreille se fait à son style classique, jouant sur les deux tableaux (pompier et magique) ... au point qu'on pourrait même dire qu'il a tout pompé sur Tchaïkovski (mais si, réécoute Le lac des cygnes ...).

 

Alors est-ce que je recommande ? Si tu aimes, oui. Moi, j'avoue que 2 heures d'écoute m'ont donné une furieuse envie d'écouter du Sean Paul. Et dans le domaine, je te conseille Ever blazing et Get busy.

Publié dans Sons

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