De l'idée à l'oeuvre [La Fabrique]

Publié le par Charlie SaintLaz

Mécanique, automatique et en plastique.

A l'heure où la masse se rue sur les spectacles qui font la tournée des Zéniths et snobent les programmations des petits théâtres subventionnés pourtant plus abordables niveau prix et plus enthousiastes côté artistes, il me semblait important de rappeler une vérité essentielle : l'argent ne fait pas le talent. Bien sûr, tu me diras que les artistes qui sont le mieux produits (i.e. qui coûtent le plus d'investissement à leur producteur) ont les événements et les carrières les plus spectaculaires... Ca n'empêche que la majorité d'entre eux ne doivent leur longévité qu'au battage médiatique que leur prod fait. Parce que l'art est un exercice difficile, un travail de recherche, de doutes, d'expériences foireuses et réussies, il faut rendre hommage à ceux qui s'échinent à travailler, seuls ou en bande, pour proposer des choses nouvelles, tout en ne tirant pas la couverture à eux (Beyoncé, si tu m'entends...).

LaFabrique2.jpgPrenons, par exemple, une petite scène parisienne qui fait de temps en temps parler d'elle : le Vingtième Théâtre. Depuis 1994, l'équipe de ce théâtre municipal travaille pour débusquer de nouveaux spectacles de jeunes compagnies dans le but de les faire monter. En ce moment, tu peux voir 11 comédiens interpréter La Fabrique, une pièce de théâtre musical écrite et mise en scène par Hugo Corsin, un absolu newcomer dans le milieu, mais qui devrait se tailler un nom avec cette pièce.

L'idée ? Une usine et sa routine : chorale du matin, travail à la chaîne, ordres de la patronne, déjeuner, départ le soir... et même musique clandestine. Mais une usine, c'est aussi le risque banal d'être revendu... Sauf que ces gens-là ne parlent pas. Ou très peu. L'essentiel des situations se transmet par le recours à la musique. Reprises de grands titres (dont un fabuleux medley des Spice Girls), musique d'objets, danse, baragouinages et interludes hindouïsants : à peine pense-t-on que la petite compagnie a choisi un style d'expression qu'elle en change, revient à l'un puis saute à l'autre. Le tout fait avancer l'histoire dans un décor simpliste, modulable, qui a tout de la conception enfantine (selon laquelle "n'existe que ce que je vois"), avec des personnages qui semblent définis par un seul trait de caractère dans un univers où le stéréotype est roi. Petite critique "l'air de rien" de notre société qui n'oublie jamais vraiment le sentimental, quand ça va mal. Alors, là, comme ça, ça a l'air bien abstrait, mon histoire... Il y a bien une tentative de démo ici, mais elle ne traduit pas DU TOUT la créativité et l'esprit saltimbanque de la pièce.

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La Fabrique

du mercredi au samedi 21h30

le dimanche 17h30

jusqu'au 13 janvier 2013

 

Vingtième Théâtre

7 rue des Platrires (Paris 20e)

M° Ménilmontant/Gambetta

Info/Résa : 01 43 66 01 13 ou le site du théâtre

Publié dans Théâtre

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