Ecrire et ressentir : François Chaignaud.

Publié le par Charlie SaintLaz

Peut-on jouer sur tous les tableaux ?
Je ne sais pas si on peut, mais certains essaient. François Chaignaud, c'est un artiste polymorphe. Comme beaucoup de ses contemporains, il ne se limite plus à une seule discipline pour s'exprimer. Sa sensibilité, c'est celle de chaque instant, elle s'accroche à tous les détails, à tous les éléments. Il multiplie donc les disciplines pour proposer son regard au public, et son regard est original. Je te propose donc trois exempls de son sens du jeu.
# L'écriture
francois-chaignaudLe mot, c'est le degré zéro de l'expérience divulguée. Pourquoi ? Parce que l'on parle sans cesse, on favorise, au sein de l'instruction (familiale ET nationale) le recours aux mots pour raisonner et exprimer. Lorsqu'il n'y a plus de parole, l'esprit s'empare du geste qui, s'il n'est éduqué, sombre dans la somatisation. Bref bref, le mot comme recours primordial. Chaignaud ne s'est sans doute pas emparé du Verbe en première intention, mais il ne l'a pas délaissé. Il en ressort un blog peu entretenu mais riche de pépites, d'un vocabulaire foisonnant autour de sensations fugaces, tenaces ou démesurées. Le résultat, tu le trouveras en cliquant là.

 

# La danse
Plutôt que de danse, parlons plutôt de performance. Chaignaud fait partie de ces chorégraphes qui explorent le corps humain, ses possibilités et ses limites, pour livrer le résultat de façon un minimum jolie au public. Dans l'exemple que je te mets ci-dessous, tu verras Chaignaud, en compagnie de sa camarade Bengolea, travailler sur le corps sans contact avec l'extérieur, mais en contact complet malgré tout. je m'explique : il ne voit rien, il entend très peu, il ne respire même pas : enfermé dans son sac sous vide d'air, il cherche à atteindre les limites de la gestuelle chorégraphique avant que l'air ne lui manque. Mais, en étant sous vide de cette façon, il sent toute l'étendue de sa peau, le contact du vinyle, il met en relief toute sa musculature, toute son épaisseur. Le public, alors, est autant face à un tour de force qu'à une proposition gracieuse (toute en voyeurisme et en imagination, certes). Si le spectacle ne se déroulait pas dans le silence et ne durait pas deux plombes, il en serait tout à fait saisissant.

 

#3 Le délire vidéo

J'avoue avoir quelques doutes sur l'appartenance réelle de ces vidéos à l'auteur suscité. Mais, quelquepart, ça m'amuse aussi beaucoup de l'imaginer les tourner. Il reprend à sa façon des musiques connues ou sorties de derrière les fagots, en créant un personnage burlesque, féminin ou masculin, qui se prend au sérieux. Le résultat est vraiment original ... à l'image de François. Pour rigoler un peu, donc, clique ici

 

Publié dans Théâtre

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