I. Don't. Forgive. You.

Publié le par Charlie SaintLaz

Je suis croyant.

Du temps de mon innocente blondeur, j'avais des cours de cathéchisme. Ils relevaient plus d'un cours d'histoire du christianisme (tendance catholique romain) croisé avec un cours de dessin ("coloriez le voile de Marie en bleu") que véritablement de catéchisme : je veux dire qu'on nous racontait la vie de Brian Jésus, les valeurs judéo-chrétiennes, comment marche l'Eglise, mais jamais on ne nous parlait de cette sourde énergie, de cette force intérieure, un truc que l'on pourrait rapprocher de l'immanence de la foi (et j'ai bien conscience que dit comme ça, c'est un peu ridicule). Résultat : aucun des systèmes religieux ne m'a convaincu. Aucun ne m'a donné de support pour exprimer ou développer la conscience de ce truc qui me dépasse et qui, pourtant, m'habite. Sauf peut-être...

C'est ça. Je suis croyant. L'Homme est mon dieu sans idole. Les artistes sont mes popes, mes pythies, mes prophètes. La scène est mon espace sacré, mon temple, mon église. Les spectacles qui m'ont donné la sensation de toucher au divin se comptent sur les doigts de mes deux mains. Richard III au Panta Théâtre, Incendies à la Colline, Et suivront mille ans de calme à Chaillot, Vertical Road à la Ville, Le sacre du printemps (version Momboye) au TRR... et, un soir tiède de février 2012, Uprising et The art of not looking back aux Abbesses.

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J'ai rencontré Hofesh Shechter au hasard de mes pélerinages en terres dansantes inconnues. Entre Ohad Naharin et Akram Kahn, entre Russell Maliphant et Lloyd Newson, j'ai trouvé Shechter. Je suis venu à sa parole. J'ai vu son mouvement. J'ai été vaincu par sa puissance. Le sachant de passage dans le plus joli théâtre rouge du monde, je voulais ressentir en vrai. Sa troupe présentait donc, ce soir-là, Uprising, où 7 danseurs dansent la soumission, la conscience et l'insurrection, sur une scène nue, brumeuse, où les corps apparaissent et disparaissent dans les halos lumineux, et The art of not looking back, où 6 danseuses dansent la femme, la mère, celle de Shechter qui l'a abandonné, celle qui le rend fou quand il y pense, qui s'insinue quand il n'y pense pas. Celle à qui il ne pardonne pas.

Hofesh Shechter Dance Company
Théâtre des Abbesses
Uprising & The art of not looking back
du 14 au 29 février 2012 - 20h30

Publié dans Danse

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