Interlude culturel

Publié le par Charlie

Quel est le pouvoir de longévité d'un vieux tube ?

Par exemple : jusqu'à quand les jeunes générations continueront-elles à se trémousser sur Bebop a lula ? Sur Alexandrie, Alexandra ? Sur Dancing queen ? Sur Like a virgin ? Sur Freed from desire ? Sur Love don't let me go ?

Parce que bon, il y a des limites. Tu sais comme moi que des goûts et des couleurs, on ne discute pas. Ca n'empêche. Il y a des choses qui ne sont pas faites pour durer, et la nostalgie -toute naturelle, j'entends bien- n'est jamais un bon moment à passer. Ok, nuançons avec les nouveaux usages du mot "nostalgie" : "c'était génial, je ne regrette rien", "on savait s'amuser", "la vie était plus facile" ... Ah, vous voyez, on en arrive au regret. Mais le regret de quelque chose de positif. Alors la nostalgie peut donc être la tristesse ressentie par rapport à une époque heureuse dans le passé, mais elle s'accompagne nécessairement d'un point de comparaison actuel négatif. Si l'on est nostalgique d'un bonheur passé, c'est qu'on n'est pas heureux aujourd'hui. Tu me suis ? Bon. Ainsi, un nostalgique des seventies n'est pas triste que le disco soit mort : il est seulement nostalgique de la liberté absolue de cette décénnie. Un nostalgique du disco, par contre, trouvera que la musique de l'époque véhiculait d'autres symboles, d'autres attitudes et un autre mode de composition que les "daubes d'aujourd'hui". Et il a raison. De la même manière que certains trouvent qu'aujourd'hui, tout tend vers la pop, et tendent à être nostalgique de la techno, de la house et de la beat machine permanente qu'étaient les nineties. D'autres savourent le retour des Beatles (sur le mode pop-rock anglais, par exemple) d'autres le regrettent. Et il en va ainsi de chaque artiste appartenant à une époque donnée (qu'il aura marquée par un succès éclatant) dont le retour en demi-teinte (comprendre "mêlant ce qui a fait son succès avec ce qui marche aujourd'hui) pousse les aficionados de ladite période à la nostalgie, parce que le bilan est rarement positif à 100%.

Bref. Ces vieux tubes, en général, on les aime parce qu'ils nous rappellent des choses, ou simplement parce qu'on ressent la musique (facile, hein, comme remarque ...). On ne les écoute pas vraiment chez soi, ou une seule fois. Mais c'est une chose dont on ne veut pas se séparer.

Ce week-end, à Strasbourg, il y a eu du Roch Voisine dans mes oreilles. Hélène. Et bien ... c'était plus ce que ce morceau comportait d'affects qui me touchait que le morceau en lui même. Magical.

Oh, mais sinon, il y a eu Calvin Harris. C'est nouveau, c'est agréable, c'est vivifiant. Pas comme ces vieux tubes ringards :D
Acceptable in the eighties. Léger, pimpant, festif !

Publié dans Sons

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