Je n'emporte rien, vraiment.

Publié le par Charlie SaintLaz

Il y a pas si longtemps, Matou me demandait la signification d'un des textes de chanson les plus obscurs qu'il soit... Je m'exécute donc en te décryptant (du mieux que je peux, la tâche est ardue) Tourner ma page, chanson de Jenifer datant de 2007. Mais d'abord, clip.

 

Alors, rien qu'avec les images, on pourrait avoir une première analyse : Jenifer est amoureuse du marchand de sable, et pour qu'il reste faire dormir Gotham City (reconnaissable aux agents du Pingouin qui l'attendent en bas de la tour), elle change l'heure à longueur de temps : minuit, 4h du mat', il ne sait plus où il en est, le Marchand de Sable, et il court les rues pour endormir tout le monde tout le temps. C'est pourquoi on ne le voit pas dans le clip : il court, il court, le furet. 

 

Donc, ces paroles ...

 

2416439.jpgJe n'emporte rien, vraiment ... Contrairement au Marchand de Sable, qui se traîne des valises ... tu peux pas imaginer comme c'est lourd, des valises de sable. Elle n'emporte tellement rien qu'elle se débarrasse même de ses pompes au début du clip.
Je veux vivre d'autres nus ! D'abord les pompes, puis ... nue. Non, mais si Jenifer peut vivre dans des nus, moi je veux vivre dans un portrait. Ou dans un Kandinsky, tiens.
Je suis riche du temps, de tout ce que j'ai perdu Reprenant l'idée que le temps c'est de l'argent, elle fait comme les banques françaises pendant la crise de 2010 qui, en ayant perdu de l'argent, on gagné des profits géants l'année d'après. Parce qu'elle mutualise, Jenifer. Elle est comme le Crédit Mutuel : elle donne le la (souvenir de la Star Ac, sans doute, qui était sponsorisée, au début, par le CM).
Je suis légère, au vent... Ici, Jen nous informe que grâce à son régime Dukan, elle pèse moins lourd, à tel point qu'elle s'est unie au vent (léger, lui aussi, puisque fait d'air), et donc qu'elle lui appartient : "je suis au vent". Weird. Et c'est le Marchand de Sable qui va faire la gueule ...
Je promets d'être sage, de laisser au cadran ... l'aiguille tourner ma page Elle nous promet, mais qu'est-ce qui nous dit qu'elle va tenir sa promesse ? Parce qu'au fond, est-ce qu'on peut faire confiance à une fille qui vit dans des nus ou qui tourne des horloges, perchée en haut d'une tour, la nuit ? Bon, admettons. Elle veut "laisser au cadran, l'aiguille tourner ma page"... Déjà, son français est déficient : "je veux laisser A l'aiguille LE SOIN DE tourner ma page". Quelle page, d'abord ? Et pourquoi c'est l'horloge qui doit tout faire ? On doit comprendre, avec deux-trois figures de style, que le Temps se chargera de faire oublier ses premières années d'errance ? Non non, belle gosse : au mieux on se souvient de tout et on en rigole autour d'un verre de Lexomil, au pire on oublie tout, toi y compris. En plus, si le Marchand de Sable ne peut pas passer, on restera éveillés pour s'en souvenir. Mais passons aux couplets ...

On a pas trop de temps à faire l'amour à l'envers, il y a tant de vents contraires Faire l'amour, je vois ce que c'est. A l'envers, ça sous-entend soit le faire la tête en bas, soit la sodomie. J'opte pour la deuxième option, vu qu'il est question de "vents contraires" ...
On a pas trop de ciel pour s'étendre sur l'sujet, à rêver l'essentiel enlacés J'en conclue qu'elle aime la sodomie en plein air, à regarder le ciel (sans doute pour guetter le Marchand de Sable), pour éviter, justement, de rêver. Après, la sodomie est, chez elle, un moment où l'on s'enlace pour réfléchir à l'essentiel. Et pourquoi pas ?
Mais quand l'amour est là, il n'est jamais acquis, mais quand il est parti il nous laisse des pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi ... Grande philosophie de la vie chez Jen : l'amour est éphémère, et l'absence d'amour est difficile. Il faut dire que lorsqu'on ne pratique que la sodomie, on finit par se demander pourquoi : c'est vrai, ça ne sert pas à grand chose ... Voilà donc un beau couplet sur l'ineptie de la sodomie, parce que, en gros, ça empêche de réfléchir vraiment à comment garder le Marchand de Sable, parce que tourner les aiguilles dans tous les sens, ça ne peut pas être une solution viable sur le long terme. D'autant que ça ne le rend pas très disponible. Et puis ça fatigue.
pochette-tourner-ma-page.jpg

Non, Jen, ça c'est "tourner le dos", pas "tourner la page".
(refrain)


On n'a pas trop de nuit même en fermant les yeux pour semer nos solitudes à deux La nuit, Jen et son Marchand sèment leurs solitudes à deux. Ca veut dire qu'ils balancent dans les champs de la poudre de solitude, une plante toxique qui fait finir seul bouffé par ses chats, dont on a trouvé un antidote récemment : le Meetic. Ils en balancent plein les rues, de la solitude, mais seulement la nuit. Et fermer les yeux sur le thème "non, y'a pas de lumière, dont c'est la nuit", elle sait que c'est de la triche. On pourrait lui parler de la nuit polaire, non ? "Mais si, Jen, c'est beauuuuu l'Arctiiiiiiique !!"
On n'a pas trop de vies pour voyager, la terre, elle n'a jamais menti, même l'hiver Parce qu'on pourrait croire, comme ça, que la Terre se fout un peu de nous, l'hiver, mais en fait non. Genre "hé, mais elles sont où les feuilles des arbres ?" "Elles sont mortes !" "Oh non, trop triste !" et pouf, c'est le printemps, et y'a des feuilles qui ressemblent comme deux gouttes d'eau aux anciennes. Alors, la Terre a menti ? Non, et pourtant, on aurait pu le croire. La terre, elle ment pas, même l'hiver. Et ça, ça ... ça fait plaisir de le savoir.
Mais quand l'amour est là, il n'est jamais acquis et quand il est parti il nous laisse des pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi ... Ben, un peu comme tout à l'heure. Parce que les nouveaux éléments apportés par l'étude du second couplet ne sont pas particulièrement éclairants : les semailles nocturnes, la Terre qui dit toujours la vérité ... le rapport à la sodomie n'est pas très net(t), c'est sans doute un couplet pour faire tampon ... entre deux refrains.

268718826small.jpgCA, c'est tourner la page. C'est même laisser le vent tourner ta page, Jen. Pfff.
(refrains)

Publié dans Grands mots

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