L'envers du décor.

Publié le par Charlie SaintLaz

Tu t'en servirais contre moi.
La sainte colère qui m'anime ces temps-ci - et qui me fait être abject avec tout ce qui me passe sous la main - est celle du self control qui ne demande qu'une chose : tout envoyer valser. Non pas que je me sois pris d'une soudaine passion pour les danses viennoises, non (ce serait davantage pour les viennoiseries, au grand dam de mon tour de taille), mais je crois qu'à force de prendre sur moi pour rester aimable, gentil et souriant, il y a malgré tout un moment où wouhouhouuuu j'aimerais beaucoup être ermite.
Je ne reviendrai pas sur les causes, qui s'égrènent sur toute la chaîne qui va de la façon dont on me parle au bureau à la tonne de repassage à faire à la maison : tout m'agace, et comme je reviens de vacances (et que j'ai vidé mon compte en banque), je vais devoir de nouveau tout encaisser sans rien dire, et je ne suis plus vraiment sûr d'en être capable. Le risque, c'est que ça fasse boule de neige, et que tout le monde trinque. Mais après tout, ils l'auront bien cherché.
J'ai, de fait, et par ailleurs, développé un appétit vorace pour toute scène de lâchage de bride et d'envoi dans le décor par le verbe. D'une, parce que les mots sont quand même plus jouissifs que les actes - même si je sais jouir d'une bonne gifle quand elle est spectaculaire. De deux, parce que le jour où ça va sortir, j'aurai tout un panel de situations déjà vues auxquelles me raccrocher, un peu histoire d'avoir le sentiment que tout ça n'est pas complètement réel, donc que je peux tenter d'aller au bout des choses. Dans mes scènes de chevet, entre la tragédie grecque et Desperate, tu trouveras La crise et La belle verte, qui m'ont donné envie de diviniser Coline Serreau.
Le truc qui est chic, c'est que les hommes commencent à être aussi affutés et percutants (verbalement) que les femmes, qui ont perdu là leur monopole de la phrase qui tue, psychologie aidant, ne leur en déplaise.
Un conseil, donc : ne me cherche pas, je me donne un mal fou pour écoper autant que possible les gouttes d'eau qu'on jette par seaux entiers pour faire déborder le vase de mon calme olympien et de ma compréhensivité de chaque instant... alors que j'aimerais bien, aussi, qu'on arrête de me courir sur le haricot à devoir être là pour tout le monde, alors que je ne demande de l'aide de personne, moi. Dé-brouille-toi.

Publié dans La vie

Commenter cet article