La passion de monsieur Lazhar.

Publié le par Charlie SaintLaz

Valse avec Bachir.

MonsieurLazhar.jpgAu premier temps de la valse, il faut imaginer une école sous le choc : Martine, une instit' adorée par ses petits élèves, s'est suicidée. Les gamins sont dans le deuil, surtout Alice, qui l'aimait comme sa mère, et Simon, qui rejetait sa tendresse. Rumeurs et tristesse font un triste ménage.

Au deuxième temps de la valse, vois Bachir Lazhar, qui a laissé son passé en Algérie, se présenter spontanément dans l'école et remplacer l'instit' au pied levé. Baigné de traditions séculaires, il propose un autre rythme à la classe, mais s'accomode aussi de leur culture différente. Et ça ne colle pas tout de suite...

Au troisième temps de la valse, vois l'étau de la vérité tomber autant sur Lazhar, sur son passé qui le rattrape et le guette, que sur les enfants, sur qui pleuvent les accusations et les révélations.

Au quatrième ... Non, je ne peux pas tout te raconter. c'est juste une belle histoire sur un immigrant venu d'Algérie pour une vie plus sûre qui s'attèle à rendre à des enfants traumatisés un peu d'équilibre et d'envie d'avancer...

Allez : bande-annonce !

Cette valse, c'est celle proposée par Philippe Falardeau, un Québecois intelligent qui signe un film propre, donc percutant, autant émotionnellement qu'intellectuellement. Le thème est pourtant délicat : le deuil, aussi bien pour les enfants que pour les adultes. La question de la mort est abordée de façon centrale, loin devant celle du racisme, du choc culturel ou du rapport prof-élève, même si elle les soulève en parallèle. Sans concessions, avec beaucoup de tendresse et d'empathie, Falardeau entraîne le spectateur dans une histoire pleine de tristesse, mais surtout pleine d'entraide - ou presque.

Pour que le scénario touche juste, il fallait des acteurs justes : Falardeau a recruté Fellag, habitué du biculturalisme, qui fait de Bachir Lazhar un vrai petit homme sincère et humble, inquiet et sensible, pétri de valeurs et d'habitudes. Côté enfants, il faut saluer l'incroyable Emilien Néron, qui livre une interprétation superbe, crédible, à faire frissonner, et la magnifique Sophie Nélisse. Côté adultes, on (sou)rit grâce à Brigitte Poupart, en instit' un peu maladroite, et on reste suspendu au regard de Danièle Proulx, en directrice à la parole sévère mais bienveillant.

Le tout est à ne pas rater.

 

Après l'excellent Starbuck en juin et le médiocre (mais beau !) Laurence Anyways en août,; le cinéma québecois revient sur nos écrans en septembre... un film à l'école, mais pas vraiment pour les enfants.

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