Mes 6 clips de ... Madonna

Publié le par Charlie SaintLaz

SOIXANTE SEPT

C'est le nombre de clips originaux accrochés au tableau de Madonna. Soixante-sept, de Everybody (1982) à Turn up the radio (2012). Soixante sept supports publicitaires, mais aussi soixantes sept marqueurs générationnels, créateurs et témoins d'une époque, d'une mode, d'un peuple, d'une femme, d'une icône. Madonna a confié la réalisation de ces 67 machins à des hommes - aucune femme ! - en qui elle retrouvait une partie de ses goûts et influences plastiques, des noms connus dans l'industrie du clip, de Mark Romanek à Chris Cunningham, en passant par des photographes (Herb Ritts), des cinéastes (Luc Besson) ou des publicitaires (Mondino). Soixante-sept messages, histoires ou démonstrations artistiques, pour célébrer l'Amérique (American Pie) ou la critiquer (American Life), parler d'amour, de sexualité, d'intolérance, de féminisme, de liberté, de la célébrité, de la politique ou simplement de la musique.

Soixante sept vidéos que j'ai regardées intégralement, une par une, dans l'ordre, des clips un peu ridicules des années 1980 où elle gigote, morte de rire, devant la caméra, aux clips sensuels et colorés des années 90 où, en lumière surexposée, elle plonge son regard dans le tien, jusqu'aux clips des années 2000 où, entre deux remixes foireux, elle impose une choré hallucinante dans des mises en scène hyper travaillées. Avec Madonna, c'est toute l'histoire du vidéoclip que l'on traverse, mais aussi une bonne partie de l'Histoire des Etats-Unis (et du monde !) depuis les eighties qui s'inscrit dans 4'30... en soixante-sept fois.

J'ai demandé aux twittos quel était, selon eux, le meilleur clip de Madonna. Sans soumettre de titre. Il fallait faire bosser leur mémoire. Voilà ce qu'ils m'ont répondu :

Vogue 43%

Frozen 29%

Ray of Light 7%

Like a prayer 7%

American Life 7%

Express yourself 7%

 

Ces chiffres (me) révèlent plusieurs choses. D'une part que les clips les plus connus sont Vogue (1990) chez les plus de 25 ans et Frozen (1998) chez les moins de 25 ans. Ils révèlent aussi que d'autres ont été marqués par des partis pris esthétiques (une journée américaine en accéléré pour Ray of Light, signé Jonas Akerlund, un remake de Metropolis dans Express yourself, signé David Fincher) ou thématique (la provoc sexe/religion dans Like a prayer, signé Mary Lambert, oula provoc politique dans American Life, signé Akerlund, encore). Je te propose, à moi qui les ai tous vus, ma petite sélection, qui fut bien difficile à élaborer, tant l'oeuvre est pléthorique et de plus en plus travaillée.

 

 Le plus esthétique : Vogue - David Fincher (1990).

LE clip qui aura marqué toute une génération. Celui qui montre qu'on peut être raffinée, classieuse et cultivée alors qu'on se traîne une image opposée depuis ses débuts. La chorégraphie est devenue culte, la chanson est un hymne, d'autant plus que Vogue s'offre le luxe de défendre la cause gay.

Le plus controversé : Human Nature - Jean-Baptiste Mondino (1995). 

Avec Rain, Human Nature est le meilleur exemple de ce qu'étaient les années 90 dans le vidéoclip : le moment de la couleur surexposée, des contrastes les plus forts, des images léchées. Human Nature s'offre le privilège d'avoir été censuré et retiré des chaînes de clips pour obscénité : la chorégraphie superbe n'aura pas suffi à faire oublier le bondage et le sado-masochisme.

Le plus personnel : Drowned World - Walter Stern (1998).  

Après tous ces clips vindicatifs, revendicatifs, démonstratifs ou libérat...eurs, Madonna avait besoin de revenir à quelquechose de plus intime, de plus posé, très en vogue avec l'ultra-réalisme de la fin des 90's et le new age ambiant. Devenue maman (Lourdes est née en 96), le prétexte est trop beau pour symboliser le retour à un peu de simplicité dans toutes ces paillettes. Touchant ?
Le mieux dansé : Don't tell me - Jean-Baptiste Mondino (2000).

Le plus exutoire : What it feels like for a girl - Guy Ritchie (2001).  

Un clip inspiré de Deathproof (Q. Tarantino) ? C'est surtout le seul et unique clip de Madonna où on ne la voit pas chanter les paroles en playback. Le seul.

Le plus politique : American Life - Jonas Åkerlund (2003).

Publié dans Vidéo

Commenter cet article