Jeudi 11 mars 2010
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On dira ce qu'on voudra sur l'opposition
Paris/Province (qui se subdivise ensuite en Paris/Banlieue et Province/Campagne), mais à partir du moment où tu t'y retrouves pour plus
de 36h et que tu veux faire chauffer ta carte UGC avec un bon vieux film en VO, tu commences à paniquer.
D'abord parce que des
UGC, y'en a pas partout. Fort heureusement, dans ma Normandie à moi, y'en a un. Pas loin. Enfin ... pas à portée de bus en moins de 30 minutes non plus.
C'est dans ces moments-là qu'on regrette amèrement le métro puant et surchauffé de la capitale. Mais bon, l'air frais et les rues vides, ça a du bon aussi... de temps en temps.
Me voilà donc contraint de me rabattre sur un Pathé de centre ville. Oh, joli complexe, une dizaine de salles, une montée de marches, des pop corn, tout ça ... Et surtout, surtout, de la place
pour se vautrer dans les fauteuils et étendre un minimum ses jambes : le pied. Mais ... Y'a un hic. Y'a pas de séance en VO.
Grmbl.
C'est terrible, parce que du coup, je ne sais pas si je n'ai pas aimé le film à cause de la VF ... ou parce que le film était vraiment moyen. Voilà le pourquoi du comment :

Mike McAra est retrouvé mort sur la plage d'une
petite île au large du Maine. Mike était le
nègre (et ami) qui rédigeait les mémoires de l'ancien Prime Minister Adam Lang. Un remplaçant est trouvé.
Adam : Hello. Who are you ?
Lui : I'm your ghost.
Lui (Ewan McGregor) se plonge aussitôt dans le manuscrit de son prédécesseur. Un mauvais livre. Ses rapports avec Adam (Pierce Brosnan) sont cordiaux, le bouquin semble progresser. Il voit les
rapports d'Adam avec sa femme Ruth (Olivia Williams), la brune, et avec son assistante, Amelia (Kim Cattrall), la blonde. Elles s'en méfient. Elles le surveillent. Elles le cernent, chacune à sa
façon. Ruth par le charme austère, Amelia par l'autorité féminine. Et Lui, il n'a pas le choix, mais pas de repères non plus. Une maison de verre et de bois, au milieu des dunes, froide,
rigoureuse. Un abri, une angoisse, une prison.

En retournant un tiroir, il tombe sur un paquet caché par
Mike. Un paquet de photos. Avec un numéro de téléphone. Celui de Robert Rykart, un ancien ministre d'Adam qui n'a jamais bien digéré d'être viré du gouvernement ... Et sur les photos, il y a des
politiques, des professeurs, des intervenants ... tous touchent de prêt ou de loin la
politique internationale. Les mémoires s'enrichissent d'un coup : il devient question de
CIA, de terrorisme ... Même si Adam Lang joue les romantiques, il ment.
A l'heure où Lang est accusé de torture sur des terroristes et traîné devant le TPI de La Haye pour complicité de crime contre l'Humanité, les mémoires de l'ex-politicien prennent un poids qui
dépassent ce qu'a pu écrire le prédécesseur de notre Ghost. La CIA, Ruth, une cabbale politicienne, Amelia, la mémoire, les gens de l'île, ... Petit à petit, on se rend compte que Mike avait mis
le doigt sur un secret d'Etat qu'il avait transcodé dans les Mémoires. Et c'est à notre Ghost de le suivre, pas à pas.
Jusqu'où ?

Certes, l'adaptation du roman est intéressante. L'intrigue
prend beaucoup de temps à se mettre en place. S'il faut bien donner une réelle épaisseur aux personnages et aux relations qui les unissent, il y a certainement moyen d'être moins descriptif, au
début. On dira qu'il y a une heure où l'on s'ennuie. Et espérer que c'est le début que
Polanski n'a pas eu le temps de finir de monter. Au bout de cette heure, Lui suit les pas
de Mike. Il sent le danger, mais sa curiosité le travaille. Et nous aussi, on commence à le sentir, le danger. Révélations, ambiguïtés, assassinat, agents doubles, ... on tient du polar
solide.
Malheureusement, je l'ai vu en VF. Résultat : j'ai le sentiment d'avoir regardé, pendant une heure et des brouettes, un
Julie Lescaut où il n'y aurait pas d'action, juste des
présomptions et des plans cadrés très près. Et après ... j'ai cru voir un polar, simple mais efficace. Je ne vais pas crier à la supercherie : du Polanski, j'en ai vu. Mais là ... je trouve ça
presque simpliste.

Pourtant, le jeu des acteurs est à la hauteur.
Ewan McGregor ne fait pas un pas de travers. Il arrive même à nous faire rire. Olivia Williams trompe merveilleusement son monde. Pierce Brosnan est à baffer (ce qui est plutôt bon signe, ça en
fait un bon politicien) et Kim Cattrall nous fait sortir Samantha de la tête. Si si.
Bref. Mon avis sur The Ghost Writer est : peut mieux faire. Mais je vais lui laisser la présomption d'innocence, à Roman, en imaginant qu'il n'a pas eu le temps de participer au montage du tout
...
A voir ... (en VO, s'entend) ... et à discuter.
ATTENTION SPOILER
Pour tous ceux qui viennent ici en tapant "la fin de The Ghost Writer" pour la comprendre, voici des indices : le Ghost s'enfuit en courant avec le manuscrit, et si, tout d'un coup, les feuilles
s'envolent, c'est donc qu'il l'a lâché, le manuscrit ... Sans doute parce que quelque chose de terrible lui est arrivé (tu la vois, la voiture qui accélère ?).