Passage de relais

Publié le par Charlie

Ces derniers jours, on en a entendu des vertes et des pas mûres sur le sort de Lacroix.

Attends, Christian n'est pas qu'un modeux dans le tas, à aligner avec Balmain et Rabanne ! Non, Lacroix, c'est une finesse immédiatement reconnaissable (et un sigle, c'est vrai), qui le place au dessus de Lagerfeld, mais en dessous de Givenchy. Y'a que 10 Maisons de Haute Couture en France, dont 5 internationales (Dior, Givenchy, Chanel, Lacroix, Gaultier). T'imagines le poids du truc ? Bref, Christian Lacroix ne doit pas disparaître.

Au départ, Lacroix, c'est le coup de coeur de Bernard Arnault (master chief d'LVMH) pour le modéliste de chez Patou : il crée la maison Christian Lacroix, directement intégrée dans le groupe de luxe, en 1987. Jusqu'en 2005, la maison rayonne partout (Paris, Milan, Shanghai, TGV, Larousse, Air France, théâtre ...) sauf sur les bilans comptables. Au bout d'un moment, LVMH lâche Lacroix pour une poignée de dollars à FALIC, le géant de la boutique duty-free aux US, qui n'y connaît (presque) rien au luxe. 4 ans plus tard, donc, la situation financière de Lacroix n'est toujours pas très brillante : une collection haute-couture qui coûte cher et une collection prêt-à-porter qui se vend mal, avec à la clé un déficit de 10 millions d'euros pour 2008, de 30 millions cumulés. Ca fait mal.

Le Tribunal de Commerce de Paris a été saisi par des créanciers impayés. Deux possibilités : la liquidation ou le redressement. Christian préférait la liquidation, parce qu'il pouvait récupérer son nom et recommencer ailleurs. FALIC proposait le redressement pour sauver (et garder) la marque, quitte à trancher dans le vif. Le TCP a choisi l'option Falic, avec comme résultat l'arrête pur et simple de la haute couture, de la joaillerie et du prêt-à-porter féminin, avec 90% de salariés licenciés. En somme, Christian n'aura plus rien à faire chez Lacroix.

Jusqu'à la crise de Dubai, il y avait un cheick susceptible de relancer la machine. Les effets en cascade de la cessation de paiement de l'émirat phare et l'empressement du TCP à tirer cette affaire au clair ont un peu sabré la maison, qui se trouve réduite à douze salariés et à des licences pour des produits dérivés.

Au final, ne vont rester que les parfums, le prêt-à-porter masculin et les robes de mariées.
Quand j'y pense : pourquoi je me plains ? Il reste tout ce que me servira ! :D

Publié dans La vie

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