Rock forever

Publié le par Charlie SaintLaz

I wanna ROCK.

RockForever.jpgBon Jovi, Def Leppard, Guns'N'Roses, Poison, Scorpions, Van Halen : légendes du rock qui ont bercé la jeunesse de nos parents nos années mélomanes en recherche d'identité. On a tous une chanson rock qui nous ressemble, même si les grands dieux de la discipline sont loin (Stones, Queen, Hendrix), ce qui prouve bien le caractère intemporel et universel de ces compositions.

Les Américains sont très forts pour faire le show. Leur recette : le fond compte peu, la forme prime. Ainsi, sur un scénario bas de plafond, ils créent de vraies pépites de mise-en-scène. Rock forever (en VO Rock of ages), film d'Adam Shankman adapté du musical du même nom (datant de 2005), en est un chouette exemple. L'idée : raconter une histoire d'amour et de gloire sur fond de musique rock. Créations, reprises et mash-up : le cocktail musical parfait servi avec chorés huilées, secouages de tête, cuir, cheveux façon 80's et provoc. Un peu High-school-musical-qui-a-mal-tourné, en fait.

Cliché 1 : L'histoire d'amour qu'elle est trop mignonne

Ils sont jeunes. Elle ressemble à une poupée Barbie (neuve), il est craquant (et gaulé)(et imberbe)(et bouclé des cheveux). Elle est naïve (i.e. "elle vient de la campagne" : en l'occurence, de l'Oklahoma, la Picardie américaine), il est courageux (il court après les voleurs) mais un peu raté (il ne les rattrape pas). Tous les deux, ils sont purs (comme leur voix, si bêêêêêlle), ils cherchent le bonheur (= l'argent), la gloire (dans la musique) et l'amour (un mec craquant/une Barbie)(Oh wait ! ...). Ils se trouvent, se parlent trois fois, disent qu'ils s'aimeront toujours, sur un quiproquo, ils se fâchent, vivent des vies mornes l'un sans l'autre, puis se retrouvent au climax du film, et ilvécurteureuhéürbocoudanfan.

Cliché 2 : La lutte du bien et du mal

Deux modes de vie antinomiques, l'un représente le bien (l'esprit rock, libérateur, fun, trop cool, alcool, gloire et beauté), l'autre le mal (le puritanisme américain à la Desperate, sans foi ni loi, castrateur et vraiment méchant), deux leaders opposés (Dennis, le patron du Bourbon Room, le club rock emblématique vs Patricia, la femme du maire de LA, qui veut vider la ville de la pourriture rock), des soutiens un peu décalés (Loony, adjoint punk de Dennis, vs Mike, le maire coureur de LA) et des coups médiatiques pour revendiquer la vérité essentielle de l'un et de l'autre.

Autres luttes-parallèles-que-ça-en-fait-des-dilemmes : l'art vs l'argent (le talent d'une star (Stacee Jaxx, puis Von Colt) écrasé sous l'avidité financière de son agent (Paul)) et l'amour vs la gloire (cf supra).

Cliché 3 : Carpe diem, la vie ça fait mal

Quelle que soit ta vie, tu va morfler. La mégastar souffre de la solitude de la célébrité et de la perte de repères, les wannabes n'arrivent pas tout de suite à leurs fins (le strip tease et un boys band, comme c'est tragique), la pègre est blasée, les bobos de l'amour aigrissent, le pouvoir corrompt, tout-ça-tout-ça.

Cliché 4 : Oh punaise, j'ai une révélation

Je trouve enfin l'amour, je me suis aveuglée avec ma colère, oh-mon-dieu-je-t'ai-toujours-aimé, chouette je suis sauvé, le rock durera toujours (hence le titre).

Cliché 5 : Quand on chante, on exprime tout

D'où la piètre qualité des dialogues.

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Côté rock, on savourera quand même la reprise d'I wanna rock, des Twisted Sister, et le mash up I love rock'n'roll / Juke box hero. On saluera aussi les prestations de Catherine Zeta-Jones - qui avait déjà prouvé son talent dans Chicago - et de Tom Cruise - une fois n'est pas coutume - en rockstar démolie par le système. Tous les acteurs chantent pour de vrai, ça envoie du bois, on chante, on rit (parfois de gêne, tant le film est mièèèèvre), on sourit, bref : un bon moment, mais on est loin de l'oscar (par contre, ça pue le MTV Teen Choice Award).

The stage is a pedestal. When you're on it, you're untouchable.

Publié dans Ciné

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