Toi + moi + lui + elle...

Publié le par Charlie SaintLaz

Tous ensemble, séparément.
Je hais la foule. Je hais les effets de masse. Je hais la manière unique. La pensée unique. En fait, c'est pas tant que je déteste ce qui fait qu'on se ressemble, non, je déteste juste qu'on nous y résume. Et je déteste qu'on s'y vautre. Je ne peux pas imaginer qu'il y ait un nombre restreint de manières de s'accomplir, d'exprimer notre humanité - corporelle comme intellectuelle. Je ne supporte donc pas qu'on parle de normalité, qu'on applique une grille de comportements, que l'on discrimine. Je milite pour un équilibre individu/groupe que j'ai encore du mal à définir.
YuvalPick.jpgTu connais Yuval Pick ? Il a 32 ans, il a commencé à danser à Tel Aviv, est passé entre les mains de Carolyn Carlson ou de Russell Maliphant, a dansé au Lyon Opéra Ballet, a créé The Guests, et l'an dernier, il a repris le CCN de Rillieux. Autant dire qu'il compte. Beaucoup. Sa création 2011, No play hero, était jouée aux June Events, et si, formellement, je n'ai pas été conquis, le discours métaphorique qu'elle portait me parle singulièrement. Depuis que je l'ai vue, j'ai régulièrement eu envie d'évoquer ce qui, dans son discours gestuel et scénographique, m'a semblé une description politique - au sens premier, celui de "la vie en communauté". En vérité, il me semble que No play hero tendrait justement à remplacer les mots dans ce que j'essaie d'expliquer à propos de ce fameux équilibre individu/groupe.

 Pas évident de saisir le discours avec si peu d'images. D'une, il n'y a pas de comportement anormal - il suffit d'approcher la réalité de l'autre pour la trouver familière. De deux, il n'y a pas de groupe qui vaille mieux qu'un autre. Aucun. Enfin : le geste va finir par devenir, chez moi, supérieur en sens à la parole.

Publié dans Danse

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