Une folle nuit !

Publié le par Charlie

Et avant même que tu t'imagines que je vais te raconter mes folles péripéties nocturnes, mes conquêtes impétueuses et mes fiévreux ébats acrobatiques, je préfère te prévenir qu'on va rester un peu concentrés. C'est pas parce que c'est le printemps qu'il faut donner la priorité aux hormones sur le cerveau. Je sais, c'est dur.

 

Donc il est question de nuit, certes. Mais moi je dormais, cette nuit là. Peu, mais je dormais. Si bien que je commente un peu après-coup. C'est donc de la Nuit des Molières dont je vais te parler. Je sais que c'est pas au rythme où je fréquente les théâtres que je vais pouvoir te donner les commentaires les plus percutants, mais n'empêche.

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L'intégrale des nominations est ici, et le palmarès, .

 

Alors bon, pour être allé voir Les belles soeurs et Les hommes préfèrent mentir, j'ai une petite idée du style d'Eric Assous. Drôle, pimpant, piquant, et un bon sens de la répartie. Pas un grand auteur capable de développer des trésors stylistiques, ni de déployer une amplitude textuelle digne de ce nom (je pense, par exemple, à ce que fait le merveilleux Wajdi Mouawad). Sans pouvoir juger de ceux qu'il avait en face, je peux quand même me faire une idée de ce qu'attendaient les jurés de l'Académie des Molières en lui décernant le prix de l'auteur francophone vivant, pour L'illusion conjugale.

 

Et comme une bonne intrigue et de beaux dialogues ne font pas tout, pour une pièce, on pouvait en conclure qu'elle n'était pas si extraordinaire que ça, L'illusion conjugale, puisque si Jean-Luc Moreau (Les belles soeurs, Les hommes préfèrent mentir, Chat et souris, ... cet homme est extrêmement prolifique !) est nommé pour le prix de la mise en scène, c'est Alain Françon qui l'a eu pour La Cerisaie. Donc bon, on peut pas réussir tout le temps, hein.

 

Côté prix d'interprétation, je veux d'abord insister sur celle qui s'est faite coiffer par la machine Adjani-dans-La-journée-de-la-jupe pour les Césars, alors forcément, j'étais bien content que Dominique Blanc, petite pépite sensible de la comédie hexagonale, se venge aux Molières. Et tant pis pour ses concurrentes. D'autant que j'les connais pas. Ensuite, nous félicitons les molières comme nous l'avions fait aux Césars : récompenser du titre de "révélation de l'année" un comédien qui a déjà fait preuve de son excellence (puisqu'il est sociétaire de la Comédie Française). Guillaume Gallienne, recompensé pour Les garçons et Guillaume, à table !, c'est Mélanie Thierry en mec (talent excepté) : un type à côté duquel les gens sont passés par bêtise.

 

 

Enfin, ce n'est pas sans satisfaction que je vois l'indigeste Miam Miam d'Edouard Baer écrasé par Les 39 marches de John Buchan & Alfred Hitchcock pour le Molière de la meilleure pièce comique. Voilà. J'en avais déjà étalé une couche ici il y a peu, je ne rajouterai rien.

Publié dans Théâtre

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