United States of Charlotte

Publié le par Charlie

Et ben tu vois, hier soir, je suis allé voir Charlotte des Georges au Palais des Glaces. pour son one-woman-show Paris J'adooooore ! Y'avait pas Vincent, mais y'avait François, Paul et les autres*. Une petite salle, on devait être une cinquantaine, pas plus. Sur la scène vide, une chaise, des escaliers avec rembardes en métal ouvragé, style Roaring Twenties.

Quand soudain, elle apparaît.

Jolie, pimpante. Le genre de fille qui doit faire des sketches 24/7. Une gouaille sympa, une personnalité fraîche, vivante, enjouée, sympa (bis). Ca fait du bien quand il pleut.

 

J-adoooore.jpgElle nous embarque pour une croisière en fly-boat sur la Seine. Avec des arrêts. Et des grèves. Ben oui, on est à Paris. Tour à tour, elle dresse une galerie de portraits, excuses tournées pour quitter la navette fluviale vers différents points de Paname. D'abord une bourgeoise du 7è qui fait son footing avec Pierre-François, son copain pédé, et Yahoo, son clebs en rut, dans le Luxembourg.

Elle a du franc parler, la bourgeoise. "Ca fait combien de temps que t'as pas chanté dans le micro ?" demande-t-elle à PF en manque. "Y'a la queue chez Nespresso rue du Bac comme en Roumanie pour avoir des tickets de viande !". Parlant de sa psy, "je m'interroge sur le bien fondé d'aller raconter ma vie à une femme qui a acheté un tapis de chiottes aussi moche ...". Et à propos d'une de ses connaissances : "Qu'est-ce qu'elle est normale !". Dans le contexte, avec le talent d'incarnation de la miss des Georges, c'est encore plus drôle. On revient à notre croisière. On parle de l'ambiance parisienne, de ses bars chics et de ses troquets. Et justement, tu connais Chez Simone ?

Simone, c'est la tenancière du bar qui résiste au rachat de Paname par les étrangers. Elle cause avec ses habitués, avec sa cuisinière antillaise bien lente. Elle te bourre la gueule en un rien de temps. un peu raciste, un peu homophobe, mais super attachante, tolérante, humaine. Une nana qui te sabre la réputation en public : grinçant, hilarant. Et la croisière reprend. Mais la guide est interrompue par un coup de fil de sa mère ...

Sa mère, c'est une aristo. Une vraie. Elle connaît du beau monde, mais elle est pas prête à se le taper tout le temps. Et quand elle se met à l'internet, c'est pas triste. A propos d'une connaissance sur Facebook : "Lui, il est sûrement aussi con en vrai qu'en virtuel ! J'vais pas l'accepter comme ami, non plus !" Et sur Google (prononcer "gogle") ? "C'est un moteur de recherches ? Et que cherche-t-il ? Tout ? Ca tombe bien, j'ai perdu mes gants ! Comment je m'organise ? Je mets l'ordinateur devant le dernier endroit où je les ai vus ?" Hi-la-rante. Et la croisière reprend. Après un passage sur le thème "l'art de draguer au Monop" parce que Paris, ça grouille de célibataires, ... Tu as entendu parler des Champs-Elysées ? Non, pas Porsche, Lanvin, Vuitton, non. La brioche dorée, Virgin, Sephora. Les vrais Champs. Et ses nightclubs.

Charlotte.jpgIntroducing la physio lesbienne du Gueen. Une armoire à glace, en couple avec une Valérie Bellaïche jalouse comme un pou, qui trie les happy few qui entrent à base de 3 questions : "T'es qui ? T'es combien ? Tu connais qui ?". Efficace. Elle prend Galliano pour un SDF, refoule les minettes à coup de matraquage de leurs fringues, et définit son boulot : "Le concept d'une soirée privée, c'est tout le monde rentre sauf toi !". Yeah baby, elle, tu la cherches pas. Et Val ? "Elle me touche plus, mais elle me lâche pas !". La des Georges joue sur les mots, et ça touche juste. Et retour sur la Seine. Paris, c'est aussi son périph, ses embouteillages sur les Maréchaux, et ... la ba... la banl... la banlieue. Si. Pouerk.

Tiens, prenons cette épouse, assise à la place du mort dans la bagnole conduite par son mari, dont la mère a clamsé, et à la mise en bière de laquelle ils se dirigent, la banquette arrière pleine des couronnes mortuaires alors que madame est en plein rhume des foins. Drôle. Et elle est cynique, la Parigote. "Je préfère être enterrée à Paris entre Sim et Carlos qu'à La Motte Beuvron entre toi et ta mère ! J'te dis pas l'ambiance ! Mortel ..." Toute la famille y passe : "Je suis sûre que pendant qu'on est gazés par les lys, ton cousin se pignole devant les pornos de l'Intermarché de la Motte Beuvron !" Et tiens, si, pour gagner du temps, on prenait la voie du bus pour squizzer la manif ? Et meeeerde. Des flics ...

 

Le spectacle s'achève par quelque bons mots sur nos petits travers. Paris, les Parisiens, sont une source intarissable de franche déconnade. Et Charlotte des Georges a le talent de le rendre comique pour tous. T'as pas besoin d'être Parisien pour te moquer : ce sont beaucoup de références véhiculées par le ciné, et qui s'installeront aussi bien dans n'importe quelle grande ville. On rit. Beaucoup beaucoup. Beaucoup plus qu'espéré, même. Tiens, des exemples vidéos ici.

 

Paris J'adoooore !

Charlotte des Georges au Palais des Glaces

Infos/Résa : 01 48 03 11 36

 

* As-tu repéré la référence ciné, là ? Non ? Loser.

Publié dans Théâtre

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