Wachowski effect

Publié le par Charlie

Tu sais ce que c'est, toi, la gueule de bois ? Oui ? Je m'en doutais.
matrice.jpgBen pas moi. Par je ne sais quel insolent stratagème, mon corps a un mode de fonctionnement complètement indépendant de ma volonté. Bon, on appelle ça le cerveau reptilien, et c'est fort pratique pour faire battre le coeur et fonctionner les poumons et tout le reste sans qu'on ait à y penser. Me connaissant, c'est le genre de truc que j'oublierais de faire tout le temps. Sur le mode "Tiens, je me sens mal ... ah ben oui, ça fait vingt minutes que je ne respire plus ! J'avais zappé !". On imagine. Mais je ne pensais pas que le cerveau reptilien pouvait avoir ce genre de conséquences. Ou alors, il est très gros, chez moi, le reptile...

Ainsi donc, lorsque le taux d'alcool monte doucement mais sûrement dans mon organisme, je ne sais quel truc en analyse la quantité, et quand elle dépasse un certain seuil, pouf ! ça commande au cerveau de déclencher des baillements et de se mettre en pré-sommeil. Résultat : au bout de trois verres, j'ai une incommensurable envie de faire un somme. C'est que j'appelle, en boîte ou en soirée, "le coup de barre d'1h du mat" (parce que je suis excessivement régulier dans le rythme d'absorption d'alcool) : en fait, j'ai juste le cerveau qui sombre dans l'alcool. Bon, pas de panique : je ne m'endors pas pour autant. Comme j'ai envie de rester éveillé, je fais redescendre le taux d'alcool en ne buvant plus. Logique. Résultat, impossible pour moi de faire un hangover : je me réveille systématiquement clair.

Jusqu'à ce que ...
Hier soir, tadaaaaam : je rentre chez moi plus tôt que prévu, simplement parce que je suis soit un peu bourré, soit grave pompette (je dis ça parce qu'il n'y a eu aucun signe de "j'suis graaaave bourré" tel que vomissements, insultes, comportement obscène, etc. Ca prouve bien que ...). Et donc, j'avais terriblement envie de dormir. Et donc, bien que luttant, je m'attendais quand même un minimum à un hangover ce matin. Même un tout petit. Et ben non. Rien.

Sauf que ...
Je me suis réveillé en pleine nuit en pensant à deux choses : 74 millions, Giacometti.
Sauf que je n'ai reçu l'info de la vente de L'homme qui marche I de Giacometti pour 74 millions d'euros que le matin, lorsque mon radio-réveil s'est allumé, à 8h.

D'où : l'excès d'alcool me donne la possibilité de connaître les infos avant de les entendre. Je rentre dans la matrice. et prends connaissance des événements C'est le Wachowski effect. Et comme la matrice est bien faite, elle évite cette extralucidité en poussant mon cerveau à s'endormir quand je bois. CQFD.

La classe, quand même.

Publié dans La vie

Commenter cet article