Waterproof

Publié le par Charlie

Il y a toujours des gens, dont la franchise ne s'embarrasse pas de tact, qui te posent tout le temps des questions qu'ils pensent originales juste parce qu'ils sont, eux, intrigués. La curiosité c'est bien, dans la vie. Mais heureusement que le ridicule ne tue pas.

Expo-3834a.jpgJe te parle de ça parce qu'on m'a encore demandé, récemment, si je me maquillais. Oh, je ne dis pas ne pas avoir joué à ça étant gamin : le maquillage de maman m'a sans doute servi à redécorer une partie de la maison. Etonnamment, crayonner les tapisseries de l'escalier à l'eyeliner a le même effet que le blush sur le corps : mes fesses ont rougi (et bleui) d'une façon assez incroyable. Bon, c'est un effet papillon limité. Bref. En général, je réponds à cette question qu'en tant que danseur, il m'arrive fréquemment, pour les spectacles, de me passer un peu de poudre sur la figure, histoire d'être moins brillant que les paillettes des costumes de mes congénères. Et que c'est le seul moment où je me grime. A part les soirées déguisées, bien entendu. Et que donc, non, je ne me maquille pas.

Je comprends bien ce qui motive la question : j'ai de bien trop longs cils pour qu'ils paraissent vrais. Ca me fait un regard de fou, même au réveil quand j'ai les yeux tous collés. La bonne blague. Non mais suffit de regarder mon frère pour voir qu'il a le même problème. Les gènes, donc. Sauf que ... lui, on lui demande pas s'il se maquille. Bouhouhouuuu !

Non mais en fait, ce qui m'épate, c'est qu'on ose poser des questions, l'air de rien, comme ça. Sans savoir que ça en cache des milliers d'autres. C'est bien simple : les gens ont un énorme doute sur un truc qui te concerne, ils tourenent autour du pot pendant un moment, puis ils posent une question qui leur servira de porte d'entrée dans les révélations multiples de ton intimité. Certes, tu n'es pas un(e) crétin(e) fini(e) : tu as appris à répliquer, bien entendu. Mais quand même, penchons-nous sur ce petit phénomène de fouinage intempestif qui habite nos concitoyens et autres congénères de tous poils.

La curiosité, comme je le disais, c'est bien. Ca permet d'apprendre à se connaître, tout ça tout ça. Mais en fait, ça aide surtout à la tolérance : ben voui, qui comprend ne s'énerve pas. Ca sert un peu à ça, le dialogue (bon dieu, rev'la mon motto). C'est même la meilleure lutte contre les communautarismes et les extrémismes (dont politiques). On s'égare : dans la vie de tous les jours, ça permet aussi de se supporter mutuellement : en connaître un peu sur les gens, ça permet de pas les voir comme des étrangers, aka des intrus. Mais y'a une limite que les moins bien élevés ne maîtrisent pas vraiment : l'intimité, justement. Alors autant demander "Quel parfum tu portes ?" est une question qui passe entre inconnus, parce que c'est un élément partagé par les deux individus (le porteur et l'autre), autant "Tu t'épiles le bas du dos ?" est plutôt à réserver à la sphère privée. D'où ma question :

Devrait-on apprendre les bonnes manières à l'école, vue que, contrairement au bon sens des parents, elle est obligatoire jusqu'à 16 ans ?

Voilà. Une digression un peu inutile sur un détail rigolo du quotidien. Bon, c'est pas tout, mais j'ai du boulot, moi !

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