Wide french cinema

Publié le par Charlie

A peine rentré de Venise, j'ai été pris d'une boulimie de cinéma. fort heureusement, je pouvais compter sur mon camarade d'aventures cinéphiliques préféré, Magic Nico. Et on a joué large ...

Suite-Parlee.jpgJ'ai lancé un défi. Celui d'aller voir un film aux allures improbables, mais à la poésie certaine. Ca s'appelle Suite parlée, c'est français, c'est signé Joël Brisse et Marie Vermillard. Le pitch : sur un fond gris, en plan fixe, 23 personne viennent nous raconter une histoire vraie. Ces histoires n'ont aucun rapport entre elles. Elles font juste intervenir leur sensibilité et/ou leur mémoire. Ca dure 1h17, et comme tous les films qui présentent des histoires disjointes, c'est très inégal. Etrangement, on se laisse séduire par ces confidences, on écoute avec un sourire au coin des lèvres ces tranches de vie qui frôlent nos propres souvenirs, du désir à l'espièglerie, de l'ennui à l'éclat de rire. Ce film n'a sans doute rien d'un grand film, mais il reste un petit plaisir, une distraction agréable. Servi par un bouquet d'acteurs tantôt complètement anonymes, tantôt personnages secondaires dont on se rappelle (parfois avec une certaine émotion ...) les traits, Suite parlée est un joli film. Frédérique Farina nous fait rire avec sa Ligne blanche. Marilyne Canto nous retire les mots de la bouche avec La vérité. Simon Abkarian nous intrigue avec son Masque. Nathalie Boutefeu nous soulève avec son Chaticide. Serge Martin nous teinte de sépia avec son Chemin de l'école. Les 18 autres histoires valent aussi le coup d'oeil. S'ils ne sont pas tous toujours très justes, l'exercice est difficile. Regards caméra ou fuyants, respirations et silences, intonation ... On se croirait par moments dans un casting où l'on doit être juste à tout prix. Dans l'hiver, ces courtes histoires donnent un peu de relief au passé.

Petite-Zone.jpgAprès la borderlinitude du ciné hexagonal, on a eu envie d'un peu plus de régularité, mais drôle quand même. On a choisi la comédie d'Alfred Lot (un pseudonyme ?) Une petite zone de turbulences. Jean-Paul Muret (Michel Blanc) est comme tout le monde : il a des soucis. Sa fille Catherine (Mélanie Doutey) s'apprête à épouser un taré, son fils Matthieu (Cyril Descours) est homosexuel, et il prend son eczéma pour un mélanome. A la retraite, il tourne en rond. Le mariage approche, les délires de Jean-Paul se multiplient. Sombre-t-il dans la folie ? Non, il ne fait que gérer au mieux ses psychoses, ses vexations. Sa femme Anne (Miou-Miou) l'aide autant qu'elle peut, mais elle ne le comprend que moyennement. Bref : dans la vie de la famille Muret, tout va se détraquer. Tout, chez chacun. Mais ils sont adultes, ils avancent sans tout faire exploser. Ruptures, doutes, retrouvailles, adultère, colère, surprises ... la vie telle qu'on la traverse tous, sans trop sourciller, en slalomant entre les obstacles nous est servie ici. Ce n'est pas un grand film non plus, mais c'est une bonne comédie, un peu décomplexée, qui s'éloigne de l'intellectualisme du cinéma français. Résultat : on ne s'ennuie pas. Le rythme est bon, les situations sont étranges mais pas étrangères, les dialogues sont truffés de pépites ... Je n'irai pas jusqu'à tout saluer, mais tout de même : quand Blanc passe à l'écriture, on s'ennuie rarement. Il a le don de coucher sur papier les petites frustrations et les grandes réparties dont on aimerait être l'auteur quand elles nous tombent dessus. Faut juste pas espérer qu'on rira sur de la comédie de boulevard. Et certains critiques ne sont pas prêts de se sortir l'éxubérant De Funès de la mémoire ...

Allez hop, 2010 année du ciné français ?

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