Y'a qu'à écouter, aussi... tome 18

Publié le par Charlie SaintLaz

Voilà l'été.

Du vieux et du tout neuf, dans la sélection de ce post. J'ai pensé à tes oreilles, j'ai varié le plus possible. Tu retrouves tout plein d'extraits dans ton petit lecteur, là, sur le côté.

 

# Rufus Wainwright - Out of the game

OutOfTheGame.jpgLe revoilà ! On l'attendait, le Wainwright de qualité, celui qui nous avait bluffé avec Release the stars (2007) et plus vraiment depuis (sinon en live). L'Américain semble nous avoir livré, ici, un album concept : bienvenue au bal de promo ! Ambiance jeune, grave et insouciante, avec les grandes robes, le costume qui gratte et l'orchestre dans la pénombre. On commence en arrivant seul, en traînant des pieds, et on écoute les rythmes entre big band et fanfare. Out of the game un peu country, un peu old blues, très balade pop acidulée, Jericho pourrait être la réponse à Going to a town, mais en moins bon (cet excès de positivité dans l'air et les choeurs à ne plus savoir quoi en faire ...), Rashida est la chanson de bal par excellence et puis ... Welcome to the ball : on touche au coeur de la question. Bal ! Trompettes, caisse claire, on se croirait dans un album du Big Bazar, on s'attend à entendre la voix de Michel Fugain... Sauf que la composition musicale, ici, est un poil plus profonde, avec du contrepoint, des mélodies antinomiques superposées... C'est après cette chanson que tu te dis que ... Wainwright a envie de choisir le déroulement de ta soirée avec de la musique. Tu commences un peu à t'ennuyer, dans ce bal. Tu te sens seul, même. Assailli par des idées noires. C'est là que surgit Montauk, chanson lunaire, aigüe, à la mélodie un peu gothico-onirique, parlant d'homoparentalité... Te reprenant, tu choisis d'aller au buffet, et BIM, Bitter tears, avec son vrai petit rythme eighties, est la chanson pendant laquelle tu dragues en te dandinant à côté des mignardises. Le slow pour conclure avec ta target, c'est très clairement Respectable Dive. Après, c'est Perfect Man, légère, pimpante, avec sa mélodie vocale arpégique et sa rythmique très très dansante sans être envahissante... pour te réjouir d'avoir chopé. Avant de poursuivre avec Sometimes you need, sorte de promenade main dans la main, un peu mélancolique dans la nuit fraîche... et c'est sur la balade Song of you que tu copules avec tendresse, force et émotion. Et tu repars content de ta nuit.

 

#Bonobo - Black sands

blacksandsEn musique, il y a ceux que je mets simplement dans ma playlist Deezer (oui, je boycotte Spotify, par anticonformisme) et ceux que je vais acheter en vrais cédés, parce qu'on sait jamais, si Deezer venait à mourir, je voudrais pas tout perdre. le dernier cédé de Simon Green, alias Bonobo, Black sands, fait partie des seconds. Pourquoi ? Les sonorités de cet album de Bonobo ne sont pas véritablement novatrices, mais elles sont agréables, et ça c'est pas rien. On se sent à l'aise,d ans Black sands, parce qu'il est familier. Quelque part entre les Bains Douche et un album d'ambiances. Réverbérations, synthés, violons à la celte (Kiara) ou électronisés dans une ritournelle (1009), mélodies sur lesquelles on ferait volontiers des choses très charnelles (Kong, Black sands), ambiance big band (El Toro), générique d'anime (All in forms), l'album entraîne d'un bord à l'autre de toutes les tendances de l'électro suave et cocoonant. Entre mélancolie et voyage, Green nous fait faire un parcours complet auquel manque, peut-être un titre vraiment entraînant, pour s'enthousiasmer beaucoup très fort.

 

# Casey Spooner - Adult Contemporary

Adult_contemporary.jpgC'est un twitteux sympa qui m'a parlé de ce New-Yorkais, beau comme un dieu (et qui en joue), quadra, gay, amateur de pop, ayant bossé avec REM et les Scissor Sisters. Tiens, un petit portrait très beau sur Art-opology. Son premier album solo (après 3 albums au sein de Fischerspooner, groupe électro), Adult Contemporary, est habité, travaillé, cinématographique. Partant de rythmiques pop, il explore plusieurs tonalités, rock sombre avec Exquisit Corpse, qui ouvre l'album, mélodique sur Cliché, dansant sur Faye Dunaway, premier single très efficace, explorant l'univers homosexuel d'aujourd'hui, et voilà un peu de pop-rock au rythme enlevé sur RSVP, et une balade sexy avec Spanish Teenager, second single très réussi, très Beatles-oïde, parlant d'une vie idéalisée, sans stress, inatteignable, puis vient Two calls, parlé, rock 80's, sexy lui aussi, très court, dansant, avant un Tuxedo plus tranquille, qui ressemble beaucoup à ce qu'on aimait chez Nirvana, mais avec une voix propre et pas trop de guitare qui s'envole, C.R.E.E.P. pourrait être un hommage à Creep, mais personne ne le sait vraiment, mais la chanson est entre Mika et David Bowie, Perfecto allie synthé 80's et vocodage 80's avec un peu de pop-rock dansant : on aime !, puis un petit duo avec Marina Abramovic (sorte de folle d'origine serbe qui joue avec ses capacités physiques) nommé Spirit Cooking, où la Serbe blablate en anglais et en serbe, et où l'Américain mixe un son pop-rock en fond, enfin, l'album se clôt sur Complicit, où bim boum, on mélange clavecin, basse, synthés pour une chanson qui ferait un superbe morceau de générique de fin de film sur l'Amérique qui déchante. Une vraie pépite, ce Casey.

Publié dans Sons

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