Y'a qu'à écouter, aussi... tome 19

Publié le par Charlie SaintLaz

La barbe !

La sélection de la semaine respire le poil. Parce que le métrosexuel a laissé la place au hipster, fini le look lisse et pop-rock, bonjour la pilosité proprette et l'indé à l'instrumental planant. Les garçons derrière leur micro deviennent terre-à-terre et - un peu - éphémères. Exemples typiques de ce qu'il faut faire ... et éviter.

 

Barcella - Charabia (Jive Epic)

barcella.jpgSi l'on n'avait pas du tout entendu parler jusque là, il ne faudrait pas passer à côté du loustic dont la musique s'installe dans la mouvance Oldelaf/Thomas Fersen, entre cabaret et contes musicaux, et dont la plume est joyeuse dans ses histoires du quotidien. Prends Clair fontaine, par exemple : la romance entre un stylo et une feuille de papier, pleine de jeux de mots et de références, sur musique piano-clarinette enlevée. A l'inverse, L'âge d'or est une balade romantique, un peu triste, on dirait du Renaud. Oh, avec Cerise, on se dandine sur de la country, et on reprend les paroles (Je suis blonde et je vous emmerde...). Et sur La symphonie d'Alzheimer, on ressent la tristesse, mais sans noirceur. ca rendrait presque l'idée de la maladie supportable. Il aime jouer, le Barcella, dans ce qu'il propose à son auditeur : tantôt sur les mélodies, tantôt sur les textes. Vois Mixtape : un trésor d'élocution à fond les ballons sur une musique binaire. Ecoute aussi Salope, avec les plus beaux compliments qu'on n'aie jamais fait à une femme. 14 titres dans ce goût là : on tend l'oreille, attentivement ! Non, j'avoue : musicalement, Barcella aligne les petites rengaines, presque enfantines, plus que les bijoux de composition harmonique. Pourtant, on sent, ça et là, qu'il y a une certaine maîtrise cachée derrière tout ça. C'est vrai, vocalement, ça ne défraiera pas la chronique non plus. Peu de variation, pas de vrai timbre - merci le vocodage. Pratique : le karaoké sur ses petites ritournelles sera à la portée de tout le monde.

Et ça rend ce cédé bien sympathique.

 

François Raoult - Vent de face (Abacaba Editions)

francois-raoult.jpgOn se fout bien d'où il vient, le plus important, c'est ce qu'il propose. Il aura beau se défier de tous ceux qui l'accuseront d'être formaté, il y a dans la variétoche que François chante un truc déjà entendu et rabâché par toute la génération pré- et post-Lemarchal. Entre piano, clochettes, guitares et sa voix - nette, certes, même si vocodée ça et là - pas très ambitieuse, et posée dans le but de clairement faire romantique, on frôle souvent le mièvre. Les violons sur Balto ivre ? Cliché. Ses souvenirs de petit garçon sont (hélàs pour lui, sans doute) d'un banal rasoir. Et je ne te parle pas des paroles. "Rêve, rêve, revolver" dans Révolution (si si ...), "Nan nan nan nan nan, je ne veux pas me coucher" dans Papillons de nuit, "J'ai rempli tes grands yeux de larmes" dans Mini-bar... Pfiou. Pourtant, cette dernière chanson est plutôt le contre-pied du reste du cédé, avec ses ruptures de rythme. Parce que bon, il y a quand même quelques morceaux à sauver - ne serait-ce que pour passer en boîte : Papillons de nuit, avec son petit côté variét' des 90's, Casino, pour sa compo musicale un peu décadente, et... c'est bien tout. Ce cédé aura au moins le mérite d'avoir travailler des techniciens de la musique. Parce que côté qualités artistiques, on peut juste conclure qu'il a été bien servi, mais mal conseillé. François, dont le physique latin (c'est fou ce qu'il ressemble à mon prof de HiLow !)(mais mon prof a une voix plus ... marquante...) lui a permis de faire chavirer la Nouvelle Star, signe un album transparent, sans intérêt, sinon pour celles pour qui "un chanteur, il est trop bo" (faute d'orthographe incluse).

 

 

Publié dans Sons

Commenter cet article