Zygomatiques endormis (La parenthèse)

Publié le par Charlie

On touche au terme ...

Parenthese.jpgCe soir, le petit théâtre Daunou (Paris IIè) proposait La parenthèse, une pièce de Laure Charpentier sur une mise en scène de Jean-Pierre Dravel et d'Olivier Macé. Se dire qu'ils étaient deux à mener à se résultat, c'est ... hum.

Pablo, compositeur, est désespéré. Son Julien, son piou-piou, a tellement envie d'enfants qu'il en est arrivé à séduire une Eléonore et à lui soutirer le mariage. Pour Pablo, la claque est rude. Il ne comprend tout simplement pas. Heureusement, il a sa bonne vieille Dora pour le soutenir. Il n'y a guère plus à en dire.
On vire vite dans le boulevard. Quiproquos provoqués, comique de situation à base d'alcool ou de mimiques, texte libre ponctué de quelques saillies drôlatiques.

"Mon oncle ? On est chez Jacques Tati ! C'est Jour de fête !" Tadaaaam ...

Servie par un Franck de la Personne amusé (Pablo, 45 ans et demi, "je suis plein de muscles, faut juste aller les chercher un peu plus loin ..."), une Sonia Dubois survoltée (Dora, lesbienne à caractère camionneuse chti), un Julian Dassin sexy (Julien, journaliste trentenaire tiraillé entre l'amour et les enfants) et une Olivia Luccioni surprenante (Eléonore, ravissante idiote de 20 ans poussée en sol aristo), la pièce est plutôt rythmée, plutôt enjouée, plutôt drôle ... mais jamais complètement.

Julien : Une parenthèse, ça s'ouvre et ça se referme !
Dora : Comme une paire de cuisses !
(tadaaaaaam ...)

Le décor est simple. Un loft, barré de poutres métalliques bleues, des rideaux blancs, une échelle. Une méridienne, un fauteuil, un piano, un meuble de rangement. Une photo de Wilde (on n'est chez un homme sensible, remember), des sculptures en bois ... Un aspect très parigot, entre néo-chic tendance Habitat et garçonnière friquée. Le cadre reste suffisamment neutre pour qu'on ne s'y attarde pas, et sert bien la pièce. En ambiance sonore, outre l'indispensable raccord moderne d'une sonnerie de portable, on a droit à 3 ou 4 versions différentes du concerto d'Aranjuez (pour cordes, pour orchestre, pour cuivres, pour chanteur mièvre). Les oldies, so ... berk.

Dora : Du rouge à lèvres ? J'en mets jamais !
Pablo : Non, tu le prends sur les copines !

Julien-Franck.jpgL'homosexualité (de Pablo, de Dora, de Julien (quand ça l'arrange)) est un problème qui n'en est pas un. Suffisamment bien accepté, vu que tous les ressortissants de la famille invertie* l'assument (ou presque), la pièce ne pose qu'un seul véritable problème : difficile d'être homosexuel et d'avoir un enfant. Difficile techniquement : Pablo en vient à proposer que Julie (la nana de Dora) devienne mère porteuse du couple Pablo+Julien. Difficile psychologiquement : quand il y a désir d'enfant dans un couple homo, que faire ? Julien se persuade de l'hétéro-way ... La question, loin d'être résolue par la pièce (et loin d'être explorée, également ...), mériterait de longs paragraphes, mais l'amertume reste entière : outre les mères porteuses, comment faire un enfant qui soit tout à fait le sien ?

"L'amour n'a pas de monde : il naît sans prévenir et il meurt sans soupir ..."

La parenthèse
Théâtre Daunou
Infos/Résa : 01 42 61 69 14 ou ici, petit geek ;)


* Si un homme averti en vaut deux, un homme inverti en vaut quatre ! Tadaaaam ...

Publié dans Théâtre

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