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Vérino, essai transformé

Publié le par Charlie SaintLaz

Tu te souviens de Vérino ?

Il y a quelques jours semaines mois, je t'avais parlé de lui en faisant le bilan du festival de Montreux (en Suisse). Je t'avais dit que je voulais en savoir davantage. En voir davantage. Le voir en vrai, l'écouter en vrai, le ... euh... bon, bref, je voulais qu'il me ... fasse rire en vrai. Je suis allé le voir au théâtre du Temple. Débrief.

 

# Vérino est tout seul

Son spectacle, c'est un peu sa vie. Pas celles de personnages, non, c'est du vrai stand-up, qu'il fait, le Vérino. Une sorte de petite confession avec pleiiiiin de loooongues digressions. Mais attention, des digressions intéressantes, hein. Genre ? Genre des digressions (j'aime bien ce mot) montrant que le petit Vérino porte sur le monde un regard attentif, qu'il cherche à comprendre, ici et là, dans des petits riens, la logique de ce qui nous entoure. Du quotidien exploré et corrigé, quoi. Par exemple, pourquoi tombe-t-on toujours sur la notice quand on ouvre la boîte de médicaments ? En quoi la Fnac catalyse-t-elle la loi de Murphy ? Comment se débarrasser de son collègue-qui-a-la-poisse ? Et on rigole ... Qu'est-ce qu'on rigole !! J'en fais trop ? Je te le prouve, avec un de mes préférés : le radar à Zara. 


 

 # Vérino est épuisant

Ce qui te marque particulièrement avec le presque-trentenaire, c'est l'énergie qu'il dégage. C'est à dire que la scène du Temple, toute petite, nous met le comédien sous le nez, et il court, et il mime, et il danse, et il fait des grands gestes, change d'expression, de voix, d'attitude ... L'heure de spectacle file en un instant, parce que du début à la fin, Vérino fait avancer son discours tambour battant, tient son auditeur en haleine, ne laissant que peu de temps de latence ... et encore, ce sont des effets comiques. Si, par moments, on a le sentiment d'un chien fou énervé, c'est bien le seul ridicule petit défaut qu'on peut donner à son spectacle. Sans décor, sans accessoires (ou presque), juste avec ses mots, sa diction et son corps, Vérino dresse un grand nombre de situations, le public en redemande.

Verino-Temple.jpg

# Vérino est drôle

Ca, tu me diras, ce n'est pas automatique. C'est subjectif. Ca dépend de plein de trucs. De ton mood, de son à-propos, du physique, de ta libido, de Fukushima : c'est vrai. Je ne peux pas te garantir que tu riras comme une baleine, non, mais je peux quand même dire que m'sieur Vérino a l'esprit acéré, la vanne cinglante, la répartie bien trouvée (celle que tu rêves d'avoir mais que tu ne trouves qu'après), l'imagination fertile et l'oeil vif (et le poil soyeux, apparemment). Des concepts aussi fabuleux que le détecteur de Zara, la possibilité de snoozer les gens, la notice vivante ou la déclinaison de to fnac (fnooc, fnooc), c'est diablement bien vu, et c'est bien agréable, de voir notre petit monde autrement que dans la singerie des défauts de nos compatriotes.

 

# Vérino est sur scène

Jusqu'au 30 mars 2012, il squatte la scène du Théâtre du Temple à Paris, mais après, il tourne (et pourtant, il tourne !). Vérino, c'est un peu mon humoriste fétiche-du-moment. Y'a pas de raison qu'il te déplaise.

Si tu y vas, dis-lui que c'est moi qui t'en ai parlé. Je lui dois un cocktail, autant que ce soit à lui de m'en devoir un. 'rci !

 

Publié dans Théâtre

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Danser sa vie @ Beaubourg.

Publié le par Charlie SaintLaz

Danse et musée : incompatibles ?

D'un côté, la Danse. L'art du mouvement. Nécessairement art de l'éphémère, comme la musique, parce que c'est un art décomposable en instants que l'on ne peut rendre éternels sans les dénaturer. De l'autre, le Musée. Là où le temps s'arrête pour révéler l'éternel, l'universel, l'insaisissable. Nécessairement hors du temps. De ce temps dont la Danse se nourrit. La danse est un art du mouvement pur, infixable, imprésentable dans un musée à moins d'y assigner à résidence, dans une chorégraphie sans fin, les danseurs, interprètes de l'illusion. Ce serait alors un théâtre plus qu'un musée. La danse, aussi, qui s'emballe souvent dans une enveloppe plastique infiniment variable : décors, costumes, maquillages, accessoires, affiches, etc. C'est là, sans doute, que peuvent se rejoindre la danse et le Musée : dans la fascination que les arts plastiques (exposables, "muséables") ont pour ce mouvement aussi perpétuel qu' éphémère, infiniment inventif, terriblement évocateur. C'est sur ce point que le Centre Georges Pompidou a voulu insiter dans son expo remarquable ouverte depuis le 23 novembre : "Danser sa vie". Visite !

 

Les costumes modernes et attitudes graphiques de Nijinski dans L'après-midi d'un faune, les costumes et décors signés Picasso dans un ballet signé Picabia, les ballets d'automates de Fortunato Depero ou de Kurt Schmidt, la vidéo-danse qui intensifie (Sacre du printemps de Pina Bausch), qui démultiplie (Joséphine Baker), ou qui enrichit le mouvement (Alwin Nikolaïs), la danseuse inspirant le peintre (Man Ray, Huszar, van Doesburg), le sculpteur (Rodin, Schoffer,...), le photographe, le réalisateur, le compositeur (Satie), manifestes de tous temps en faveur de la danse (Montjoie ! Organe de l'impérialisme culturel français datant de ...1914), et puis Mary Wigman, Rudolf Nureev, Isadora Duncan, Merce Cunningham, Anna Halprin, Jérôme Bel, Maurice Béjart, tous ensemble, tous différents, la danse moderne, la danse contemporaine, la non-danse, la performance, les théories de Laban et de Delsarte, les icosaèdres, les cours d'imagination spatiale de Forsythe, des projections, des confrontations, des parallèles, des mixes, des remixes : Danser sa vie, par le foisonnement de son contenu, est une expo qui rend un hommage saisissant à l'incessant mouvement de la danse au XXe siècle, parce qu'elle a attiré, inspiré, exalté les artistes les plus variés, dans des directions multiples, avec pour seul objectif celui de toucher la vie. Parce que "La danse, manifestation visible de la vie, c'est cet instant fugitif où l'on se sent vivant », comme disait Merce Cunningham.

 

Danser-sa-vie-affiche.jpg

 

DANSER SA VIE

 

 

 

Centre Georges Pompidou - Paris

23 novembre 2011 - 30 avril 2012

Tlj 11h-21h, jeudi 11h-23h, fermé le mardi

tarif plein à 12€

 

Infos/Résa : CentrePompidou.fr

 

 

Je te conseille d'acheter le catalogue de l'expo, un vrai petit bijou (mais pas accessible à toutes les bourses pour autant).

 

Publié dans Tendance

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Success Story (Top 17 des films vus en 2011)

Publié le par Charlie SaintLaz

Le 19 décembre nouveau est arrivé ! 

Comme tu l'as vu en 2009 et en 2010, j'aime bien faire un petit bilan annuel de ce que j'ai vu au cinéma. En bon cinéphage appliqué, je tenais à jour un Top Ciné en temps réel qui a plutôt bien marché, et qui, rempli au jour le jour, semble bien anodin, mais qui, une fois l'année finie, laisse quand même songeur. Creusons.

 

Commençons par quelques chiffres :

113 films vus (record battu !), dont 62 Européens (France 38 / UK 8 / Italie 5 / Espagne 3), 45 Américains (USA 38 / Argentine 3 / Pérou 2), 5 Asiatiques (Japon 2), 1 Australien et 1 Africain (du Sud, même, puis-je préciser). Ce sont donc toujours les mêmes qui trustent nos écrans, mais aussi ceux qui donnent le plus envie d'y aller. J'avoue que mon score en films européens non-francophones et en films moyen-orientaux me déçoit un peu. Allez, je me lance le défi de le multiplier par deux pour 2012 !

Paris est mon terrain de ciné principal : 105 films vus intramuros. Et ma carte Illimité me donne un réseau privilégié : 72 films vus dans le réseau UGC (dont 52 aux Halles), 29 dans les cinémas partenaires de la carte Illimité (12 aux Cinq Caumartin) et 12 ailleurs (invitations, dont 9 au Gaumont Opéra Premier).

Assez de chiffres, passons aux pépites !

 

Les films dont l'esthétique est miraculeuse :

4. Pina (Wim Wenders - France/Allemagne)

 3. We need to talk about Kevin (Lynne Ramsay - USA/UK)

2. Drive (Nicolas Winding Refn - USA)

1. Black swan (Darren Aronofsky - USA)

Black-Swan

 

Les films dont le sujet m'a passionné :

4. Avant l'aube (Raphaël Jacoulot - France)

3. La ligne droite (Régis Wargnier - France)

2. Présumé coupable (Vincent Garenq - France)

1. Les yeux de sa mère (Thierry Klifa - France)

19636850

 

Les films vraiment bien foutus :

4. Switch (Frédéric Schoendoerffer - France/Canada)

3. Carancho (Pablo Trapero - Argentine)  

2. Oh my God ! (Tanya Wexler - UK)

1. Et maintenant, on va où ? (Nadine Labaki - Liban)

EtMaintenantOnVaOù

 

 

Animal-Kingdom.jpgcontracorrienteLes films qui réunissent ces trois qualités,

bref, la crème de la crème, le Top 5 :

 

5. Poupoupidou (Gérald Hustache-Mathieu - France)

4. Le gamin au vélo (les frères Dardenne - Belgique)

3. Contracorriente (Javier Fuentes-Leon - Pérou)

2. Animal Kingdom (David Michôd - Australie)

1. La piel que habito (Pedro Almodovar - Espagne)

 

La-Piel-Que-Habito-poster-Spain

 

Publié dans Ciné

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Discovering William.

Publié le par Charlie SaintLaz

Il en manquait un.

Depuis quelques années, ma faim d'écritures chorégraphiques m'a poussé à voir, revoir et comprendre les grands créateurs. J'avais donc vu les Etoiles de l'Opéra, la danse moderne de Béjart, les légendaires Cunningham, Bausch, Teshigawara, les incontournables Decouflé, Preljocaj, Gallotta. Parmi ceux qu'il faut à tout prix avoir vus, ceux que l'on considère comme les essentiels pour saisir l'histoire de la Danse, ceux dont l'apport est déjà entré dans la liturgie de la discipline, il m'en manquait un. Un seul.

Impressing-the-Czar.jpgMon chorégraphe manquant a fait ce que les Américains ne font quasiment jamais : s'installer en Europe (que de bon sens ...). Passé par le Joffrey Ballet de Chicago (1971), il est pris au Ballet de Stuttgart (1973) puis engagé pour diriger le Ballet de Francfort (1984), où il va oeuvrer à réinventer la danse. Comment ? A l'époque, le monde se divise entre ceux qui ne valorisent que la perfection de la danse classique et ceux qui s'en affranchissent au profit de l'inventivité de la danse moderne et contemporaine. Notre homme va s'inscrire dans le courant de Béjart, le néoclassique, dans lequel oeuvre un autre Américain exilé en Allemagne (les parcours sont très similaires, d'ailleurs), John Neumeier, sauf que notre homme va pousser le classique vers une telle inventivité gestuelle, une telle réorganisation scénographique, une telle perfection technique qu'il effacera franchement Neumeier. Cet homme, c'est William Forsythe.

A quoi ça ressemble ? Difficile à expliquer. La rencontre s'est produite à Chaillot, où étaient données deux oeuvres du maître : Artifact (1984) et Impressing the Czar (1988). Qu'avaient-elles en commun ? La première est une sorte de longue déambulation dans la conception de la danse, dans ce qu'elle touche de sacré et dans sa façon de le révéler. J'ai vu Artifact comme une revendication, comme le refus de laisser la danse dans le carcan où on la met parfois (tutu-pointe), la volonté de montrer que la danse est victime de clichés (le tout avec quelques personnalisations assez bien vues). Impressing the Czar est davantage un voyage dans une réalité parallèle, délirante, un Alice in Wonderland chorégraphique où s'entremêlent une cour baroque surchargée de décors, une vente aux enchères chaotique, une cérémonie macabre d'écolières, une plongée dans une danse pure et démonstrative. Des deux chorégraphies ressort le sentiment de profusion, de grand nombre, de multiplicité. A des kilomètres du langage fini des ballets romantiques créés jusque là.

Artifact.jpgMais encore ? La mise en scène est très dense, souvent très chargée (décors, costumes, entrées et sorties, jeux de lumières, de rideaux,...) accompagnée tantôt par de la musique classique lourde (Bach, Beethoven,...), tantôt par les créations musicales de Thom Willems (électro) ou de Leslie Stuck (bruitages), si bien que l'impression d'énorme machinerie ne quitte pas le spectateur. Sauf que Forsythe est malin : si un tableau est surchargé, noyant la danse dans le fatras, le suivant est dépouillé, et la danse, juste habillée de lumière, ressort dans sa pureté absolue et sa beauté infinie. Impressionnant. Côté danse, on remarquera le goût pour la multitude : Forsythe travaillait pour des ballets, avec des étoiles, des premiers danseurs, un corps de ballet ; par moins de 40 artistes sur scène donnent le spectacle. La gestuelle est celle de la danse classique (pointes, arabesques, tout ça) dont les codes sont réutilisés, mais pulvérisés dans l'élan qui les porte. Je m'explique : les placements, les mouvements, les intentions sont bien celles de la danse classique, mais l'ensemble de la chorégraphie est quasiment contemporaine : glissades, utilisation complète de l'espace, danse-contact, poids et contre-poids, portés non académiques... La composition de la chorégraphie elle-même est résolument classique (pas de deux, pas de trois, assemblées, solis), mais leur utilisation est détournée, leur visibilité est brisée par une série de ruptures de l'unité qui rend le tout extrêmement fluide, mais assez déroutant. Et complètement sidérant. Tout semble improvisé, mais tout est construit à la seconde près (sur une musique sans rythmique !!). Le tout mêle l'expressionnisme allemand, le performatif américain, la technicité classique ... bref, tu en as pour ton argent. Trève de blabla, regarde par toi-même ce que ça donne...

 

Impressionnant, hein ? 

La danse de Forsythe ne peut pas être interprétée par n'importe qui, tu l'auras compris. S'il est reconnu comme un maître, on comprend en le voyant que reprendre une de ses pièces relève de la gageure en nombre d'heures de travail et en qualité du corps de ballet. C'est Kathryn Bennetts qui a décidé de lancer ses danseurs du Koniklijk Ballet van Vlaanderen (Ballet Royal de Flandres) dans l'aventure Forsythe. Outre la perfection technique de ces interprètes, il se dégage de leur interprétation une aura, une puissance qui traduit à la fois leur passion, leur volonté, leur plaisir, leur fierté d'être là, de danser ce programme, et, crois-moi, ça fait la différence dans ce genre de pièces démonstratives.
Il reste peut-être des places pour aller voir Impressing the Czar, jusqu'au 10 décembre... Sinon, tu peux jeter un oeil au programme de la Forsythe Company, qui vient nous faire coucou, toujours à Chaillot, avec Sider, du 15 au 17 décembre...
Rencontre marquante, donc.

Publié dans Danse

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Tout est dans les cheveux !

Publié le par Charlie SaintLaz

Chez Garnier, ils ont trop la classe. Ils ont réussi à réunir toutes les plus grandes stars de la musique dans deux publicités pour Fructis sur le style capillaire à travers les époques. On passe d'un archétype au suivant par le morphing, le résultat est assez festif. Sauras-tu les reconnaître ? Je te laisse regarder...

Tu auras reconnu, EVIDEMMENT, Elvis, Travolta, Kiss, Polnareff, Bowie, Marilyn Manson, Bono, Michael Jackson, EmineM, Daft Punk, Julien Doré, Bill de Tokio Hotel, la tektonik, Mika, David Guetta, Will I Am, Akon, Justin Timberlake, Joe Jonas, Justin Bieber. J'avoue, j'ai demandé de l'aide pour certains, parce que le Jonas ou Mika, par exemple, c'est pas exactement évident-évident).
Chez les dames, il fallait trouver Piaf (si si ...), Marilyn, Madonna, Tina Turner, Janet Jackson (quoiqu'elle ressemble plus à Nicole Sherzinger...), Missy Elliot, Kylie Minogue (plus Eve Angeli qu'autre chose, d'ailleurs, mais faut regarder la robe), Britney, Pink, Avril Lavigne (ou Lynda Lemay déguisée en Sheryl Crow, je ne sais pas), Lady Gaga et Amy Winehouse.

Publié dans Vidéo

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