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Le gant et la scène.

Publié le par Charlie SaintLaz

Fini le spectacle de genre, l'heure est à la pluridisciplinarité. On avait vu les arts vidéo monter sur scène, puis les arts plastiques ... voici venu le temps des rires et des chants des disciplines plus inattendues ... encore que.

Roland Barthes l'avait dit dans ses Mythologies : le catch est un spectacle. Pas tant pour la qualité des combats que pour la dramaturgie de sa mise en scène, c'est vrai, mais extrapolons. Si les Brésiliens ont créé un art à cheval entre le sport de combat et la danse - la capoeïra -, si le cinéma asiatique se délecte des scènes de karaté, de ju-jitsu, de taek-wondo, c'est sans doute que, quelque part, ils ont saisi le lien entre la prouesse physique (l'exploit) et la qualité du mouvement (l'esthétique) : ils ont dit (sans le dire) à quel point le combat, outre sa violence, possède une dimension chorégraphique magnifique parce qu'elle porte en elle l'issue transcendante du combat : l'honneur, la vie ou la mort, la victoire ou la défaite.

 Merzouki.JPG

La France n'avait pas démérité en mettant en scène les plus beaux jeux de jambes du combat le plus célèbre de son histoire : le duel à l'épée. Quoi de neuf depuis ? Il manquait un regard sensible sur une discipline toute à nous : la boxe. Ce regard, c'est Mourad Merzouki (ci-dessus), chorégraphe de la compagnie Käfig labellisée Centre Chorégraphique National, qui l'a porté. En résulte ce qui, pour moi, sera sans nul doute un vrai de vrai coup de coeur : Boxe boxe. Watch this :

 

Publié dans Danse

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Le résumé de la (Volde)mort.

Publié le par Charlie SaintLaz

Tu veux tout savoir d'Harry Potter mais tu n'as pas envie de te taper les 7 romans ou les 8 films ? Rassure-toi, je t'ai trouvé un résumé ... en 1 minute et 39 secondes.

Publié dans Vidéo

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Toi aussi, deviens un lover.

Publié le par Charlie SaintLaz

C'est l'été. Enfin, en principe, c'est l'été. Tout ce qui se fait d'humain dans l'hémisphère nord est, à cette période, en proie à une forte élévation de sa température corporelle, activant deux processus : la chute du nombre de vêtements et la montée de la libido. En deux mots : c'est le moment idéal pour choper. D'autant que le syndrome des Amours-de-Vacances (célébré par Niagara dans sa version cash ou David & Jonathan dans sa version niaise) est, lui aussi, TRES répandu. Comment se démarquer dans la jungle des techniques de drague ? Mon conseil : joue le lover.

 

#1 Adopte une identité originale ... mais pas trop.

Tu peux décider de devenir Lorenzo, masseur de l'équipe de France de football féminin ou Candice, businesswoman fraîchement retirée du circuit parce que mariée à une grosse fortune russe. Dans les deux cas, pense à rester open : tu dois attirer le chaland. Plusieurs options, donc : changer de nom / de boulot / de lieu d'habitation / de passé / de couleur de vernis à ongles. Cependant, veille à rester crédible : si tu tombes sur un spécialiste de ton domaine, tu passeras pour une buse.

 

#2 Mets en avant tes atouts physiques.

Need a drawing ? Pour savoir ce qui est à la mode, ouvrir les magazines spécialisés qui abondent dans les kiosques. Ne viens pas dire que tu n'as pas d'atout, c'est faux : on en a tous au moins un. Moi, par exemple, j'ai de très jolis mollets.

 

matt_pokora.png#3 Mets en avant un de tes talents

Ce talent doit être en rapport avec l'été, le corps, les vacances, la classe. Sont donc bienvenus : savoir masser à la thaïlandaise, faire des cocktails à base de rhum, construire des châteaux de sable, jouer de la guitare, connaître la région par coeur, danser le mérengué, raconter des blagues antisémites, marcher au ralenti sur la plage, etc. Sont prohibés : chanter la Marseillaise en rotant, faire du vin chaud, finir les mots croisés en 4 minutes, trouver des excuses pour sécher le taf, ... Par exemple, là, ce garçon met en avant son incroyable talent à regarder derrière lui.

 

#4 Adopte la pensée primitive

Quoi c'est ? La nature, le monde, les ondes, la beauté, la mer, les plaisirs simples et universels qui parlent des origines, de la communauté résonnante des hommes en accord avec la nature. Cette pensée primitive fait de toi quelqu'un de pur, de sain, de bon, ça fait de toi quelqu'un qui ne va pas mettre du GHB dans le dry martini de ta target, ni un(e) pickpocket pendant que l'autre est sous la douche, encore languissant de ton corps de rêve.

 

211650 494773506 eva longoria H173407 L#5 Evoque un souvenir qui te met des étoiles dans tes grands yeux légèrement fardés.

Ce nuage qui te rappelle Poppy, ton rottweiler adoré, mort tragiquement (piqué après avoir défiguré ta soeur), ou les grands yeux de la barmaid, qui te rappellent ceux de ton ex, Monique, 59 ans, dépressive édentée, ou le parfum de la glace au chocolat, qui n'a rien à voir avec celle à la pistache que tu aimais quand tu avais 6 ans (et pour cause ...). La dame, là, à gauche, est pile entrain de se rappeler, émue, de sa jolie coupe de cheveux en sortant de chez elle, mais elle a oublié qu'il y avait du vent. regarde comme son oeil brille ...

 

#6 Défends un truc auquel personne ne pense

Le retour des courts-métrages avant les films au ciné, la rémunération des députés au pro rata temporis, le rattachement de Nantes à la région Bretagne, la mémoire des disparus dans les mines de sel, l'importance des langues régionales, la possibilité d'une île, ... Aie un combat parfaitement vain, mais avec une très belle portée symbolique (de préférence néo-conservatrice, mais libéralement).

 

#7 Adopte un modèle

Sans le singer, évidemment. Non, Lady Gaga n'est pas un modèle, c'est elle-même une simple petite copieuse (liste des sources de son "incroyable créativité" sur demande).

 

 

 

Prenons l'exemple d'un mec qui a tout compris : Milos Karadaglic. C'est LE it-lover 2011. Watch this :

 

 

#1 : Milos Karadaglic (prononcez Milauche Karadaglic'che), Monténégrin de 27 ans, seul artiste de sa famille, ch'appelle en fait Raoul Boulanger, Auvergnat de 35 ans, ancien musicien dans le métro de Marseille. Evidemment, tu ne trouveras jamais cette info sur le net : il est question de rester crédible. D'ailleurs, ce post disparaîtra sans doute dans quelques jours, quand la Deutsche Grammophon - ou la mafia de Podgorica - aura fait sauter la partie du serveur d'Overblog qui héberge ce wikileaks culturel qu'est ton blog favori.

Milos2#2 : Tel Ricky Martin dans les années 90, Milauche est un chaud-latin. Chourire trop blanc pour être honnête, ligne de chourchils parfaite, bronzage naturel, look étudié, cheveu enduit de gel MAIS quand même au vent ... Pas fou, Raoul-Milauche a quand même bossé la base plastique de son personnage : le vêtement est tendance sans être de grande marque (comprendre "je suis en dehors des modes, intemporel, éternel, "comme la mougique dé ma guitarrrr"), le visage est celui qu'on croise dans toutes les pubs Abercrombie & Fitch (aka icône du mâle ténébreux plaisant autant à la gente féminine cherchant le choc esthétique latin qu'à ces messieurs en mal de dieu grec à salir les nuits de chaleur étouffante). Bons points, parce qu'au pire, tu regardes les clips en coupant le son.

#3 : Il joue de la guitare classique. Si l'instrument est idéal pour les séances de drague les nyeux dans les nyeux autour du feu, Milauche a fait une erreur : il se limite à un répertoire classique un tantinet rabâché par tous les profs de musique de tous les collèges du monde (tu sais, ceux qui veulent te montrer qu'il n'y a pas que Nirvana/Goldman/Christophe Maé qui save,nt jouer de la guitare, "non non, y'a aussi des compositeurs classiques"). Deux défauts, donc : d'abord, il va se faire repérer comme LE lover par excellence "que-tu-le-vois-venir-à-dix-kilomètres", et ensuite, il va se faire méchamment traiter de tapette, avec ses ongles longs comme ceux d'Edie Brit dans Desperate, parce que môssieur ne veut pas jouer avec un médiator (à cela, 2 explications probables : il a entendu parler du scandale du Médiator, et il a tout achimilé chans che poser de quechtions, ou alors il y a un embargo contre le Monténégro sur la vente de médiators parce que, je cite, "ils sont fiers, ces manouches, à jouer à même la main depuis des siècles")(une longue lutte d'intérêts, donc).

Milos1.JPG#4 "For me, the biggest inspiration is the sea". Pensée primitive, donc : le symbole de l'origine de tout, l'eau, le sel, le sable tiède qui coule entre tes doigts et ... et un lien avec un grand-père qui a construit de ses mains une maison au bord de l'eau pour ses fils et ses petits-fils. L'attrape-couillon parfait. Scénario 1 : tu es en vacances, tu vas à la plage, tu passes ta journée à rêvasser en regardant la mer, et tu ne trouves personne avec qui partager tes délires métaphysiques sur la mer : bim, y'a Milauche. Scénario 2 : tu n'es pas en vacances, tu vas au bureau, tu passes ta journée à rêvasser en regardant la mer sur ton fond d'écran, et tu ne trouves pas de CD chez Harmonia Mundi avec le bruit des vagues : bim, y'a la vidéo promo de Milauche. Dans les deux cas, tu es séduit(e) par ce mâle alpha qui gratouille la guitare comme un dieu et qui te parle de son enfance pure et innocente au bord de la mer, à toi qui a grandi entre une vache et un immeuble haussmannien.

#5 "Papa écoutait Segovia et Williams jouer de la guitare, j'ai eu un choc esthétique". Moi, Papa écoutait Queen et Alice Cooper, je me suis pas mis au rock pour autant. "Nous jouions avec mes cousins et mes amis au bord de la mer ..." Nous aussi, mais depuis, on se regarde en chiens de faïence de chaque côté de la table familiale au 15 août. La mer ? Un grand truc froid où y'a des méduses et où tu bois la tasse. 20 ans de cérémonies "aux disparus en mer", ça te rend la mer nettement moins chaleureuse. A noter, donc, le lover possède un optimisme de bon aloi qui le fait passer pour légèrement demeuré. Une apparence, seulement, si tu as bien écouté : "each piece of this disk represents a different part of my life" : ça, c'est de la transition parfaite entre le #3 et le #5. Ce mec gère parfaitement les codes de la lover-attitioude, p^reuve qu'il sait ce qu'il fait, donc qu'il a réfléchi, donc qu'il est pas si neuneu que ça.

#6 "People stopped believing in the guitar". "They say it has a so little repertoire. It is so not true." "There is no instrument which is more accessible to the general population than the guitar." Milauche se bat pour la réhabilitation de la guitare classique dans l'opinion des gens. OSEF ? Il a raison : les musiciens classiques sont dressés à n'aimer que les cordes frappées (piano) et frottées (violon) : la guitare, c'est l'instrument de l'animateur de camp de vacances. Et le public, lui, aime la guitare ... acoustique : les morceaux rocks joués en unplugged, sur une guitare sèche. Le retour en grâce d'Albeniz et de Lopez auprès du grand public n'est pas encore pour aujourd'hui ... Et en même temps, qui ça intéresse ? Personne. mais sa façon d'en parler, justement, est la clé du succès de sa cause : humilité, coeur, passion, espérance ... Un homme qui défend sa guitare, sa partenaire de poésie, sa muse et son accompagnatrice au corps lustré, ... ahhh, tu serais prêt(e) à tout pour le consoler. Et bingo, tu t'es fait(e) eu(e).

#7 Andres Segovia. oui, je sais, tu ne connais pas, je ne connais pas, ta mère ne connaît pas, le pompiste de l'aire de Rocquancourt ne connaît pas : laisse tomber. Le but n'est pas de se donner une filiation ultra-connue, non : le jeune souffrirait de la comparaison. Non, il s'agit de se donner un modèle méconnu genre "maître de la musique, vénérable ancien à la sagesse et au talent emportés dans la tombe" qu'on utiliserait comme grand inspirateur et transmetteur de la doctrine du "ressens la musique en fronçant les sourcils, et arrache toi un poil de nez pour pleurer un peu". Sur du flamenco, de préférence.

 

Milos Karadaglic, est, à n'en point douter, un merveilleux guitariste classique. Hélas pour la Deutsche Grammophon, plus personne n'écoute de guitare classique pendant 2h (sauf les profs de guitare classique, les guitaristes classiques et les malades mentaux d'origine ibérique)(tous champions du monde soient-ils) et le plan comm autour du bellâtre monténégrin le fait plus passer pour un crétin que pour un artiste sensible. Deux arguments qui me feront fuir son rayon à la Fnac ... tout comme je fuirai les lovers sur la plage (puisque je n'ai pas de vacances).

Publié dans Tendance

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De l'art de faire tapisserie (sans se faire gauler)

Publié le par Charlie SaintLaz

Contexte : Tu as une soirée à laquelle tu as promis que tu irais (déjà, c'est un peu discutable, ça sent la pitié ...). Tu vas donc y aller, mais tu n'as aucune envie de parler à qui que ce soit. Mieux : tu veux être asocial(e) au possible, mais quand même laisser à tout le monde un super souvenir de ton passage. Que faire ? Fais tapisserie.

 

Définition : La tapisserie ne se remarque pas, sauf quand on se dit "tiens, sympa ta tapisserie". Faire tapisserie consiste donc à se faire discret, à rester relativement à part des autres tout en étant quand même là. Il faut noter la différence entre faire tapisserie involontairement, c'est-à-dire se faire snober par tout un monde qui, pourtant, t'a invité(e), et faire tapisserie volontairement, c'est-à-dire faire acte de présence tout en s'assurant qu'on vous foute la paix. La première est subie et désagréable, la seconde est voulue, un peu machiavélique et très reposante, donc agréable. Je viens de là où se trouve la plus célèbre tapisserie du monde, autant te dire que je sais de quoi je parle.

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Chiens faisant tapisserie. Incroyable performance hyperréaliste.

 

Mode d'emploi :

1) Trouver le bon moment : Sois réaliste : avoir sonné à la porte n'est pas le signal de début de tapisserité. Tu dois attendre d'avoir salué tout le monde, d'avoir posé les question socibilisantes d'usage du type "Quoi de neuf ?" "Tu es enceinte de combien ?" et autres "Ca y est, tu as largué ta pouffe ?" (étape essentielle si tu ne veux pas passer pour le/la total(e) snob qu'au fond tu es un peu, soyons clairs)(veille toutefois à être bien à jour dans tes renseignements : un "Non non, je l'épouse dans 6 mois" serait un terrible camouflet pour la 3e question) et tu dois aussi avoir méticuleusement choisi l'endroit où tu vas faire tapisserie, t'y être rendu(e), continuer à bavasser inutilement, arrêter de bouger, pui peu à peu cesser de parler ... Mais c'est où, l'endroit idéal pour faire tapisserie ? J'y viens.

2) Trouver le bon coin : Pareil, passons les évidences : on ne fait pas tapisserie en s'immobilisant devant le buffet, un verre de martini tiède à la main. En fonction du nombre de convives, il faut choisir son camp de retranchement. Ils sont beaucoup ? Tiens-toi dans un coin non passant, tourné vers l'extérieur (ex : devant une bibliothèque, un pêle-mêle photo, une fenêtre). Ils sont peu ? Change de pièce. Y'a qu'une pièce ? Tant pis pour toi, t'as qu'à avoir des amis riches.

3) Tromper l'ennemi : Oui, parce que si faire tapisserie suppose que tu fasses bande à part, il faut, toutefois, ne pas attirer l'attention. Quitte à ne pas te mêler à la masse, autant avoir l'air occupé en mode DoNotDisturb et trouve ta parade chaque fois qu'on viendra tenter de te ramener à l'événement global : ouvre un bouquin "Non non, je vérifiais juste un truc", regarde un truc par la fenêtre "J'adore la façade de l'immeuble d'en face", fais la vaisselle "non mais comme ça c'est fait". Personne de sensé n'en cherchera davantage ... tant que tu auras l'air concentré et inspiré.

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Dans cette exemple, la Première dame n'hésite pas à porter une robe de la même couleur que les rideaux.

 

4) Diviser pour mieux régner : Une partie de ton cerveau doit pouvoir se plonger librement dans tes pensées, afin de poursuivre cette palpitante réflexion sur les conséquences probables d'une mise de veste en skai au sèche-linge, l'autre doit rester à l'affût de ce qui se passe dans ladite soirée, pour avoir le minimum syndical des réactions qu'on attend de toi (rire en même temps que les autres, réagir illico à ton prénom, dire "Moi !" quand tu entends "Qui re-veut du champagne ?"), dans le but de faire illusion.

5) Laisser des marques : L'idée, c'est pas tellement qu'untel se rappelle avoir discuté toute la soirée de la dernière Berlinale avec toi, c'est que tous se souviennent de toi faisant un truc particulier. Pourquoi ? Pour que, malgré ta passivité, chacun se dise que tu étais drôle et sympa, puisque tu es devenu(e) une anecdote de la soirée ("Mais si, même que Sébastien il a fait le haka sur du Vanessa Paradis !")(dans cet exemple, tu t'appelles Sébastien)(et tu aimes Vanessa Paradis). Comment ? Le contenu de ta prestation remarquable (et donc remarquée) dépend de tes capacités, mais le spectaculaire est recommandé. La blague-qui-tue-tellement-que-tout-le-monde-la-raconte-encore-au-bureau est une valeur sûre, être sur les photos marrantes est le degré zéro de la chose. Faire tapisserie requiert donc que tu sois phénoménal(e) au moins 5 minutes.

6) Ne laisse pas la situation traîner : Barre-toi le plus tôt possible. Après tout, tu n'as pas vraiment envie d'être là, et visiblement, en faisant tapisserie depuis 30min, tu n'as manqué à personne : c'est le moment de filer sous un faux prétexte. Excuse-toi auprès de l'hôtesur le thème Présent-contraignant/Passé-proche/Futur-probable (ex : "Faut vraiment que je rentre / J'étais content(e) de passer / Oui, on se reparle tout bientôt") et file à l'anglaise sans claquer la porte (pour ne pas attirer l'attention des convives). Le lendemain, compte des messages Facebook disant "tu es parti(e) vite, faudrait qu'on se voie bientôt" et fais des pourcentages de popularité proportionnellement au nombre d'invités de la soirée à qui tu as dit bonjour.

obama_france_info.jpg

Exemple tragique d'hommes s'y prenant mal : ils font genre "je m'ennuie, je regarde ailleurs",

mais ce n'était ni le bon moment, ni le bon endroit.

 

Bien savoir faire tapisserie permet aussi d'exercer ses talents dans l'espionnage. Exemple extrême dans la vidéo ci-dessous, à partir de 1'55.

 

Publié dans La vie

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Paris, c'est (encore) meilleur l'été.

Publié le par Charlie SaintLaz

Patrice Martinet est ton ami.

Pas la peine de retourner tes contacts Facebook, il n'y est pas. Et oui, monstre que tu es, il y a des gens qui te veulent du bien et tu ne les demandes même pas sur Facebook. Vilain(e), va. Patrice Martinet, c'est le directeur de Paris Quartiers d'Eté, LE festival qui ne te permet plus de dire que Paris-l'été-c'est-mort. Ca fait 21 ans que c'est plus mort, Paname, l'été.

 

Dans sa lettre d'amour son édito, Martinet place l'édition 2011 (du 14 juillet au 9 août) sous le signe de l'abolition des frontières, une sorte de monde magique où chacun doit peut ouvrir son coeur pour recevoir l'émotion vendue donnée par les artistes. Théâtre, danse, performance, si tu aimes les arts vivants, tu vas être servi(e). Lis plutôt : "Des barrières à escalader, des filles qui parlent d’amour, Beckett qui parle d’amour, et un duo belge qui parle du reste. Et puis l’Annonciation. Et puis l’Apocalypse. Et enfin, l’Art de la fugue, qui est aussi celui de toujours retomber sur ses pieds : avec la complicité du musée de l’Armée, Paris quartier d’été traverse la Seine pour trouver dans la Cour d’honneur des Invalides son centre de gravité. Gravité, mais aussi légèreté : des idées, de l’audace, du respect et de l’impertinence, de la solennité et de la fantaisie, pour un festival pluridisciplinaire et indiscipliné…" Un amoureux des mots pareil, ça donne envie d'y jeter un coup d'oeil.

La programmation est vaste (150 artistes, 32 lieux dont 11 extra-muros, si tu aimes le dépaysement, 22 programmes, des rencontres, des débats, des trucs intéractifs ...) et je sais que tu te sens déjà perdu(e). Voilà ce que je te recommande :

 

MuchFussAboutNothing.jpg# Beaucoup de bruit pour rien (Shakespeare) par les 26000 couverts

Ils ont l'air d'être plusieurs responsables de ce spectacle protéiforme : il y a Philippe Péhenn à la mise en scène, un type tout droit sorti de l'école des influences croisées, et Erich Mayer en compositeur de l'ambiance sonore, et Anthony Benjram à la scénographie, qui mêle lumières, projections, installations ... Bref, tu vas en avoir pour ton argent. Le Montfort le présente tel quel : "Autour de cette trame romanesque pleine d’histoires d’amour contrariées, les 26000 déboulonnent le mythe, questionnant toujours avec humour le sens du théâtre dans une adaptation audacieuse, percutante... voire surprenante." Le texte de Shakespeare, tu le connais, mais l'as-tu déjà vu dans cet état là ? Pas sûr. Ils sont 13 sur scène, la compagnie iconoclaste existe depuis 1994, et c'est la première fois qu'ils se frottent au répertoire classique. Miam.

> jusqu'au 6 août (sauf dim et lun), à 21h au théâtre Sylvia Montfort (Paris XVe)

 

Annonciation.jpg# L'Annonciation et Empty Moves par le Ballet Preljocaj

S'il y a bien un chorégraphe contemporain qu'on ne présente plus tant sa renommée est grande, c'est bien Angelin. Avec L'Annonciation, il parle d'une certaine forme de viol : alors même que Marie apprend qu'elle sera la mère de Dieu-sur-Terre, le processus de fécondation est en cours. Au moment où elle accepte sa mission, l'embryon est déjà là. Sans jamais avoir été ouvert, son corps pur connaît soudain les transformations de la grossesse. L'Ange et la Vierge, un dialogue chorégraphié de 20 minutes qui vaut son pesant de cahouettes. Dans Empty Moves, basé sur une musique de John Cage qui fit un poil scandale en 1977 parce qu'elle déclarait que la musique était abstraction pure, vide de sens, Preljocaj présente un quatuor de gestes sans autres buts que d'être des gestes, il développe une rhétorique du néant pourtant fournie en signifiants : la danse comme langage sans discours. Wow.

> L'Annonciation, les 21 et 22 juillet à l'Eglise St Eustache (Paris Ier), 19h.

> Empty Moves, les 22, 23 et 24 juillet dans la Cour d'Honneur des Invalides (Paris VIIe), 22h.

 

obstacle-trafic-styles-300x199.jpg# Obstacles par la compagnie Trafic de Styles / Sébastien Lefrançois

Sébastien Lefrançois fait partie de ces danseurs hip hop qui érigent leur discipline en art chorégraphique et qui n'hésitent pas à le mâtiner de tendances contemporaines : le résultat est présenté tous les ans à Suresnes Cité Danses, mais comme certains trouvent que "Suresnes ? C'est loin !", Lefrançois parcourt la banlieue et s'offre même la Cour d'Honneur des Invalides. Développant le thème de l'obstacle - et en banlieue, on sait ce que c'est, un obstacle - en s'appuyant sur un support (les barrières de sécurité), Lefrançois livre avec sa troupe un petit manifeste sur la contrainte et la liberté, sur l'imagnaire et le réel, sur l'instant concret et la projection infinie.

> 26-27-28-30 juillet et 2 août, à La Courneuve (26), Bercy Village (27), Nanterre (28), St Denis (30) et aux Invalides (2), 2 séances par jour.

 

396331_romeo_juliette_Miarritze_original_imagen.jpg# Roméo et Juliette par le Ballet de Biarritz de Thierry Malandain

Après le hip hop, faisons le grand écart, passons au classique. Parce que Malandain, il fait du classique ... et en fait, c'est pas vraiment du classique. Ni du contemporain. C'est le premier à la sauce du second. Ca, c'est la forme. Le fond, c'est, bien entendu, l'histoire d'amour et de mort la plus célèbre de l'histoire de l'Humanité : ils s'aiment, tout les en empêche, ils préfèrent se donner rendez-vous dans la mort. Funeste tragédie que Malandain surexpose, mettant en exergue son romantisme désespéré, la fatalité extatique, l'inexorable douleur des protagonistes ... dans une danse qui te traîne du tombeau à la lumière, s'envolant, retombant, flottant, tout ça tout ça. Ma-gni-fique, qu'on te dit. Le tout sur l'oratorio de Berlioz plutôt que sur le traditionnel Tchaikovsky.

> du 27 au 30 juillet, 22h, dans la Cour d'Honneur des Invalides.

 

GAT.jpg# Brilliant Corners par Emanuel Gat (et sa compagnie)

Gat est musicien, au départ. Il a donc appris à respirer avec les soupirs et les silences, et à accorder battements de coeur et métronome. Un rapport très physique, charnel, corporel à la musique qui l'a, au final, amené à composer avec ... le corps. Dans Brilliant Corners, Gat n'a pas recours à un univers musical, mais à des centaines, qu'il a lacérées en courts extraits, montés ensemble, qui se percutent, s'accordent et/ou se répondent. En découle donc une pièce dansée inédite, issue de l'intention naturelle du corps, comme si le spectacle était évident, comme si le geste s'imposait de lui-même, un truc plutôt magique induit par ce que le corps et l'esprit inconscient puisent dans la musique. Là, comme ça, tu te dis que tu ne vas rien comprendre ... mais au fond, l'essentiel, ce n'est pas comprendre, c'est ressentir.

> du 3 au 6 août, 22h dans la Cour d'Honneur des Invalides.

 

Le tout sous le regard l'objectif d'Agathe, la photographe attitrée du festival, dont les travaux invitent à la mise en abîme du festival autant qu'à la nostalgie de spectacles que l'on n'a (peut-être) même pas vus. Expo dans la cour d'honneur des Invalides, jusqu'au 9 août.

Voilà. Beaucoup de danse, c'est vrai, mais ce n'est que ma sélection. Tu peux retrouver toute la programmation ICI. Donc si t'es toujours pas content(e), fais gaffe, tu pourrais bien te prendre des coups ... de Martinet.

 

Pour réserver ta place, c'est là, sur le site de Paris Quartiers d'Eté.

Publié dans Danse

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