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REASSEMBLAGES
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Il l'a dit - Laurent Bon, la culture et la télé

Il l'a dit - Laurent Bon, la culture et la télé

Télépoubelle culturelle ?

A l'heure du règne de la société télévisée du divertissement, qui préfère s'amuser plutôt qu'apprendre, la culture a été reléguée au statut de bien de consommation, tout juste bonne à être promue pour être achetée, et non pas évoquée pour être expérimentée : la construction de soi passe plus par le rire que par la culture, au grand dam d'arte ou des émissions-culturelles-qui-passent-tard-le-soir.

A ce constat, le producteur Laurent Bon apporte une critique...et une contre-proposition :

"La culture, à la télé, c'est soit de la pure promo, soit un domaine d'initiés. Pourquoi, dès qu'on parle d'art, se retrouve-t-on sur un plateau avec un ton chichiteux et des lumières feutrées ? Avec Stupéfiant ! (sur France2, ndlr), nous disons que la culture est tellement présente dans nos vies qu'il faut la traiter comme n'importe quel sujet d'actualité. Notre premier reportage fut consacré à la couleur noire. Un choix radical. Ces enquêtes au croisement de l'esthétique et du business sont particulièrement difficiles à réaliser, car le milieu culturel n'a pas l'habitude des caméras, encore moins de l'investigation. Or, on pense vraiment que la culture peut sauver des vies, par ricochet que la télé qui parle de culture le peut aussi. Et je trouve intéressant de le faire avec Léa Salamé, qui défend à fond cette vision. Elle n'est pas une journaliste spécialisée, mais une bonne journaliste tout court. La culture n'a pas été abordée une seule fois pendant la primaire de la droite et du centre, c'est fou, quand même !"
                     (in Télérama du 14 décembre 2016)

Le renouvellement de ton d'une seule émission permettra-t-il d'arracher les masses au divertissement où leur esprit a préféré s'embourber ? Si nous lisions le monde en clivant la société entre cultivés et incultes, on pourrait le croire. Sauf qu'il ne s'agit pas de ne s'adresser qu'à ceux qui sont déjà cultivés - en vrai, si l'on descend de notre piédestal, "qu'à ceux qui s'intéressent déjà à la culture" - mais de trouver une façon d'évoquer la culture qui intéresse le plus grand nombre, et démystifie cette culture souffrant de son image qui la réserverait aux CSP+ et aux profs (spectacle vivant, expos, classique, littérature...). Ainsi, ce n'est pas une tâche relevant de la guéguerre élites/masses, mais une question de fédération des goûts culturels éclatés - une approche nouvelle de la façon de parler de la culture, à la mode si l'on considère le renouvellement désiré du discours politique ou économique. Passionnant, donc, et à suivre.
Politique, économie, culture : les trois branches du vivre ensemble ?