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REASSEMBLAGES
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La beauté du temps qui passe / Happy Hour à la Bastille

La beauté du temps qui passe / Happy Hour à la Bastille

Aging and restless.

De la même manière que nous reconnaissons les signes de l'état amoureux, l'amitié s'impose à nous de manière évidente à qui sait lire la vie. Les rires, les larmes, les grands évènements et les petites choses de la vie, le partage, l'écoute et la compréhension, la défiance et la confiance, mais surtout, surtout, la capacité de tout ça à résister au temps. Ne s'enorgueillit-on pas plus d'une amitié de plusieurs décades (trahissons notre âge) qui a subi les assauts de la réalité que d'une amitié toute fraîche, qui a encore tout à promettre ? Si.

S'il fallait en faire un spectacle, il ressemblerait sans aucun doute à Happy hour : une heure d'amitié déclinée sur un plateau par Alessandro Bernardeschi et Mauro Paccagnella, amis à la scène parce qu'à la ville.

A les voir, tous les deux, aborder l'enfance, le jeu, la danse, les aventures ensemble et les expériences personnelles, on ne peut s'empêcher de se projeter dans son propre sentiment amical, cet affect de confiance et de légèreté, et de constater la vérité de l'émotion, base de la recette de tout bon spectacle.
Happy hour déroule l'histoire des deux comparses en alignant des séquences thématiques, que les artistes présentent avec humour et simplicité, en adresse directe au public, alternant sketches et chorégraphie, avec une pointe de vidéo ici et là. De Concerto et sa métaphore de l'oeuvre, rock et classique, à Il combattimento où ils s'empoignent dans un spectacle qu'ils semblent monter depuis le début, en passant par des extraits de la télé des années 70 avec Raffaela Carra (Alessandro, Mauro e la revoluzione), un dancefloor ouvert au public (Place aux jeunes), ou un bijou de danse contact (Crise), le duo d'Italiens basé à Bruxelles brise le rapport du réel au spectacle en mettant en scène la vraie vie, à moins que ce ne soit la vraie vie qui soit un spectacle en soi. En résulte une heure de bonne camaraderie, qui semble n'avoir oublié aucune émotion, ni de rester dans le cadre du vrai, sans sel ajouté, sinon dans leurs cheveux poivrés, signe que le temps bonifie les bonnes choses.

Happy Hour
au Théâtre de la Bastille (Paris)
jusqu'au 27 janvier 2017
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(c) J. Van Belle

(c) J. Van Belle