Je sais que c'est bête.
Depuis que Maman est partie, mon corps tout entier hurle à l'absence, ma tête ne sait plus quoi faire ni penser. Une béance vertigineuse qui me rappelle à quel point notre relation était intense, constitutive. Un fils à sa maman. C'est bête tant c'est simple, mignon, ou puéril. Te chercher, sans cesse, dans le ciel... trouver l'amour.
Certaines chansons, certains films, des phrases de roman brillent différemment, comme pour mettre de l'or sur les fractures, pour dessiner ce vide avec de la lumière. A deux pas, l'ivresse, m'éloigner de l'obscurité.
Hier soir, par fidélité, par intuition, j'ai écouté Confession, la chanson que Mylène Farmer a chantée, en hommage à David Lynch durant la cérémonie d'ouverture du festival de Cannes. Des mots simples sur quelques notes faciles au piano. Le dépouillement de son hommage, je l'ai immédiatement adressé à ma mère.
Partout, partout, c'est fou, je te sens près de moi.
Partout, partout, dans tout, dans les méandres d'un long sommeil...
C'est bête, mais c'est comme ça.