Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

2 articles avec photo

Variations sur un même Gus van Sant.

Publié le par SaintLaz

Gus van Sant ?

Certains le connaissent comme un membre de la clique qui rend l'ennui fascinant par la contemplation, les autres ignorent tout de lui.

On a de la chance : la Cinémathèque est là pour tous.

L'idée.
Reconnu pour son travail cinématographique depuis plus de 20 ans, notamment primé à Cannes en 2003 avec Elephant, Gus van Sant est un homme d'image. Photo, peinture, vidéo et, évidemment, cinéma. Voilà donc ce que la Cinémathèque te propose, jusqu'à fin juillet. De quoi tenter de discerner avec précision les composantes de l'univers visuel - donc du regard - de l'artiste qui donna vie à Portland.
Et la maison de la rue de Bercy ne lésine pas sur les supports : dessins, carnets de tournage, photos anciennes et récentes, sur tous supports, extraits de films, de clips, d'entretiens, tableaux, affiches, triés par discipline, présentés sobrement, alignés sagement, dans une scénographie épurée, contemporaine. Vois un peu :

Spoiler de 50% de l'expo.

Spoiler de 50% de l'expo.

Débrief.
Je te disais "triés par discipline", il faut comprendre "pas d'analyse dans la présentation des éléments" : ils n'ont pas cherché de thèmes récurrents dans l'oeuvre de Gus, ni réfléchi à ses obsessions ou ses passions.
Et il faut voir : polaroïds sans effets, montages photo basiques, dessins maîtrisés mais pas mis en perspective,
Je te disais "
présentés sobrement, alignés sagement, dans une scénographie épurée, contemporaine", il faut comprendre "minimalisme extrême". Pas de réel sens de visite, pas d'univers recréé, pas de mise en abîme du regard de Gus sur le monde ou les gens.
C'est donc brouillon, ça ne met pas en exergue le talent de l'artiste, ça ne cherche même pas à l'inscrire dans une singularité qui rendrait son art exceptionnel, non, ça ne dit rien, ça ne nourrit aucune réflexion, ça n'apporte pas d'éclairage.

Pour aimer Gus van Sant, autant s'en tenir aux films, donc. La première salle est une salle obscure, avec quelques installations design en guise de fauteuils sou sla clim glacée, pour admirer des extraits astucieusement choisis, comme s'ils racontaient une seule histoire, de Mala Noche à Elephant, en passant par My own private Idaho et Gerry : retour sur quelques unes des meilleures scènes du génie de Portland.
Quelques merveilles, ici et là, pour ravir tes yeux de spectateur et alimenter ta réflexion sur les objets filmiques du monsieur : storyboards, photos de tournage, interviews... et un petit sourire quand tu découvres qu'il a réalisé un clip pour les Hanson - ce qui n'a rien d'étonnant, quand tu y réfléchis bien : le groupe avait exactement l'attitude que ce bon Gus travaillait dans ses films.

THE pépite.

THE pépite.

Publié dans Expo, Photo

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Tous différents, tous les mêmes.

Publié le par SaintLaz

Capilliculture

L'homme glabre à la Brad Pitt dans les années 90 est mort : le poil a gagné. A la fois affirmation de la virilité et objet design, la barbe est passée d'étendard de l'homme nouveau à banalité absolue. Pourquoi ? Parce qu'elle est aussi un correcteur naturel de visages : avec elle, finis les mentons trop longs, les peaux marquées, les visages dénués de charmes. Son adoption massive était donc inévitable.

La barbe, c'est l'objet de la série photo d'Olivier Vinot intitulée Festina lente ("hâtez-vous lentement").
Parti de l'envie de réaliser une série de portraits bruts, non retouchés, comme un coup de gueule contre le tout Photoshop, parce que "l’individu dépourvu d’artifice peut être beau, à condition de s’y attarder quelque peu." (dit-il). Son premier modèle est un barbu. La barbe, ses représentations, ses clichés : il n'en fallait pas plus pour que Vinot parte en guerre contre les idées reçues, à la conquête des hommes bruts et de leur barbe à eux.

 

Le résultat est tout d'abord fascinant. Regards directs, expressions gommées, comme une plongée dans la vérité nue de tous ces hommes. Pas d'artifices, pas d'airs empruntés.
Comme pour toute chose, la masse détruit la singularité. Posés côte à côte, alignés sur les mêmes éléments (les yeux ? la base du nez ?), regardés à la dérobée, sur un écran où ils défilent les uns après les autres, les disparités se gomment, l'humanité disparaît un peu : ils semblent tels des portraits-robots dessinés par ordinateurs ; changez un peu la barbe, éloignez un peu les yeux, non, le sourcil plus fourni, le nez plus long, la bouche plus forte... Des hommes comme si on pouvait choisir celui que l'on veut, sur catalogue. Des hommes différents, mais anonymes, sans histoires, comme des inconnus que l'on croise dans la rue sans s'en rappeler.

Publié dans Photo, Tendance

Partager cet article

Repost 0

commentaires