Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

82 articles avec danse

Guide du festival d'Avignon... sans y aller.

Publié le par SaintLaz

Loin des yeux...
Comme 99% des Français, tu n'iras pas au festival d'Avignon, cette année encore. En fait, tu n'y songes même pas, c'est à peine si tu réalises que cela commence demain, 6 juillet 2017. Et pour cause : Avignon, c'est loin. Ou c'est cher. Ou c'est pour les intellos. Ou il y a trop de monde. Les excuses ne manquent pas... et pour autant, à l'idée que tu n'iras pas, tu es déjà un peu tiraillé-e par la fomo (fear of missing out - peur de manquer quelque chose).

Penses donc : le monde entier vient à Avignon. Sur scène, ça parlera vietnamien, russe, portugais, géorgien, japonais, français... Des créations qui ne seront jouées qu'à Avignon, parce qu'injouables ailleurs, des stars du théâtre public, des vedettes du ciné revenues au théâtre, et des soirées sublimes dans des lieux d'exception - et il n'y a pas que l'austère pour du Palais des Papes.

Originellement festival de théâtre, Avignon est devenu pluridisciplinaire, si bien que sur les 50 spectacles de la sélection officielle de cette édition 2017, près de 25% sont des chorégraphies, et l'on trouvera également du clown, du nouveau cirque, de la marionnette... et des expos, du cinéma, des conférences, des rencontres... un vaste fourre-tout culturel. Vois un peu :

ALORS
Comment profiter du festival en restant dans ton canapé ?

# Internet
> La webTV du festival Bande-annonces, extraits, interviews : le festival donne lui-même de quoi regretter de ne pas s'être ruiné-e pour assister aux merveilles des merveilles en alignant sur une jolie webTV le catalogue vidéo de la sélection officielle.
> Culturebox Articles, chroniques, interviews, vidéos : le gratin de la critique et du journalisme culturel renouvelé s'exposera sur la page dédiée au festival.
> Théâtre-Contemporain.net Ton partenaire du festival pour tout ce qui est textes, débats, photos, points presse, etc. A voir ici.
> Médiapart Indépendant et investi, Médiapart s'associe au Crieur pour une série de conférences où la dystopie dispute au constat éclairé pour envisager l'avenir. Pour toi, ce sera sur cette page.

# Radio
Deux émissions sont particulièrement à suivre :
> sur RFI : l'émission Ca va ça va le monde diffusera, du 15 au 20 juillet à 11h, des lectures de pièces théâtrales écrites par de jeunes auteurs africains données dans le jardin de la rue de Mons à Avignon. L'occasion de s'ouvrir au monde.
> sur France Culture, toujours : La grande table d'été, du 10 au 14 juillet à 12h55, la joue magazine culturel, en direct depuis Avignon.
De plus, sur France Culture toujours, tu pourras découvrir 7 fictions originales, en direct à 20h du 9 au 18 juillet (sauf le 12, à 12h), (également disponibles sur le site de la station, avec celles de 2016). A ne pas louper, aussi, sur France Cu' encore, le 15 juillet, à 20h, les Voix d'auteurs, qui te dessineront un panorama des jeunes auteurs d'aujourd'hui.
Plus ponctuellement, tu pourras compter sur les différentes stations de Radio France (France Inter surtout, avec Le Masque et la Plume et Le mag de l'été), mais aussi de Radio Campus.

# Télé
France 2 et arte sont les partenaires privilégiés du festival. Si les chaînes attendent le lancement pour étaler leurs contenus, je t'invite à surveiller particulièrement Culturebox (nourri par France 2) et la page dédiée d'arte, qui devrait distiller dans ses journaux et émissions quelques références et bonnes choses à savoir sur le plus grand festival de théâtre du monde (avec Edimbourg). A suivre donc.

# Presse
Moins réactif, plus poussé : le papier est encore un bon moyen de faire le tour de la question. De Paris Match à Télérama, de Théâtral à Ballroom, du Monde au Figaro, Libé ou l'Huma, La Croix ou 20 minutes, le festival sera partout, en plus ou moins bonne place selon l'actualité et la hauteur du scandale. A toi de voir.

Une petite pensée...
... aux chargés de diffusion des spectacles du Off. Record : 1480 spectacles prévus, presque quotidiennement, dans le brouhaha et la non-visibilité la plus totale. Et le chargé de diffusion - le VRP des spectacles - qui cherchera l'attention des professionnels, qui de tout voir n'auront ni le temps, ni la capacité, ni l'envie. Soutine.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Demain - Yoann Hourcade et Sandra Français

Publié le par SaintLaz

Danser, demain.
La conscience politique ne s'exprime pas que dans les urnes, à l'occasion de brefs débats menés à des fins électoralistes. Le mouvement Nuit Debout se faisait symbole, un temps, de ce besoin de pensée et d'expression collective, loin de l'entonnoir médiatique et de l'étroitesse de la pensée des partis. Le questionnement qui nous taraude (l'humain, aujourd'hui, demain, le monde) habite depuis toujours le spectacle vivant, qui se fait le meilleur écho de nos vérités et de réponses, quotidiennes ou éternelles, individuelles ou universelles, pour les évoquer autant que pour les proposer.
La danse ne parle pas, mais elle évoque beaucoup, elle se passe de commentaire. Micadanses accueillait ce 23 mai le Chantier Mobile #2 proposé par les Journées Danse Dense, spécialistes de l'émergence chorégraphique - c'est à dire engagés à porter haut la voix de jeunes créateurs investis. Chantier Mobile propose un regard sur des créations en cours, un exercice de haut vol pour les auteurs et leurs interprètes, puisqu'ils livrent au public un pièce non achevée, non peaufinée, un travail encore fragile parce que non définitif, encore plein de ratures et de doutes. Parmi les quatre propositions de ce #2, j'en retiens deux, tu vas savoir pourquoi.

# Yoann Hourcade, téléologie pacifique
Tombé un jour sur l'œuvre de Terry Riley - compositeur minimaliste américain qui révolutionna l'approche de la musique par la répétition de boucles à durée variable (voir ici) - Hourcade s'inscrit dans le courant du dialogue danse/musique en s'attaquant à illustrer la pièce A rainbow in curved air de Riley. A la musique, alternant boucles écrites et choix improvisés des boucles par les musiciens, Riley a ajouté un texte  "décrivant une utopie à la naïveté subversive, où il est question d'un monde harmonieux, affranchi de toute violence.". Dans Supernova, Hourcade écoute la musique et transforme le texte en geste, voulant créer sous nos yeux un monde jeune à la paix joyeuse.

Sur le son électro façon jeux vidéos puis imbibé d'orgue aux mélodies très 70's de la partition de Riley, Hourcade inscrit au plateau autant une harmonie graphique de l'espace qu'une plénitude gestuelle des astres qui habitent cet espace.
D'un côté, la triade toujours unie par l'énergie, à l'unisson, en canon ou en contrepoint dans ces gestes nets, tranchant l'espace - leur communion rythmique et gestuelle écrivant la relation entre eux, dans cet espace immuable, qui semble ne jamais s'agrandir, ne jamais rétrécir, élastique et solide à la fois. De l'autre, une force tranquille, qui met en perspective l'énergie de la triade, un point lent, posé, intense, qui soudain s'affole, créant son propre satellite d'un simple bras. Car oui : on lit dans ces danseurs un peu d'étoiles, de planètes, de galaxies, dans une danse vive et légère qui rappelle celle des comédies musicales des années 60 - décennie de la naïveté.
Alors pourquoi Supernova comptera-t-il ? Pour cette question de l'utopie naïve, ce besoin de légèreté cosmique, qui ressemble parfois à notre envie de déconnecter d'un monde grave aux mains d'irresponsables, de tous ces problèmes insolubles, de la laideur crasse des gens.

# Sandra Français, glaçante perspective
A l'autre bout de l'échiquier, il y a le sérieux, la gravité, la sacralité. Tu as entendu parler d'Onkalo, ce projet de stockage des déchets nucléaires finlandais consistant à creuser une cuve censée résister 100 000 ans ? Michael Madsen en avait fait un film en 2010, Into eternity. La jeune Sandra Français s'empare à son tour du fascinant et épineux problème, avec je te le disais une vraie gravité. Elle nous propose une histoire en deux temps : celle d'un gardien, aujourd'hui, du sanctuaire nucléaire à venir, et celle d'un homme qui, dans 100 000 ans, retrouvera l'histoire d'Onkalo. Environnement, futurisme, conscience écologique, responsabilité, autour du drame de l'empreinte humaine : on ne rigole pas...mais l'on vibre.

Dans une ambiance froide, au son fait de bruits industriels, sourds, une ambiance électro, électrique, Français impose un ton dur, presque inhumain, par le costume sombre, le geste net, vif, cassant l'air, à la limite du lock et du popping, les pieds ancrés au sol, comme cette cuve de béton, là inéluctablement, à tout jamais - ou presque. Et notre gardien menace, convoque le ciel éternel et la terre intense, fend et caresse, emporte et donne, se désagrège peu à peu, pour mourir dans un flash, pour passer le témoin, laisser un message.
Ce message est gestuel, et dans la danse de Français, il se simplifie, se fige, se saccade et demande : l'homme se déconstruit peu à peu, la nature, elle, poursuivra-t-elle ? A sa danse graphique qui touche à une vision familière du futurisme un peu pessimiste, la chorégraphe ajoutera une scénographie monumentale faite d'une immense structure faites de tubes, de lignes, dont l'éclairage changeant métaphorisera le temps qui passe (et 100 000 ans, c'est long !).
Pourquoi Onkalo sera-t-il important ? Parce qu'il viendra questionner en nous la question du temps et de notre responsabilité, en ces temps d'environnementalisme croissant ; et le tout, enluminé d'un court-métrage, Looking for Onkalo, qui permettra d'étendre le message de la pièce au delà des théâtres.

Publié dans Danse, Paris

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Le 29 avril ne sera plus ordinaire.

Publié le par SaintLaz

SHAKE IT OFF.
Tu le savais, toi, que le 29 avril est la journée internationale de la Danse ? Non ? Et bien si. Le Comité International de la Danse (CID, membre de l'UNESCO) a choisi cette date en 1982 (la même année que la première Fête de la Musique) en référence à Jean-Georges Noverre, inventeur du ballet moderne, né le 29 avril... 1727.

Contrairement à la fête de la musique, la fête de la Danse n'a jamais pris. Elle ne bénéficie d'aucun soutien national - le Ministère ne l'a jamais prise en charge - et les initiatives locales, pourtant nombreuses, sont peu relayées. Certaines structures se font même leur petite fête dans leur coin, sans respecter la date officielle. La plus ambitieuse récemment était à Paris sous la houlette de Blanca Li, et a duré 3 jours en septembre 2011, jamais reconduite depuis. De même, l'ambitieuse Fête de la Danse suisse est une initiative individuelle, et  a lieu sur 3 jours en mai (édition 2017).
Pourtant la danse est le premier des arts : avant même d'apprendre à faire de la musique en créant un rythme en tapant sur des bambous (et c'était n°1), l'Homme a dansé pour se galvaniser. Restée incontournable de toute fête, la danse est à la fois preuve de bonne santé et matière à séduction, mais aussi symbole de maîtrise de soi et support d'expression. Quelle que soit sa forme, du madison de fin de soirée au hip hop des places publiques en passant par le ballet classique ou le feutré des cabarets, la danse est un moment de plaisir, comme nous le montrait avec humour la mondalisée Taylor Swift.

Une fête de la Danse qui serait comme une fête de la musique : un lieu où chacun, même amateur médiocre, pourrait danser un peu partout dans la ville ? C'est possible. Ouvrir les places, les halls, les salles de danse, proposer des cours collectifs publics, des spectacles, des flashmobs, des pièces amateurs ? Oui, c'est envisageable. Donner envie aux gens de sortir du confort et de vaincre la fatigue (ou l'inhabitude) physique ? Voilà où cela va pécher.

Car peu de gens aiment danser en public. En soirée, en club, en famille ou entre amis, on s'y risque, c'est vrai. Mais au delà ? Si Danse avec les stars a redonné ses lettres de noblesse à la danse de salon, qui n'avait eu comme grand promoteur récent pour la sortir de sa ringardise relative que le génial Murder on the dancefloor (et encore, ça ne danse pas tant que ça).
Le clip vidéo est aujourd'hui le principal mode de consommation de la danse, et les artistes s'en donnent à cœur joie pour créer des chorégraphies à reprendre, de la Macarena à Single ladies ; mais aussi pour créer de vraies pépites dansées écrites par un-e chorégraphe, de la danse sur le lit de Shakira (Did it again) à la danse sur l'eau de Loic Nottet (Million eyes), de l'épure de Christine and the Queens (Saint Claude) à la complexité de Sia (Cheap Thrills), (et je ne prends là que de récents exemples. L'exercice de style charme, évidemment, mais il met aussi la pression : l'excuse principale des gens pour ne pas se lancer sur le dancefloor (dans le noir) ou simplement en public est qu'ils ne savent pas danser.
Comme si, pour faire la fête, il fallait avoir la technique de Pietragalla. Allons, lancez-vous : le prochain 29 avril, dansez !

Publié dans Danse, Tendance, Fête

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Savoureuses déclinaisons (de la Navarre)

Publié le par SaintLaz

- Vous êtes une déesse.

L'esprit fécond s'habitue aux formatages mais crée le changement par la variation, le out of the box, le jeu - avec les mots, les éléments, les sens, les formes... C'est comme couper le son des Feux de l'amour pour réinventer les dialogues en direct, ou découper les gros titres des journaux pour refaire la frise du salon. L'oeuvre seconde. La réécriture.

C'est justement le procédé dont les petits camarades Claire Laureau et Nicolas Chaigneau se sont emparés pour créer leurs Déclinaisons de la Navarre.
"A l’origine, nous voulions travailler à partir d’une grande scène de cinéma pour laquelle nous n’aurions pas été embauché, pour cause notamment de «physique diffèrent». C’est en recherchant sur YouTube un extrait de La reine Margot de Patrice Chéreau que nous sommes tombés sur ce téléfilm (Henry of Navarre, de Jo Baier), et cette scène de rencontre entre Henri et la future reine. Nous avons immédiatement perçu son potentiel comique."

Son qui saute, extraterrestres, bruitages refaits, vu par un tiers, grimaces, poules, danse contemporaine, film d'horreur... Les modes de variation sont pléthore, et les deux olibrius ne manquent pas d'imagination ni de disciplines pour rebooter encore et encore leur saynète : théâtre, danse, mime, et cette musicalité du mouvement qui donne souplesse et virtuosité, même dans le comique. Ah oui.

Parce que... c'est DRÔLE.
Mieux : c'est drôlement malin. Malignement drôle. Outre la fraîcheur des interprètes, il y a l'intelligence du propos, et les rires se déclenchent avec d'autant plus de plaisir qu'ils viennent aussi de l'intellect. Tu ne te sens pas flatté dans le sens de la communauté, comme l'humour s'y restreint, non : tu te sens dans un environnement de références connues, dans le délire de la télé, du détournement, du réel, du personnel, de l'entre-nous, mais pas de l'excluant. Chaque phrase, chaque situation se réinvente : c'est brillant.

LA pièce de l'année, so far.

Donnez-moi votre main.

Donnez-moi votre main.

Publié dans Danse, Théâtre

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Le mot et le geste (Concordanse)

Publié le par SaintLaz

Conciliation

La transdisciplinarité des artistes n'est pas une nouveauté : Michel Ange était peintre, sculpteur, architecte, poète, urbaniste... mais le talent étant le dénominateur commun nécessaire à l'acceptation de la porosité des carrières artistiques, on pardonnera plus facilement à JoeyStarr de passer des studios aux planches qu'à Kev Adams d'être passé de l'humour au cinéma.
Les danseurs ont souvent le complexe du verbe. Parler de danse oui ; raconter leur histoire par les mots, plus compliqué. Et les auteurs, planqués derrière leur ordinateur, pourrait-on leur faire raconter une histoire par le geste ?
Par le dispositif Concordanse créé en 2007, les deux populations sont invitées, sans se connaître, à dialoguer. Et à produire une courte pièce, qui trahisse leur relation. De Marie Desplechins à Lionel Hoche, de Mathieu Riboulet à Béatrice Massin, les grands noms des lettres et des gestes de France se sont mêlés en studio et au plateau, pour des résultats aussi variés que les personnalités qui les insufflent.

Cette saison (11e édition), je retiendrai surtout l'excellente proposition du duo Pierre Ducrozet - à la bio très X gen - + Maud Le Pladec - à la bio très working girl. En savoir plus.

Surfer sur les corps comme sur les mots.

Surfer sur les corps comme sur les mots.

"Je suis un danseur du samedi soir. Pire : du dimanche matin."
C'est lui qui initie le mouvement. Petit, répétitif, gagné par une petite rythmique. Elle le suit. Ils parlent. Se racontent, leur rapport au corps, au geste, au mot. Il se sent esprit, mal connecté au réel par un corps qu'il ne comprend pas bien. Elle se rappelle de tous les mots qui ont influencé sa danse : les parents, les professeurs, les chorégraphes. L'un à côté de l'autre, dans un parallélisme, puis une opposition, une compétition. Ensemble, ils s'invectivent, se saississent, jouent, dansent. Et ça marche.

Et c'est beau.
Ca donne envie de lire. Et de danser.

Publié dans Littérature, Danse

Partager cet article

Repost 0

commentaires

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>