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211 articles avec cine

Mathieu Spinosi, le faux bon garçon.

Publié le par SaintLaz

Epreuve du feu
Pour évoluer, il faut savoir saisir le jour (carpe diem), saisir l'opportunité (le kairos). Prenons le cas de l'acteur. Après une formation, en école ou sur le tas, un premier vrai rôle est toujours essentiel, autant que tous les suivants : le premier parce qu'il fera sortir de l'ombre, les suivants parce qu'ils cisèlent la lumière dans laquelle il baignera après.
Dans ce domaine, il est toujours intéressant de suivre l'évolution d'une carrière - ou comment, une fois passé à la lumière, tu dessines la suite. Prenons l'exemple d'un petit Frenchie qui connaît un retour de hype : Mathieu Spinosi.

Il a trouvé un filon pour faire ses premières armes - Clem (2010-14), la série pour ados de TF1 - dont il a bien fallu s'extraire pour ne pas tomber dans le syndrome Feux de l'Amour (a.k.a. "un truc qui me colle à la peau"), un exercice dont se sont bien sortis Emma Watson ou Kristen Stewart, par exemple. Sitôt sorti de sa cage dorée, il éclaire l'écran de sa charmante blondeur dans Les souvenirs (2014) de Jean-Paul Rouve, avant de s'égarer dans Les Visiteurs : la Révolution (2016), puis de jouer de sa belle ambigüité dans Guyane (2017-), la série pour adultes de Canal+.

Avant.

Avant.

Après.

Après.

Alors oui, prendre de l'âge permet de prendre des risques - c'est non seulement salutaire, mais nécessaire si l'on veut gagner en respectabilité, dans ce milieu. Les garçons ont d'ailleurs plus d'opportunités que les filles, même si le gap se réduit ; le cinéma français étant de plus en plus gourmand en talents d'acteurs éclatants, hélàs souvent mal servis par des réalisateurs qui, eux, peinent à en montrer l'ampleur.
Mathieu Spinosi entre donc, grâce à Guyane, dans la cour des sex symbols à la française : charmants, mais dangereux. Un condensé de virilité d'apparence fragile, mais retorse, qui renvoie les stéréotypes au placard et les midinettes à leur rediff de Gossip girl. Alors, Spinosi suit-il un chemin à la Jérémie Rénier (le jeune premier qui gagne), ou à la Guillaume Canet (l'éternel jeune premier) ?
C'est que Guyane est exigeant : un milieu minier gangréné par la mafia, très masculin, dans un décor sauvage (et dangereux), où Spinosi campe le gentil Parisien qui va devoir s'adapter ou y rester - une métaphore de sa carrière, en somme : être un bonhomme, ou disparaître. Et gommer ses réflexes de gamin qui ne sort pas de son cocon, c'est un enjeu. Que Spinosi, dans la série de Canal, réussit plutôt bien (de ce que j'en ai vu, i.e. les deux premiers épisodes). Une sorte de western dans lequel le petit blond bascule, non sans mal, mais avec la rudesse qu'il faut pour tenir le rôle. Spinosi, donc, le faux bon garçon, dans un rôle qui modèle une carrière.

On s'y intéressera, mais on restera circonspects. On nous l'a déjà fait, le coup de la floraison prometteuse qui s'étiole un peu. Moi, j'avais misé beaucoup sur Johan Libéreau, impressionnant dans les excellents Douches froides (2005) et Les témoins (2007), puis, malgré Belle épine (2010) ou Cosmos (2015), éternel habitué du cinéma français de second ordre.

Publié dans Série, Ciné

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Des Femmes, de l'Orient et du Cinéma

Publié le par SaintLaz

Action ! (Vérité)

n.b. : N'étant spécialiste d'aucun de ces trois sujets, mais y portant un intérêt non négligeable par goût pour les causes nobles, ce post sera évidemment la quintessence de la Vérité.

Maniant avec virtuosité la frontière entre la fiction et la vérité, et la vie ayant souvent plus d'imagination que nous (comme le disait à peu près Truffaut), le cinéma questionne plus qu'il ne répond, et peut devenir source de vérités autant que de leurs distorsions. Ainsi, tous ces films venus d'ailleurs ont ils une part de vérité quant à leur sujet, sa représentation ou son approche - et tous transforment notre perception de la Vérité, fut-elle multiple, partisane et pleine de clichés. C'est tout l'intérêt du cinéma : il redessine notre approche du monde dans ce qu'il est, et dans ce qu'il pourrait être.

Toi et moi, nous partons avec nos représentations, nos histoires. En voici trois.

# Episode 1 : Portraits palestiniens

L'histoire Trois filles, colocataires palestiniennes à Tel Aviv. Nour, l'étudiante en informatique particulièrement pieuse, Leila, l'avocate portée sur l'émancipation, et Salma, la DJ qui tente de vivre son homosexualité. Chacune dans son relation à l'amour, à l'aimé, au couple tel qu'il est défini par les traditions variables. Le sujet est passionnant (ah ! l'amour...) et le traitement, fin et rythmé : le film ne fait pas dans le sensationnel, mais dans l'émotionnel. Brillant.
Le fond La femme face à l'homme et la société ? On sait la région partagée entre Orient et Occident, tradition et modernité, conservatisme et progressisme, soumission et liberté, communauté(s) et individualité(s) - avec compositions en mosaïque, un imbroglio qui empêche toute généralisation, qui oblige à toutes les précautions oratoires (comme tu l'auras remarqué). Il y a un point commun entre ces trois femmes : leur volonté de vivre leurs idéaux en s'accomodant de la pression sociale. Rien ne leur est épargné, dans un Tel Aviv qui offre toutes les possibilités (sorte de "terrain neutre où tout s'exprime simultanément) : la radicalité et le compromis, c'est juste une question d'équilibre - et leurs expériences nous montre que l'équilibre et toujours précaire, tant la menace (ce qui va à l'encontre de leur idéal) mord toujours. Je te l'ai dit : Brillant.
La forme Trois actrices au jeu tout en finesse, pour un trio qui ne se serre pas forcément les coudes, mais qui fait preuve d'une solidarité féminine comme innée. Superbe sélection. Autre point fort : la musique, entre électro et chanson traditionnelle, jubilatoire (voir le court article de Nova sur le sujet).
Donc Premier film de la Palestinienne Maysaloun Hamoud, Bar Bahar (Je danserai si je veux) mérite toutes les éloges.

# Episode 2 : Monographie géorgienne

L'histoire Dans une famille comme il en existe partout (mais nous sommes ici en Géorgie, dans le Caucase, à Tbilissi, une ville grosse comme Lyon), Manana, la mère de famille, part. Pourquoi ? On ne le saura jamais. Juste, elle part. Elle quitte parents, mari et enfants pour s'installer seule dans un appartement. Quête de liberté ? D'intériorité ? De silence ? Peut-être. Mais dans une société qui fait du noyau familial le centre de la société, un tel départ n'est ni compris, ni franchement toléré. Alors, comment peut-on partir, comme ça ?
Le fond Variation sur dépendance et indépendance, mais aussi sur la liberté des femmes. Sans veulerie aucune, le regard posé sur Manana, qu'il soit masculin ou féminin, est aussi acerbe que bienveillant. Si personne ne comprend, personne ne s'y oppose non plus par la force : la femme est respectée, et si tout le monde cherche à la dissuader, elle peut tenir bon. L'exercice de style est fascinant par ses louvoiements, ses révélations, les mécaniques sociales qu'il révèle.
La forme est réaliste, ample, laisse place à l'expression de tous les personnages, mais se centre sur elle. On est omniscient de ce qu'elle vit et ressent - à l'inverse de son entourage - mais on ignore ses raisons. Le mystère reste entier, mais plus on avance, plus on savoure son acte. Comme elle, au fond.
Donc ce second film de la Géorgienne Nana Ekvtimishvili (à tes souhaits) mérite qu'on s'y prélasse, qu'on y lise un monde qui pourrait encore être celui de nos provinces, et questionner ce qui nous anime, et ce qu'on nous laisse en faire, selon notre sexe.

# Episode 3 : Drame iranien

L'histoire Un couple emménage dans un appartement auparavant occupé par une prostituée. Un jour, un quiproquo, une porte restée ouverte, une intrusion, une agression : un couple dans le drame - elle, marquée dans son corps, lui, horrifié de ce qu'il n'a pu empêcher. Le tout, dans le milieu artistique, intellectuel, policé d'un Iran conservateur où l'homme et la femme ont des places immuables et des postures balisées.
Le fond est un piège remarquable : impossible pour elle de traduire elle-même le coupable en justice, impossible d'en parler sans se déshonorer, impossible pour lui de punir le coupable sans passer par la justice, impossible de sauver son couple sans punir le coupable, bref, nous voilà face à une violence qui perturbe, qui bloque, qui pourrait gronder douloureusement comme un non-dit, qui tremble partout dans cet appartement, dans les corps sanctuaires de ce couple qui ne peut passer à autre chose, physiquement et moralement, sans que quelque chose se passe.
La forme Entre thriller social et intime et revanche vénéneuse, Le Client devient féministe, une quête en forme de tragédie, à la narration théâtrale sans tomber dans l'excès de théâtralité. Le jeu d'ombre et de lumière, l'alternance de plans serrés intimes et de plans plus larges à la composition symbolique (comme celui, saisissant, du dîner qui tourne mal), le tissu, l'objet, le mur, et ce huis clos fantastique dans un appartement qui s'effondre, AAAHHH plaisir de la métaphore.
Donc Le Client, septième long métrage de l'Iranien Asghar Farhadi, est à voir, pour la beauté des deux rôles principaux, mais aussi pour la narration - et pour les questions qu'il pose sur la Femme en Iran, évidemment.

# Epilogue : Itinéraires croisés
Outre le "il n'existe pas un statut de la Femme, mais plusieurs ; il n'y a pas une vie de femme, mais des vies de femmes", ces quelques approches de la Femme en Orient nous parlent de quotidiens faits de combats, pour soi, pour ce que l'on sent comme nécessaire - surtout à nos yeux d'Occidentaux. Nous n'avons toujours aucun moyen de généraliser, mais nous avons de quoi penser, imaginer, et peut-être nous battre.

Trois histoires donc, pour changer la notre, même qu'un peu.

Publié dans Ciné, La vie

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Mens sana in corpore sano (Ghost in the shell)

Publié le par SaintLaz

Corps surnaturé

De notre peur téléologique de la mort émanent ses composantes, l'inquiétude du déclin, de l'affaiblissement physique, du dépérissement du corps. Si les conséquences dans la réalité sont moches (chirurgie esthétique, jeunisme), la science fiction s'en est toujours fait un meilleur écho : corps-machine, technologies de préservation ou accès à l'éternité par la chimie. L'idée d'un esprit imparfait (parce qu'humain : faillible, sensible, paradoxal, etc.) dans un corps parfait, ne cesse de chercher à rassurer nos peurs primitives.

Dans le genre, le manga Ghost in the shell (1989) est devenu un chef d'oeuvre. Son auteur, le Japonais Masamune Shirow, se plaît à créer des univers cyberpunk - cyber pour l'inexorabilité du traitement, punk pour les ressors narratifs. Dans un futur lointain, la médecine parvient à corriger le corps en améliorant les capacités des organes par l'ajout de composants robotiques. Poussant plus loin la recherche (pour la guerre, comme toujours), il testent la transplantation d'un cerveau humain dans un corps intégralement fabriqué, mêlant robot et chair humaine. Humain dans l'approche de la vie, redevable à ses créateurs présentés comme des sauveurs en quête de toujours plus de justice, notre humanoïde (Mira, dite Major) enquête sur l'assassinat d'une des têtes pensantes du programme qui l'a vue naître. Collègues, médecins, chefs : on suit l'entourage de notre robot dans ce thriller qui inscrit le passé et la réalité comme des sources de doute perpétuel, dans un monde où tout est amélioré artificiellement (hologrammes, écrans, pixels,...).

Succès papier étant toujours synonyme d'adaptation ciné, Ghost in the Shell s'est vu porté à l'écran par Mamoshu Oshii en 1995 dans un anime qui a étendu la bonne réputation de l'objet : ça donnait ça. Et puis, parce qu'Hollywood ne supporte pas de ne pas être à l'origine d'un succès, Steven Spielberg en rachète les droits, et la Paramount confie au Britannique Rupert Sanders (qui n'a commis qu'un seul film : Blanche-Neige et le Chasseur, c'est dire l'insensé de la démarche) la réalisation du film en prise de vue réelle, actuellement sur vos écrans...

Le point positif L'environnement visuel, mêlant gigantisme sans âme des tours de béton ou de verre (selon la richesse du coin), habillage animé (écrans, hologrammes, donc), et cybernétique, qu'il s'agisse de représentation par ordinateur ou de perception bionique. Porté par 4 directeurs artistiques (Richard L. Johnson, Matt Austin, Simon Bright et Miro Harre, si tu tiens à les connaître) et un directeur de la photo spécialiste de sa question (Jess Hall), l'univers visuel de Ghost in the shell est nécessairement calqué sur celui de Shirow, mais donner une réalité crédible à un dessin étant souvent œuvre d'orfèvre, saluons le travail.

Le point négatif Les clichés du genre, qui transparaissent ici et là. Un exemple : la difficulté d'unir l'humain et le robotique sans que des tics de l'un ou de l'autre ne ressortent. La démarche parfois très mécanique de Major devient comique quand on voit la souplesse de ses scènes de combat...
Et je ne citerai pas la controverse de whitewashing - qui fait que les deux seuls humains-robotisés sont blancs, expliquant que cette boîte qui crée un humain au top de ses capacités est forcément...blanc.

Outre l'angoisse que suscite l'ambiance générale du film - par la violence, qu'il s'agisse de celle d'un environnement aseptisé et dangereux, de celle d'un corps qui n'existe plus, ou de celle des combats et des armes -, le public est amené à soutenir le personnage de Major, aussi frondeuse que loyale, empreinte d'un besoin de vérité qui nous contraint à rejoindre sa cause.

Côté casting, on rigolera un peu avec cette Scarlett Johansson qui, si elle a été choisie pour son côté bonnasse badass, assure le job avec ce petit air sérieux qui en fait trop. Autour d'elle, le joli Pilou Asbæk (dont je t'ai parlé ici) joue Batou, le fidèle collègue surdimensionné, Michael Pitt (Last Days, Funny Games US, Boardwalk Empire) est Kuse, le pirate informatique qui retourne l'histoire, Takeshi Kitano (meilleur réalisateur qu'acteur) joue le chef de brigade (et père de substitution), Juliette Binoche (oui oui) joue Ouelet, le médecin manipulé (et mère de substitution), Peter Ferdinando (éternel second rôle) joue Cutter, le chef du chef de Major, qui n'est peut-être pas qui l'on croit...

Alors ? A voir si tu as déjà vu tous les autres films potentiellement bien de ta salle de ciné favorite. Ou si tu aimes les univers futuristes un peu cinglés.

 

Mens sana in corpore sano (Ghost in the shell)

Publié dans Ciné, Littérature

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Miss Sloane, l'art de réussir sa sortie

Publié le par SaintLaz

Mat(e).

L'Amérique du complotisme, de l'irrévérence et du politiquement incorrect est parvenue à ses fins : prendre le bureau ovale. Persuadés que les précédents establishments leur mentait, le bon peuple américain s'est emparé du bulletin de vote pour dégager la vieille classe politicarde, qui dit sans dire, qui promet sans tenir, qui présente bien mais a les mains sales - selon ses détracteurs - pour contrer la logique d'appareil et mettre du frais, de l'impertinent et même du provocateur. L'Amérique s'est levée pour pisser sur la table en guise de protestation.

Hollywood est peut-être responsable de ce geste de panique : depuis l'assassinat de Kennedy (et celui de Marilyn ?), la traitrise politique, la machination, le complot, l'abus de pouvoir et l'électoralisme font de superbes sujets de polémique, de tragédie, d'évènements internationaux. Et, soyons honnêtes, de JFK à Money Monster, des Hommes du président à J. Edgar, en passant par Fahrenheit 9/11 ou Thank you for smoking, la vision du pouvoir, de l'argent, et de comment on défend des intérêts consistant à accaparer toujours plus, égratigne, par sa relative proximité avec la réalité, l'image des hommes et femmes qui s'en réclament.

Dans cet océan de malhonnêteté décrié et/ou starsystemisé, le dernier film de John Madden, Miss Sloane, vient se poser là, avec une petite nuance toute manichéenne (puisqu'hollywoodienne), tu vas comprendre.

Le pouvoir est souvent présenté comme ayant les mains liées par les enjeux d'argent. Les affaires politiques et les scandales industriels sont partout, nul n'est épargné - pas même ceux qui incarnent la pureté. Aux Etats-Unis, le pays qui a consacré l'argent roi, les batailles morales se gagnent non avec les esprits démocrates (dans le sens "qui vont voter"), mais par les appareils politiques dont les valeurs se monnayent.
Dans ce cadre, la fabuleuse Jessica Chastain - qui avait déjà joué pour Madden dans L'affaire Rachel Singer - incarne Elizabeth Sloane, une lobbyiste qui trahit son cabinet pour s'engager en faveur d'une loi régulant la vente d'armes aux US. Même pas un truc l'interdisant, non : qui complique la vente. D'un coup, alors que l'hyperpuissant lobby n'a jamais rien perdu, ils flippent devant cette lobbyiste inarrêtable, dévouée corps et âme à sa fonction, qui n'a peur de rien, ni de personne. Miss Sloane est un thriller politique où le coup bas, le soupçon et la menace deviennent des arts martiaux, la narration est ciselée, sans temps morts, et le spectateur est baladé de revirement en surprises, tant les tractations sont intenses, incongrues, dérobées, complexes. En cela, la progression est remarquable, mais pas très différente d'un bon film de magicien qui préparerait son grand coup en en orchestrant plein de petits pour faire diversion (#Insaisissables).

Miss Sloane, l'art de réussir sa sortie

L'intérêt réel de Miss Sloane, si tu dépasses l'intrigue, réside quand même dans la représentation des femmes. Sans être l'impossible portrait parfait de la femme d'aujourd'hui - tant les détentrices de la Vérité divergent sur sa nature mosaïque - le film présente des atours qui viennent rajuster un peu la balance dénoncée par Amber Thomas.
Les personnages d'Elizabeth Sloane (Jessica Chastain), d'Esme Manucharian (Gugu Mbatha-Raw) et de Jane Molloy (Alison Pill) ont certes des points communs avec les figures de froides dominatrix que la fiction fait des femmes d'affaires qui réussissent, les trois donzelles ne se laissent pas définir par leur sexe, ni par des idéalisations de la féminité (beauté, sensibilité, sexualité, maternité) : aucune n'est vue en situation familiale, aucune n'est victime de sexisme a priori, aucune n'est sous la coupe d'un mec - elles sont absolument égales aux hommes, à un point tel qu'on oublie même qu'elles sont des femmes. Le résultat est aussi obtenu par un habile jeu de doubles masculins : eux aussi sont doubles, puissants, décrits sans famille, sans amours, sans beauferie crasse. Nulle négation des sexes - Sloane a d'ailleurs une vie sexuelle, calque parfait des pratiques masculines habituellement montrées au cinéma ; ainsi, nulle différence entre les sexes. Autant, pour les hommes, on est assez à l'aise avec leurs rôles. Autant, pour les femmes, on peut tout de même se réjouir de cette relative égalité de traitement.

M'enfin, c'est mon sentiment. Et il y en aura sûrement qui iront me prouver le contraire. Je suis friand d'autres éclairages, tant le sujet est sensible.

Publié dans Politique, Ciné

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En direct du petit bout de la lorgnette - Chez nous

Publié le par SaintLaz

Non, ma fille...
...tu n'iras pas penser.

Le choix, nous l'avons sans l'avoir. Nous l'avons entre onze démarches, nous ne l'avons pas faute de les connaître vraiment. Qui parmi nous peut prétendre être allé lire les onze programmes, a pu questionner à la lumière des connaissances de nos experts politiques et de nos technocrates de tous bords ? Certes, l'intégralité d'un programme n'a jamais été la raison du succès d'un candidat à une élection - mais jusqu'ici, le programme ou les idées ont toujours été au centre de nos préoccupations électorales. Remarque utile : c'est toujours le cas, mais il semble que pour cette élection présidentielle, nous n'ayons pas l'occasion d'y venir, devant d'abord digérer les interminables atermoiements médiatiques sur les affaires politiciennes.

Quelque part, c'ets aussi le fond de Chez nous, le dernier film de Lucas Belvaux, où Emilie Dequenne campe une bonne intention voulant s'investir pour sa communauté, et qui se retrouve privée de toute réflexion par un système qui étouffe la pensée au profit de situations scandaleuses.

Le pitch Pauline, infirmière libérale, voit la tristesse du quotidien de sa ville et de ses patients. Au cours d'une conversation avec un ancien député, elle se laisse séduire par un engagement politique. Pour se lancer, elle pourrait bénéficier du soutien d'un appareil politique populaire et social dans son discours : le Rassemblement National Populaire, un parti d'extrême droite. Peu à peu, Pauline réalise la laideur de l'image du parti qu'on lui appose : incompréhension familiale, rejet des patients, et interdiction de développer ses idées. A cela se greffe, dans l'ombre, la légende noire des milices violentes, dont un membre à couvert fait chavirer le coeur de la jeune candidate...

Alors ? Le film de Belvaux pèche par son indécision, sa tentative de ne pas cibler le Front National tout en étant incapable de ne pas dénoncer certaines de ses vérités, l'incapacité de rester concentré sur son héroïne, son indolence, sa crédulité, comme elle est réduite à ses sentiments, l'absence de critique de la machine...
Mais soyons honnêtes, comment ne pas se sentir comme Pauline, par moments, quand l'envie de souscrire à une idée est emportée par le maelstrom de malaise, de honte, d'aberrations, et s'effrite sous le mépris désespérant dont fait preuve la plupart des candidats de la course à l'échalote élyséenne.

Publié dans Ciné, Politique

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