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  • : Déconstructions réassemblées
  • : Qui sommes-nous ? Je ne répondrais pas à la question. Pas assez prétentieux pour ça ! Par contre, je vous livre le regard d'un garçon sur l'homme et la culture. Qui sait, ça pourrait aider ... :)
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My Constructed Music
- une sélection juste pour toi -

Parce que la lecture est meilleure avec un peu de musique ...
Lundi 30 novembre 2009
C'est pas que ce soit absolument indispensable, ni que ce soit véritablement inévitable, non, mais il y a une chose après laquelle chacun d'entre nous court plus ou moins à partir du moment où il a dépassé son Oedipe : l'amour.

Volontairement, je ne mets pas de grand A. J'y reviendrai. L'amour, donc, c'est ce sentiment ténu et pourtant si euphorisant, si ravissant, si simple. Une dépendance certaine, mais douce, en rien oppressante. Un sentiment original qui fait que tu veux prendre soin de quelqu'un et que cette personne prenne soin de toi. Partager, donner du plaisir, rendre heureux/se. Un truc étrange qui, dans le cerveau, te ramène sans cesse le nom de l'être aimé dans tes pensées, dans tes rêves, même. Tu voudrais tout savoir pour le/la satisfaire, tout partager, tout donner. Tu le fais naturellement, d'ailleurs. Et même pas par statégie. Quand tu commences à réfléchir en termes de donnant-donnant, c'est qu'il y a déjà un bilan de fait, et souvent, si tu y viens, c'est qu'il est déséquilibré. Et quand il y a déséquilibre, il y a danger. En général, personne n'est à blâmer et c'est désagréable pour tout le monde. Revenons sur le bonheur. S'il n'existe pas, on peut courir après. Les Américains en ont fait un sine qua non de leur constitution. Nous, le bonheur, on le cherche dans l'accomplissement, dans le progrès, dans l'amélioration d'une routine qui ne peut se passer d'un sourire permanent envoyé par voie nerveuse du coeur au cerveau. L'amour, c'est une des clés de la sérénité, sans aucun doute. Et la sérénité, c'est ce qui se rapproche le plus, pour moi, du bonheur.

Il y a l'amour familial. C'est un amour interdit, incestueux, hérité de l'Oedipe. C'est la volonté de possession que l'on refoule au plus profond de soi-même (isn't it, Freud ?). Cet amour-là se dit, se témoigne, mais se réfreine toujours, et c'est tellement bien accepté par l'inconscient que la conscience trouve ça normal. Tant mieux.
Il y a l'amour amical. Une proximité d'esprit et de comportement tellement importante qu'elle rend les gens indispensables. Presque par narcissisme : on  apprécie chez l'ami(e) des qualités que l'on aimerait avoir ou que l'on croit posséder. L'amitié se passe de tout autre désir : ni charnel, ni intellectuel. Le seul désir, c'est d'être en confiance, mutuellement. On partage, on dévoile, parce qu'on a l'un sur l'autre la possibilité d'épauler au mieux.
Il y a l'amour physique. La libido, c'est instinctif. C'est un des restes non éduqués de nos pulsions ancestrales qui nous pousse à la reproduction. Le désir, par contre, module la libido en lui mettant des critères esthétiques et épicuriens. La sexualité a donc vu augmenter la prégnance du désir sur la libido. Aujourd'hui, plus que la reproduction, il est question d eplaisir. On ne pense plus "renouvellement de la communauté" mais "plaisir personnel partagé".
De ces trois-là, aucun ne mérite vraiment le mot "amour", peut-être. Pour moi, comme pour toi sans doute, l'amour, c'est l'attirance que l'on ressent pour une personne. Qui a l'exclusivité. Qui semble la mériter. Et qui te la donnes en retour. C'est tacite, c'est doux, c'est rassurant. Sauf que ...


Quid de l'Amour avec un grand A ? La majuscule crée un concept : l'Amour, ce n'est plus le sentiment que l'on ressent, mais le fait de ressentir ce sentiment. En d'autres termes, l'Amour, c'est le fait d'aimer. Parfois, on croit être amoureux/se de quelqu'un. En fait, on est souvent amoureux de l'Amour : on aime aimer. C'est ce qui nous pousse à nous jeter aveuglément dans les bras du/de la premier(e) venu(e) et de se croire amoureux à jamais. Or, très vite, on se rend compte des mille et un défauts du/de la partenaire, on est amoureux non pas de la personne, mais tout court. Amoureux, c'est un état, pas une relation. C'est individuel, pas commun aux deux. Amoureux de l'Amour, c'est plaisant tant qu'on reste déconnecté de l'autre. Et c'est souvent ce qui provoque les ruptures : c'est quand on se rend compte de ce gouffre entre l'émotion ressentie et la réalité de la situation.

Foutu fonctionnement individuel.
Par Charlie - Publié dans : La vie
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Lundi 30 novembre 2009
Tu sais quoi ? Il y a malentendu, à mon sujet.

Je suis pas un garçon sobre, triste et déprimé, non. En fait, je suis plutôt exubérant, ultrapositiviste et enjoué. Je suis juste contrarié par les événements autour de moi, c'est tout. Déçu et obligé d'être sérieux, on dira.

Et comme je suis d'une jovialité déconcertante, on va fêter des anniversaires !
Tiens, ça fait 109 ans que le Meccano existe et 30 ans que l'IVG est autorisé. 39 ans que Nina Ricci a disparu et 31 ans que Gael Garcia Bernal est né. 7 ans que Dumas est au Panthéon et 22 ans que l'Institut du Monde Arabe existe.

Allez, faisons la fête. Si, j'insiste.

Par Charlie - Publié dans : La vie - Communauté : Les Cultureux éclectiques
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Dimanche 29 novembre 2009

Il y a des postures, des clichés, des modes d'appréhension qui sont parfois usants, quand on apprécie une oeuvre. Non pas qu'il faille un silence de mort, non : il faut suffisamment de calme pour ressentir et intellectualiser une oeuvre, c'est tout. Malgré tout, on est rarement seul et rarement en face de l'oeuvre seule, notamment pour la musique, qui ne passe pas (ou peu) par la vue.

Des messages, envoyés pour ou contre telle ou telle partie de l'histoire de l'art, on en a tous entendus qui nous navrés ou fait sourire. "J'adore l'abstrait !" dans Les trois frères, c'est presque pas une blague, comme scène : on joue souvent la démesure sans le savoir. On est entiers, sans concessions, engagés, au point d'être parfois aveugles : simplement parce qu'on déteste sentir que ce qui nous a émus n'est pas de la piquette ... Sauf si on a assez de cran pour ne pas se laisser influencer. Bref : les postures sur l'art, y'en a une floppée.

Justement passait hier soir Musée haut, musée bas. Une comédie désopilante de Jean-Michel Ribes, passée sur grand écran l'an dernier. Un bijou d'humour et de justesse, un peu de recul sur nous-mêmes. Y'a pas mieux.



Novembre, c'est pas vraiment la joie : on a froid aux pieds, il fait sombre dès 15h, et y'a plus de quoi se faire un chocolat chaud dans le placard. La poisse. Pour rajouter un peu de joie et de frénésie dans notre morosité dominicale, était programmé sur nos petits écrans Mamma Mia. Meryl Streep en forme, sur du ABBA, ça fait plaisir. Ou comment prouver au monde que les paroles du plus grand groupe populaire des seventies ne racontait pas que des conneries. Instants de vie, plaisir partagé (même s'il a bien fallu 45 mn pour entrer dans un film qui s'annonçait comme ... en faisant des caisses). Extrait qui m'a particulièrement touché :


Pour les paroles, c'est .

Allez, on se remet au boulot !
Par Charlie - Publié dans : Ciné - Communauté : Cinéma, Cinémaaa
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Samedi 28 novembre 2009

parce que certaines huîtres contiennent des perles, bien entendu.

Quand je suis arrivé à Créteil, après près d'une heure d'un métro qui semblait m'emmener au bout du monde, je suis tombé sur un UGC et un centre commercial, mais sans logements autour. Oui, c'est ça : la banlieue. Il faisait nuit, il faisait froid, c'était gris, noir et plein de néons, les gens avaient l'air tristes ... ça doit être ça, le vendredi soir en novembre.

Donc, dans cette ville rugueuse et grise (la nuit) comme une huître, il y a un grand bâtiment qui fleure bon les années 80, du béton, de la démesure, des verrières sans lumières et une toute petite entrée sur une grande esplanade ouverte au vent, où trône une petite sculpture contemporaine un peu sale, avec des grandes marches bizarres (plus profondes que hautes ...). Ce bâtiment, c'est la MAC. Ou la MACAM. La Maison des Arts et de la Culture André Malraux.

Une grosse huître urbaine, dont j'avais déjà entendu parler parce qu'elle semble jouer les avant-gardistes tout en restant populaire (un métissage difficile à assumer et à réaliser, en général). Et dans ce grand écrin, une grande salle, presque immense, une scène à peine surélevée, sans rideaux, et des sièges qui semblent glisser vers elle. Une dynamique de réunion salle-scène assez joliment architecturée. ;)

Et sur cette scène, la perle.














Elle est espagnole. Elle danse. Elle chante. Elle joue. Elle fait danser. Elle tefait danser, quand tu la regardes. C'est Blanca Li.

Elle s'attaque à un grand du passé : Hieronymus Bosch. A son Jardin des délices. Et visuellement, je n'ai encore rie vu d'aussi riche. Flamboyant, coloré, piquant, drôle et profond à la fois. Elle ausculte l'homme et la femme à travers leurs petits travers et leurs grandes vérités. Elle touche à l'impossible : reroduire par l'humain ce que l'imagination a couché sur la toile. Des corps longs, filandreux, des animaux étranges, des désirs décalés, des attitudes barbares mais pas si éloignées de la réalité. Elle est partout, elle est ailleurs : Blanca, c'est la créatrice qui prendrait le reais de Dali, de Saint Jean. Un univers proche et pourtant mille fois plus explorable que nos limites.


C'est bon signe : on n'a jamais eu besoin de planer pour voir des merveilles : certaines huîtres sont des mondes bien plus beaux.

Par Charlie - Publié dans : Danse - Communauté : Les Cultureux éclectiques
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Vendredi 27 novembre 2009
Quand on parle d'Albert Camus, on pense tout de suite à L'Etranger, La Peste ou encore La Chute. D'autres poussent plsu loin et citent Caligula, L'Homme Révolté voire  Les Justes ou Le mythe de Sisyphe. Et puis il y a les encyclopédies sur pattes qui connaissent toute son oeuvre, date et noms de personnages par coeur, à la ligne près (ceux-là, mieux vaut les fuir : autant d'érudition, ça cache forcément un relationnel malheureux ^^).

Bref, Albert a été plus que ça. Journaliste, engagé politiquement en France pour la Résistance, pour l'Algérie, il a été Prix Nobel de littérature (en 1957, sept ans avant Sartre), philosophe de l'absurde (l'homme se cherche et ne se trouve pas, son esprit conclut donc à l'absurdité de sa situation) et de la révolte (on connaît tous notre issue fatale, mais on l'affronte), opposant du marxisme, du christianisme, de l'existentialisme. Une des plus hautes personnalités morales du siècle.


Là, on se dit que c'était un destin suffisant pour entrer au Panthéon. La seule condition pour y entrer, c'est y être invité par le Président de la République : ce n'est pas un état de fait, c'est un droit échu au Président qui, en général, en profite pour marquer sa présidence par une pantéhonisation qui symbolise un peu sa vision de l'Histoire de France. Ainsi, de Gaulle fit entrer le résistant Jean Moulin, et on le comprend. Mitterrand y a mené Jean Monnet, père de l'Europe, le comte de Péluse, fondateur de l'X, et René Cassin, rédacteur de la DUDH et fondateur de l'UNESCO : l'excellence d'une République ouverte sur le monde. Chirac y installa le couple Curie, à l'origine de la guérison du cancer, Malraux, premier ministre de la Culture et l'auteur Alexandre Dumas : des hommes et femmes au service des autres, grâce à qui la France rayonne à l'étranger. Que Sarkozy propose Camus, pourquoi pas. Bien au contraire : un homme s'étant battu pour le réveil des consciences ... En fait je comprends que les héritiers aient refusé de déterrer Albert. Camus ne symbolise certainement pas la politique menée par Sarkozy. Il n'aurait pas supporté l'abus de pouvoir et de biens sociaux, le détournement, le copinage et la malhonnêteté intellectuelle. S'il était en vie, Camus serait le premier opposant du régime.

Preuve que, dans ces temps où l'on fait tout et n'importe quoi, il y a encore des hommes et des valeurs qu'on ne peut bafouer.
Par Charlie - Publié dans : La vie - Communauté : Les Cultureux éclectiques
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