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Sur la Terre comme au Ciel ?

Publié le par SaintLaz

Un point, c'est toi.
Tu sais qu'Obélix vient de l'obélisque, majestueuse colonne qui se voulait rayon de soleil figé dans la pierre, et qui n'est pas sans rappeler les menhirs façonnés par le valeureux Gaulois.
Quid d'Astérix ? L'astérisme est le fait de dessiner des figures avec des étoiles particulièrement brillantes, qu'elles soient simples (le Triangle d'été) ou complexes (la chevelure de Bérénice). Une façon pragmatique et ludique de repérer, nommer, trier, ordonner l'innombrable stellaire, en somme.
Beauté de la rencontre de la science (qui les observe) et de la poésie (qui les nomme) - en fait, de la religion - nos constellations de l'hémisphère nord sont héritées de Ptolémée (IIe siècle avant JC). Selon les points du monde, les astérismes changent : la Chine transposait la société et la ville (voir), la Polynésie, le monde marin (voir), les Incas nommaient également les espaces vides entre les étoiles (voir), etc. Lors de la découverte du ciel de l'hémisphère sud, à la Renaissance, on l'a à son tour découpé à coups d'animaux (Johann Bayer, 1603, puis Johannes Hevelius, 1690) et d'instruments de mesure (Nicolas-Louis de Lacaille, 1763) - et tu dois savoir qu'on a échappé à une christianisation des étoiles (constellations de Julius Schiller, 1627).

Dieux, figures tutélaires, monde animal symbolique, triomphe de la science : l'imagerie appliquée aux étoiles par les spécialistes s'impose à nous, qui conservons dans notre relative ignorance cette part de rêverie que le ciel étoilé a toujours véhiculé - héritage sans doute de la division du monde par les Grecs, les Enfers au creux de la Terre, les Dieux adorés au firmament.

Sur la Terre comme au Ciel ?

A ces étoiles religieuses et scientifiques se greffe le firmament populaire, celui qui allie le talent à l'éternité, accrochant la célébrité à un système d'étoiles (star system), qui s'écrit sur Hollywood boulevard outre-Atlantique comme au sommet du ballet de l'opéra de Paris. L'étoile, la star, deux réalités qui évoquent l'excellence et l'admiration, dans un processus de starification (dit-on communément) ou, dans notre bon français, de... catastérisation.

Tu penses que nos étoiles d'aujourd'hui sont rarement projetées dans l'espace ? C'est sans compter sur les astronomes du monde entier, qui font de nos étoiles des planètes - une rétrogradation qui ne tue pas : notre Jean-Claude Merlin, par exemple, a inscrit dans l'éternité les noms du Marsupilami, de Motörhead ou de Jaroussky. Et au vu de l'infinité du nombre des corps présents ans l'espace, ce n'est pas demain que la liste des vedettes portées à l'éternité s'arrêtera... même si une planète mineure n'est pas une constellation : nos prix Nobel de la paix, lauréats de l'Oscar du meilleur réalisateur ou médaillées olympiques en ski alpin - dieux, demi-dieux et héros modernes - n'auront qu'un walk of fame de second ordre, qui ne restera gravé que dans les mémoires et les registres d'astronomie, pas dans les livres d'histoire.

"Malheureux le pays qui a besoin de héros." nous disait Galilée (sous la main de Bertolt Brecht). Entre notre soif de figures tutélaires, qu'elles soient dans le paraître, l'être ou l'action (rarement les trois), et notre notion du temps de court terme, se trame la narration de la comédie humaine, et, manichéisme aidant (merci Hollywood...), à la consécration de formules myth(olog)iques anciennes et de créations contemporaines, à l'instar du nouveau-né American Gods, diffusé aux Etats-Unis depuis le mois d'avril.

Alors, de la réponse à une question téléologique sociétale ou de la puissance du dieu Dollar, quel tremplin se situe à la racine de nos catastérisations d'aujourd'hui ? Prenons notre lunette astronomique et admirons les étoiles d'hier, d'aujourd'hui et de demain, et la guerre pour briller dans un ciel surchargé, dans notre nuit sans fin, quittons la mythologie pour la science, et regardons de quoi sont faites ces étoiles, qui ne sont en fait que des planètes.

Longtemps, par prudence, j'ai regardé le monde caché derrière le masque d'un homme nommé Cary Grant. Cette façade était une protection. Mais c'était aussi un obstacle : qui pouvait me percer à jour si moi-même je n'arrivais pas à voir à travers ? Vous passez votre temps à vouloir devenir une star à Hollywood : et alors, quoi ?

Cary Grant, de l'autre côté du miroir

Publié dans La vie

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Mathieu Spinosi, le faux bon garçon.

Publié le par SaintLaz

Epreuve du feu
Pour évoluer, il faut savoir saisir le jour (carpe diem), saisir l'opportunité (le kairos). Prenons le cas de l'acteur. Après une formation, en école ou sur le tas, un premier vrai rôle est toujours essentiel, autant que tous les suivants : le premier parce qu'il fera sortir de l'ombre, les suivants parce qu'ils cisèlent la lumière dans laquelle il baignera après.
Dans ce domaine, il est toujours intéressant de suivre l'évolution d'une carrière - ou comment, une fois passé à la lumière, tu dessines la suite. Prenons l'exemple d'un petit Frenchie qui connaît un retour de hype : Mathieu Spinosi.

Il a trouvé un filon pour faire ses premières armes - Clem (2010-14), la série pour ados de TF1 - dont il a bien fallu s'extraire pour ne pas tomber dans le syndrome Feux de l'Amour (a.k.a. "un truc qui me colle à la peau"), un exercice dont se sont bien sortis Emma Watson ou Kristen Stewart, par exemple. Sitôt sorti de sa cage dorée, il éclaire l'écran de sa charmante blondeur dans Les souvenirs (2014) de Jean-Paul Rouve, avant de s'égarer dans Les Visiteurs : la Révolution (2016), puis de jouer de sa belle ambigüité dans Guyane (2017-), la série pour adultes de Canal+.

Avant.

Avant.

Après.

Après.

Alors oui, prendre de l'âge permet de prendre des risques - c'est non seulement salutaire, mais nécessaire si l'on veut gagner en respectabilité, dans ce milieu. Les garçons ont d'ailleurs plus d'opportunités que les filles, même si le gap se réduit ; le cinéma français étant de plus en plus gourmand en talents d'acteurs éclatants, hélàs souvent mal servis par des réalisateurs qui, eux, peinent à en montrer l'ampleur.
Mathieu Spinosi entre donc, grâce à Guyane, dans la cour des sex symbols à la française : charmants, mais dangereux. Un condensé de virilité d'apparence fragile, mais retorse, qui renvoie les stéréotypes au placard et les midinettes à leur rediff de Gossip girl. Alors, Spinosi suit-il un chemin à la Jérémie Rénier (le jeune premier qui gagne), ou à la Guillaume Canet (l'éternel jeune premier) ?
C'est que Guyane est exigeant : un milieu minier gangréné par la mafia, très masculin, dans un décor sauvage (et dangereux), où Spinosi campe le gentil Parisien qui va devoir s'adapter ou y rester - une métaphore de sa carrière, en somme : être un bonhomme, ou disparaître. Et gommer ses réflexes de gamin qui ne sort pas de son cocon, c'est un enjeu. Que Spinosi, dans la série de Canal, réussit plutôt bien (de ce que j'en ai vu, i.e. les deux premiers épisodes). Une sorte de western dans lequel le petit blond bascule, non sans mal, mais avec la rudesse qu'il faut pour tenir le rôle. Spinosi, donc, le faux bon garçon, dans un rôle qui modèle une carrière.

On s'y intéressera, mais on restera circonspects. On nous l'a déjà fait, le coup de la floraison prometteuse qui s'étiole un peu. Moi, j'avais misé beaucoup sur Johan Libéreau, impressionnant dans les excellents Douches froides (2005) et Les témoins (2007), puis, malgré Belle épine (2010) ou Cosmos (2015), éternel habitué du cinéma français de second ordre.

Publié dans Série, Ciné

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Demain - Yoann Hourcade et Sandra Français

Publié le par SaintLaz

Danser, demain.
La conscience politique ne s'exprime pas que dans les urnes, à l'occasion de brefs débats menés à des fins électoralistes. Le mouvement Nuit Debout se faisait symbole, un temps, de ce besoin de pensée et d'expression collective, loin de l'entonnoir médiatique et de l'étroitesse de la pensée des partis. Le questionnement qui nous taraude (l'humain, aujourd'hui, demain, le monde) habite depuis toujours le spectacle vivant, qui se fait le meilleur écho de nos vérités et de réponses, quotidiennes ou éternelles, individuelles ou universelles, pour les évoquer autant que pour les proposer.
La danse ne parle pas, mais elle évoque beaucoup, elle se passe de commentaire. Micadanses accueillait ce 23 mai le Chantier Mobile #2 proposé par les Journées Danse Dense, spécialistes de l'émergence chorégraphique - c'est à dire engagés à porter haut la voix de jeunes créateurs investis. Chantier Mobile propose un regard sur des créations en cours, un exercice de haut vol pour les auteurs et leurs interprètes, puisqu'ils livrent au public un pièce non achevée, non peaufinée, un travail encore fragile parce que non définitif, encore plein de ratures et de doutes. Parmi les quatre propositions de ce #2, j'en retiens deux, tu vas savoir pourquoi.

# Yoann Hourcade, téléologie pacifique
Tombé un jour sur l'œuvre de Terry Riley - compositeur minimaliste américain qui révolutionna l'approche de la musique par la répétition de boucles à durée variable (voir ici) - Hourcade s'inscrit dans le courant du dialogue danse/musique en s'attaquant à illustrer la pièce A rainbow in curved air de Riley. A la musique, alternant boucles écrites et choix improvisés des boucles par les musiciens, Riley a ajouté un texte  "décrivant une utopie à la naïveté subversive, où il est question d'un monde harmonieux, affranchi de toute violence.". Dans Supernova, Hourcade écoute la musique et transforme le texte en geste, voulant créer sous nos yeux un monde jeune à la paix joyeuse.

Sur le son électro façon jeux vidéos puis imbibé d'orgue aux mélodies très 70's de la partition de Riley, Hourcade inscrit au plateau autant une harmonie graphique de l'espace qu'une plénitude gestuelle des astres qui habitent cet espace.
D'un côté, la triade toujours unie par l'énergie, à l'unisson, en canon ou en contrepoint dans ces gestes nets, tranchant l'espace - leur communion rythmique et gestuelle écrivant la relation entre eux, dans cet espace immuable, qui semble ne jamais s'agrandir, ne jamais rétrécir, élastique et solide à la fois. De l'autre, une force tranquille, qui met en perspective l'énergie de la triade, un point lent, posé, intense, qui soudain s'affole, créant son propre satellite d'un simple bras. Car oui : on lit dans ces danseurs un peu d'étoiles, de planètes, de galaxies, dans une danse vive et légère qui rappelle celle des comédies musicales des années 60 - décennie de la naïveté.
Alors pourquoi Supernova comptera-t-il ? Pour cette question de l'utopie naïve, ce besoin de légèreté cosmique, qui ressemble parfois à notre envie de déconnecter d'un monde grave aux mains d'irresponsables, de tous ces problèmes insolubles, de la laideur crasse des gens.

# Sandra Français, glaçante perspective
A l'autre bout de l'échiquier, il y a le sérieux, la gravité, la sacralité. Tu as entendu parler d'Onkalo, ce projet de stockage des déchets nucléaires finlandais consistant à creuser une cuve censée résister 100 000 ans ? Michael Madsen en avait fait un film en 2010, Into eternity. La jeune Sandra Français s'empare à son tour du fascinant et épineux problème, avec je te le disais une vraie gravité. Elle nous propose une histoire en deux temps : celle d'un gardien, aujourd'hui, du sanctuaire nucléaire à venir, et celle d'un homme qui, dans 100 000 ans, retrouvera l'histoire d'Onkalo. Environnement, futurisme, conscience écologique, responsabilité, autour du drame de l'empreinte humaine : on ne rigole pas...mais l'on vibre.

Dans une ambiance froide, au son fait de bruits industriels, sourds, une ambiance électro, électrique, Français impose un ton dur, presque inhumain, par le costume sombre, le geste net, vif, cassant l'air, à la limite du lock et du popping, les pieds ancrés au sol, comme cette cuve de béton, là inéluctablement, à tout jamais - ou presque. Et notre gardien menace, convoque le ciel éternel et la terre intense, fend et caresse, emporte et donne, se désagrège peu à peu, pour mourir dans un flash, pour passer le témoin, laisser un message.
Ce message est gestuel, et dans la danse de Français, il se simplifie, se fige, se saccade et demande : l'homme se déconstruit peu à peu, la nature, elle, poursuivra-t-elle ? A sa danse graphique qui touche à une vision familière du futurisme un peu pessimiste, la chorégraphe ajoutera une scénographie monumentale faite d'une immense structure faites de tubes, de lignes, dont l'éclairage changeant métaphorisera le temps qui passe (et 100 000 ans, c'est long !).
Pourquoi Onkalo sera-t-il important ? Parce qu'il viendra questionner en nous la question du temps et de notre responsabilité, en ces temps d'environnementalisme croissant ; et le tout, enluminé d'un court-métrage, Looking for Onkalo, qui permettra d'étendre le message de la pièce au delà des théâtres.

Publié dans Danse, Paris

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Des Femmes, de l'Orient et du Cinéma

Publié le par SaintLaz

Action ! (Vérité)

n.b. : N'étant spécialiste d'aucun de ces trois sujets, mais y portant un intérêt non négligeable par goût pour les causes nobles, ce post sera évidemment la quintessence de la Vérité.

Maniant avec virtuosité la frontière entre la fiction et la vérité, et la vie ayant souvent plus d'imagination que nous (comme le disait à peu près Truffaut), le cinéma questionne plus qu'il ne répond, et peut devenir source de vérités autant que de leurs distorsions. Ainsi, tous ces films venus d'ailleurs ont ils une part de vérité quant à leur sujet, sa représentation ou son approche - et tous transforment notre perception de la Vérité, fut-elle multiple, partisane et pleine de clichés. C'est tout l'intérêt du cinéma : il redessine notre approche du monde dans ce qu'il est, et dans ce qu'il pourrait être.

Toi et moi, nous partons avec nos représentations, nos histoires. En voici trois.

# Episode 1 : Portraits palestiniens

L'histoire Trois filles, colocataires palestiniennes à Tel Aviv. Nour, l'étudiante en informatique particulièrement pieuse, Leila, l'avocate portée sur l'émancipation, et Salma, la DJ qui tente de vivre son homosexualité. Chacune dans son relation à l'amour, à l'aimé, au couple tel qu'il est défini par les traditions variables. Le sujet est passionnant (ah ! l'amour...) et le traitement, fin et rythmé : le film ne fait pas dans le sensationnel, mais dans l'émotionnel. Brillant.
Le fond La femme face à l'homme et la société ? On sait la région partagée entre Orient et Occident, tradition et modernité, conservatisme et progressisme, soumission et liberté, communauté(s) et individualité(s) - avec compositions en mosaïque, un imbroglio qui empêche toute généralisation, qui oblige à toutes les précautions oratoires (comme tu l'auras remarqué). Il y a un point commun entre ces trois femmes : leur volonté de vivre leurs idéaux en s'accomodant de la pression sociale. Rien ne leur est épargné, dans un Tel Aviv qui offre toutes les possibilités (sorte de "terrain neutre où tout s'exprime simultanément) : la radicalité et le compromis, c'est juste une question d'équilibre - et leurs expériences nous montre que l'équilibre et toujours précaire, tant la menace (ce qui va à l'encontre de leur idéal) mord toujours. Je te l'ai dit : Brillant.
La forme Trois actrices au jeu tout en finesse, pour un trio qui ne se serre pas forcément les coudes, mais qui fait preuve d'une solidarité féminine comme innée. Superbe sélection. Autre point fort : la musique, entre électro et chanson traditionnelle, jubilatoire (voir le court article de Nova sur le sujet).
Donc Premier film de la Palestinienne Maysaloun Hamoud, Bar Bahar (Je danserai si je veux) mérite toutes les éloges.

# Episode 2 : Monographie géorgienne

L'histoire Dans une famille comme il en existe partout (mais nous sommes ici en Géorgie, dans le Caucase, à Tbilissi, une ville grosse comme Lyon), Manana, la mère de famille, part. Pourquoi ? On ne le saura jamais. Juste, elle part. Elle quitte parents, mari et enfants pour s'installer seule dans un appartement. Quête de liberté ? D'intériorité ? De silence ? Peut-être. Mais dans une société qui fait du noyau familial le centre de la société, un tel départ n'est ni compris, ni franchement toléré. Alors, comment peut-on partir, comme ça ?
Le fond Variation sur dépendance et indépendance, mais aussi sur la liberté des femmes. Sans veulerie aucune, le regard posé sur Manana, qu'il soit masculin ou féminin, est aussi acerbe que bienveillant. Si personne ne comprend, personne ne s'y oppose non plus par la force : la femme est respectée, et si tout le monde cherche à la dissuader, elle peut tenir bon. L'exercice de style est fascinant par ses louvoiements, ses révélations, les mécaniques sociales qu'il révèle.
La forme est réaliste, ample, laisse place à l'expression de tous les personnages, mais se centre sur elle. On est omniscient de ce qu'elle vit et ressent - à l'inverse de son entourage - mais on ignore ses raisons. Le mystère reste entier, mais plus on avance, plus on savoure son acte. Comme elle, au fond.
Donc ce second film de la Géorgienne Nana Ekvtimishvili (à tes souhaits) mérite qu'on s'y prélasse, qu'on y lise un monde qui pourrait encore être celui de nos provinces, et questionner ce qui nous anime, et ce qu'on nous laisse en faire, selon notre sexe.

# Episode 3 : Drame iranien

L'histoire Un couple emménage dans un appartement auparavant occupé par une prostituée. Un jour, un quiproquo, une porte restée ouverte, une intrusion, une agression : un couple dans le drame - elle, marquée dans son corps, lui, horrifié de ce qu'il n'a pu empêcher. Le tout, dans le milieu artistique, intellectuel, policé d'un Iran conservateur où l'homme et la femme ont des places immuables et des postures balisées.
Le fond est un piège remarquable : impossible pour elle de traduire elle-même le coupable en justice, impossible d'en parler sans se déshonorer, impossible pour lui de punir le coupable sans passer par la justice, impossible de sauver son couple sans punir le coupable, bref, nous voilà face à une violence qui perturbe, qui bloque, qui pourrait gronder douloureusement comme un non-dit, qui tremble partout dans cet appartement, dans les corps sanctuaires de ce couple qui ne peut passer à autre chose, physiquement et moralement, sans que quelque chose se passe.
La forme Entre thriller social et intime et revanche vénéneuse, Le Client devient féministe, une quête en forme de tragédie, à la narration théâtrale sans tomber dans l'excès de théâtralité. Le jeu d'ombre et de lumière, l'alternance de plans serrés intimes et de plans plus larges à la composition symbolique (comme celui, saisissant, du dîner qui tourne mal), le tissu, l'objet, le mur, et ce huis clos fantastique dans un appartement qui s'effondre, AAAHHH plaisir de la métaphore.
Donc Le Client, septième long métrage de l'Iranien Asghar Farhadi, est à voir, pour la beauté des deux rôles principaux, mais aussi pour la narration - et pour les questions qu'il pose sur la Femme en Iran, évidemment.

# Epilogue : Itinéraires croisés
Outre le "il n'existe pas un statut de la Femme, mais plusieurs ; il n'y a pas une vie de femme, mais des vies de femmes", ces quelques approches de la Femme en Orient nous parlent de quotidiens faits de combats, pour soi, pour ce que l'on sent comme nécessaire - surtout à nos yeux d'Occidentaux. Nous n'avons toujours aucun moyen de généraliser, mais nous avons de quoi penser, imaginer, et peut-être nous battre.

Trois histoires donc, pour changer la notre, même qu'un peu.

Publié dans Ciné, La vie

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Le 29 avril ne sera plus ordinaire.

Publié le par SaintLaz

SHAKE IT OFF.
Tu le savais, toi, que le 29 avril est la journée internationale de la Danse ? Non ? Et bien si. Le Comité International de la Danse (CID, membre de l'UNESCO) a choisi cette date en 1982 (la même année que la première Fête de la Musique) en référence à Jean-Georges Noverre, inventeur du ballet moderne, né le 29 avril... 1727.

Contrairement à la fête de la musique, la fête de la Danse n'a jamais pris. Elle ne bénéficie d'aucun soutien national - le Ministère ne l'a jamais prise en charge - et les initiatives locales, pourtant nombreuses, sont peu relayées. Certaines structures se font même leur petite fête dans leur coin, sans respecter la date officielle. La plus ambitieuse récemment était à Paris sous la houlette de Blanca Li, et a duré 3 jours en septembre 2011, jamais reconduite depuis. De même, l'ambitieuse Fête de la Danse suisse est une initiative individuelle, et  a lieu sur 3 jours en mai (édition 2017).
Pourtant la danse est le premier des arts : avant même d'apprendre à faire de la musique en créant un rythme en tapant sur des bambous (et c'était n°1), l'Homme a dansé pour se galvaniser. Restée incontournable de toute fête, la danse est à la fois preuve de bonne santé et matière à séduction, mais aussi symbole de maîtrise de soi et support d'expression. Quelle que soit sa forme, du madison de fin de soirée au hip hop des places publiques en passant par le ballet classique ou le feutré des cabarets, la danse est un moment de plaisir, comme nous le montrait avec humour la mondalisée Taylor Swift.

Une fête de la Danse qui serait comme une fête de la musique : un lieu où chacun, même amateur médiocre, pourrait danser un peu partout dans la ville ? C'est possible. Ouvrir les places, les halls, les salles de danse, proposer des cours collectifs publics, des spectacles, des flashmobs, des pièces amateurs ? Oui, c'est envisageable. Donner envie aux gens de sortir du confort et de vaincre la fatigue (ou l'inhabitude) physique ? Voilà où cela va pécher.

Car peu de gens aiment danser en public. En soirée, en club, en famille ou entre amis, on s'y risque, c'est vrai. Mais au delà ? Si Danse avec les stars a redonné ses lettres de noblesse à la danse de salon, qui n'avait eu comme grand promoteur récent pour la sortir de sa ringardise relative que le génial Murder on the dancefloor (et encore, ça ne danse pas tant que ça).
Le clip vidéo est aujourd'hui le principal mode de consommation de la danse, et les artistes s'en donnent à cœur joie pour créer des chorégraphies à reprendre, de la Macarena à Single ladies ; mais aussi pour créer de vraies pépites dansées écrites par un-e chorégraphe, de la danse sur le lit de Shakira (Did it again) à la danse sur l'eau de Loic Nottet (Million eyes), de l'épure de Christine and the Queens (Saint Claude) à la complexité de Sia (Cheap Thrills), (et je ne prends là que de récents exemples. L'exercice de style charme, évidemment, mais il met aussi la pression : l'excuse principale des gens pour ne pas se lancer sur le dancefloor (dans le noir) ou simplement en public est qu'ils ne savent pas danser.
Comme si, pour faire la fête, il fallait avoir la technique de Pietragalla. Allons, lancez-vous : le prochain 29 avril, dansez !

Publié dans Danse, Tendance, Fête

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