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Tu Cherches Quelque Chose ?

Parce Que Je Parle Aussi De...

7 mai 2015 4 07 /05 /mai /2015 13:33

Modèles et anti-modèles.

A quoi servent les célébrités ? De modèles. De portes-paroles, d'exemples, d'idéaux, de divinités, de présentoirs, d'illustrations, de copains, de leaders, de confidents, de... Au fond, elles servent d'alter ego, de miroir : elles sont ce que nous y mettons, donc ce que nous sommes. Alors, tu as enfin trouvé un(e) chéri(e) oh-oui-oh-oui et tu ne sais pas à qui tu dois t'identifier ? Voici un test pour t'aider à le déterminer.

*****

Où vous êtes-vous rencontré(e)s ?

# A la réunion d'information de l'asso-qui-se-bat-pour-une-juste-cause du coin.

& A un brunch d'amis d'amis d'amis d'amis.

$ A un speed dating.

% A l'école, pendant l'activité collier-de-nouilles.

§ A une soirée de gala, noeud pap' et petite robe noire, façon pub de parfum.

? Personne ne le sait.

*****

Où êtes-vous allés pour la dernière Saint-Valentin ?

$ Dans le resto à la mode, en limousine et Rayban.

§ Au salon, champagne, caviar et Sinatra en fond sonore.

# Au kiss-in contre le sexisme dans les métiers de bouche.

& Au resto que vous aimez bien, avec les enfants.

? Chez les (beaux-)parents.

% Au bowling avec des copains célibataires.

*****

Comment s'appellent vos rejetons ?

# Victoria, César, des prénoms de winners.

§ Abel, Sara, des prénoms éternels et worldwide.

& Enzo, Louane, des prénoms très courants.

$ Maalox, Zubrowka, des noms étranges... et déposés.

? Térébenthine, V-Phoenix, des trucs pas courants.

% On n'en veut pas, on est de grands mômes.

*****

Autour de vous, les gens...

# ... vous écoutent.

§ ... vous envient.

% ... vous brocardent.

& ... vous ressemblent.

$ ... vous attendent.

? ... vous ignorent.

*****

En public, vous parlez...

? de tout sauf de vous.

§ de vos succès à venir.

# de l'avenir de la planète.

& de ce que vous avez vu de passionnant.

$ de ce que vous avez fait d'insignifiant.

% de votre alter ego.

*****

En privé, vous parlez...

$ de faire une sextape.

? des extra-terrestres.

% de votre solitude.

# des infos à la télé.

& de la liste des courses.

§ de l'impossibilité de caler votre emploi du temps.

*****

"Pour vivre heureux,...

& ...faisons simple."

# ...assumons-nous."

? ...vivons cachés."

§ ...voyons-le en grand."

$ ...vendons du rêve."

% ...restons collés."

TEST / Quel couple star es-tu ?

Beaucoup de # : Tu es Ellen deGeneres et Portia de Rossi, le couple engagé

Le couple, ça n'est pas qu'une part de gâteau : c'est aussi affronter le monde ensemble, et dire haut et fort ce que beaucoup préfèrent taire par peur du conflit. Les gens admirent votre assurance, même s'ils ne comprennent pas ton combat en faveur des coussins péteurs parfumés. Personne à part vous, en fait. N'est pas leader d'une communauté qui veut.

Beaucoup de § : Tu es Natalie Portman et Benjamin Millepied, le couple classieux

Vous oscillez entre excellence et popularité, tous les deux. Pas un nuage à l'horizon, vous énervez, même, un peu. Rassurez-vous : tout le monde se jettera sur la première imperfection venue pour vous faire tomber de votre piédestal le moment venu. Ca fait quoi de vivre avec le canon sur la tempe ?

Beaucoup de $ : Tu es Kim Kardashian et Kanye West, le couple bling-bling

Ignorés des intellos, moqués des puissants, admirés des beaufs : pas facile, quand on surfe sur le vide et le superficiel, de se trouver de vrais amis... Peu importe, il reste la famille... et vos fans sur Twitter, évidemment.

Beaucoup de & : Tu es Neil Patrick Harris et David Burtka, le couple simple

Votre style à vous, c'est de faire les choses simplement, et d'expliquer qu'elles se font presque d'elles-mêmes, naturellement. Après, personne n'a besoin de savoir qu'il n'est pas vraiment le père du petit dernier, ou que ses seins ne sont pas tout à fait d'origine... Et quand bien même : ça vous rendrait encore plus normaux aux yeux de tous.

Beaucoup de ? : Tu es Elodie Bouchez et Thomas Bangalter, le couple qui questionne

Quand tu as dit avec qui tu sortais, les gens n'ont pas compris. Qui ? Oh, vraiment ? Mais... Non, c'était impossible. Un truc cloche forcément, pour eux. Et ils n'ont pas tort. Y'a forcément un truc. Ou alors... Se pourrait-il que...? M'enfin, les voies du bonheur sont impénétrables. Enfin, pas toutes...

Beaucoup de % : Tu es Ashley et Mary-Kate Olsen, le couple qui n'est pas un couple

Vous n'êtes pas vraiment un couple. C'est à dire qu'on ne s'imagine pas qu'il y ait de l'amour entre vous, juste une amitié fusionnelle. Pas de sexe, mais des batailles d'oreiller. Pas de compte commun, mais un pot commun pour aller à Disney. Des enfants, mais pas de vous deux. Bref, on n'arrive pas à se dire que vous pourriez être en couple ensemble... ni même chacun de votre côté. C

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20 avril 2015 1 20 /04 /avril /2015 09:16

Je ne suis pas un (super) héros.

Qu'est-ce qu'un superhéros ? Un type avec des capacités anormales qui s'investit au nom du bien pour combattre le mal. Le Méchant incarne la menace, le superhéros est le Gentil. De leur affrontement - par la force dans 99% des cas - naissent, en général, de nouveaux terrains de profits pour entreprises BTP et cabinets de psychologues - mais cet aspect de l'histoire est rarement abordé.

Orchestrant la guerre du Bien et du Mal, DC Comics et Marvel se livrent aussi la guerre du film de super héros (au pluriel comme au singulier) la plus barbare qui soit, défiant l'industrie de l'image ET le cerveau du spectateur. Parce que la création visuelle est toujours plus poussée dans l'impressionnant à grand coups d'effets spéciaux, au détriment de la qualité scénaristique et la finesse d'interprétation. Et parce qu'on n'en demande de moins en moins au spectateur, qui ne doit plus ni ressentir ni comprendre de trucs trop compliqués - mec, on n'est pas dans du Woody Allen, hein.

C'est ainsi que - vacances de Pâques obligent - je suis allé voir Avengers : l'ère d'Ultron. Tu pourrais croire que ce serait Avengers 2, la suite du Avengers sorti en 2012 ? Et bien non : c'est la suite de Captain America, le soldat de l'hiver, sorti l'an dernier. C'est qu'ils sont malins, chez Marvel : plutôt que de t'obliger à ne suivre qu'un seul personnage (dans une seule franchise), ils filent le scénario d'un personnage à l'autre, d'une histoire de menace de la planète à l'autre, d'une traitrise humaine qui crée le superhéros humble et courageux à la solie destructrice suivante. Le tout forme un ensemble homogène de manichéisme pas futé mais plein de blagues, de prouesses techniques à base d'effets spéciaux et de "cinéma" érigé en défi à l'épilepsie.

Bim boum badaboum. Et reboum.

L'histoire

Ayant fraîchement récupéré un énième artefact contenant le truc le plus puissant de l'univers, les cerveaux malades (l'un enflé du complexe du sauveur, l'autre affligé de sa propre monstruosité) de la fine équipe aux superpouvoirs injectent ledit truc-le-plus-puissant-de-l'univers dans un ordinateur, qui se connecte sur Internet, et prend le pouvoir avec des intentions pas très très sympa envers... les Avengers. Boulets. Ensuite, fastoche : il faut combattre Internet, à grand coups de poings et de marteau et de flèches et de bouclier boomerang. Les boulets gagnent à la fin.

> Outre le thème à la mode de l'internet menaçant (qu'on avait déjà vu ici et là dans les films inspirés de 1984, plus nettement dans, récemment, Transcendance) qui apporte un peu de nouveauté dans ce qui menace la planète, l'approche reste ultra-classique, propre à chaque personnage : humanité/superhéroïté, individualisme/sacrifice, acceptation/déni, etc. Mais on n'est pas là pour faire dans la psychologie : faut que ça claque. On est donc LOIN d'oser un peu de frivolité dans l'approche, comme on a pu le voir dans Hancock ou les Gardiens de la Galaxie.

La réalisation

Si tu aimes le grand spectacle, tu ne seras pas déçu : ça crépite, ça palpite, ça explose, ça court, ça vole, ça lévite, ça fonce, ça traverse, ça frôle, ça swingue, ça tape... Visuellement, reconnaissons que les effets spéciaux, trucages et montages ambitieux sont remarquables, presque indécelables, ce qui en fait une très belle réalisation. Le montage clipesque des scènes d'action est toutefois si saccadé que l'on ne profite de rien : tous les détails nous échappent. Autant dire qu'on ne prend pas vraiment de leçon de cinéma.

Ce qui n'enlève rien aux quelques trouvailles réussies (la ville volante reste un must, même si sous-exploité scénaristiquement, ou Jarvis, l'hologramme intelligent).

Les interprètes

Visuellement, certains personnages en imposent plus que d'autres - carrure ou ego, mais aussi importance dans les autres films de la franchise : Thor, Captain America, Iron Man. Bloqués dans des personnages "à posture" (pas très futé mais très musclé, ou l'inverse), ils ont une faible ampleur émotionnelle, donc peu de finesse de jeu - et les gros boulets, ça fait rire.

Le film illumine donc en creux Jeremy Renner (Hawk Eye), Mark Ruffalo (Hulk) et, dans une moindre mesure, Scarlett César-d'Honneur Johannson (Black Widow), parce que leurs personnages ont un semblant d'épaisseur. Qu'on ne vienne pas demander pourquoi aucun acteur n'a reçu de prix d'interprétation prestigieux pour un rôle de superhéros...

Alors ?

Avengers : l'ère d'Ultron est un bon gros film de superhéros bien sympa.

Personnellement, le film me prouve que les studios de superheros restent connectés aux questions modernes, sans renouveler le genre en profondeur. Il me rappelle aussi qu'on ne fera donc pas de film intelligent avec des superhéros... même si je ne peux m'empêcher de croire que Gardiens de la Galaxie le ridiculise (j'en avais parlé ici, pour mémoire).

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Published by Charlie SaintLaz - dans Ciné
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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 10:58

"On vous avait prévenus", qu'ils diront.

Prédicateurs de tous horizons, ils fleurissent depuis plusieurs siècles années avec une nonchalance qui force le respect. Egrenant leurs théories sur la chutes de la civilisation et la fin du monde, ils déblatèrent inlassablement sur les vérités qui dérangent, démasquant les fausses coïncidences, alignant les accusations basées sur des évidences reliés avec certitude, bref : ils affirment nous ouvrir les yeux, tous relecteurs et grands interprètes de l'Histoire qu'ils sont, alors que l'Histoire les rangera aux côtés de Dan Brown et de son Da Vinci code - puisqu'au final, c'est bien le même sport intellectuel qu'ils pratiquent.

Les récents succès en librairie (et dans les médias) de Houellebecq et Zemmour en témoignent : la France se passionne pour la littérature qui fait le buzz - qu'importe qu'elle se prétende analytique de la réalité ou fantasmatique du pire, elles sont attractives parce qu'elles font parler (et non l'inverse). La capacité des Français à faire de l'analyse de texte étant plutôt mauvaise, d'une part, et le lectorat de livres étant en forte chute, d'autre part, on pourra ne pas trop s'alarmer des effets réels de ces torchons bouquins sur les esprits - bien qu'en d'autres circonstances on déplorera cette décrépitude des cerveaux hexagonaux. Ou peut-être est-ce justement parce que les cerveaux se ramollissent suffisamment pour ne pas contester ce qu'ils pourraient prendre pour la vérité vraie qu'il faut s'alarmer. Chacun y verra son verre à moitié plein ou à moitié vide.

Au départ, la théorie du complot, que chacun pratique à son petit niveau en période de défiance envers le monde entier, naît quand le doute est nourri et l'autorité facilement dézinguable. Alors, plutôt que de s'orienter vers le pragmatisme, l'esprit critique use du doute et des faits pour créer un nouveau dogmatisme, basé sur une opposition systématique et - tu vas rire - une critique bête et méchante du système, tout en proposant un modèle utopique tout aussi critiquable.

(et puis on ne sait jamais, après tout, si ça se trouve.)

(et puis on ne sait jamais, après tout, si ça se trouve.)

"On ne nous dit pas tout !", disait l'autre.

Toujours est-il que pour nous, qui ne sommes pas des théoriciens (diplômés ou à la petite semaine) du monde et du sens de l'Histoire, les propositions d'ensemble, les rapprochements de sujets jamais rapprochés jusque là, ça nous électrise les neurones, parce que ça semble incroyable et surtout parce qu'on sent soudain plus maître du monde. Alors qu'en fait non.

C'est un peu comme réaliser, devant le fait accompli, que Future Lovers, de Madonna, a été créé POUR faire un mash up de génie avec I feel love, de Donna Summer. Soudain, t'es tout foufou, partagé entre la honte d'avoir été roulé, jusque là, par les techniques de la machine à tubes américaine, et l'exaltation d'une mise-en-abyme permanente de la musique électro, qui se réapproprie les meilleurs sont pour en faire, parfois, de vraies pépites.

Mais bien évidemment... j'dis ça, j'dis rien. ;)

#LeCourageDeSesOpinions

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Published by Charlie SaintLaz - dans Tendance Sons
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17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 20:01

Nous sommes Charlie.

Depuis le 7 janvier, l'émotion a été grande, et les résolutions, solides.

Qu'on aime ou non Charlie Hebdo, nous devons respecter qu'ils disent ce qu'ils disent. C'est CA, la liberté d'expression. Je comprends qu'on se sente vexé, touché, énervé, insulté, outré, attaqué par leur ligne éditoriale. Ca m'est arrivé.

Tu vois, si je reprends les arguments avancés contre Charlie, je trouve que d'autres publications sont bien plus attaquables. Valeurs Actuelles, Minute, par exemple. Il y a là, à mon avis, bien plus à blâmer comme atteinte à l'Humanité qu'avec quelques caricatures du Prophète. Nous sommes Charlie, donc, non en soutien à Charlie Hebdo, mais en soutien à la liberté d'expression.

Ces derniers temps, les discours ont fleuri, chacun sa petite opinion, ses discours. Terrorisme et Islam - qui alimente qui, qui subit qui, qui accuse qui, à tort ou à raison. Au même titre que le Front National, l'Islam radical attire les laissés pour compte, les frustrés, les abîmés qui ne se retrouvent pas dans le monde tel qu'il existe. Dans un cas comme dans l'autre, d'ailleurs, peu importe le cadre utilisé (le parti, la religion) : il s'agit simplement d'exprimer le rejet par le rejet. L'intolérance par l'intolérance. Quitte à vandaliser le cadre dont on se sert (la politique, l'Islam) pour arriver à ses fins. Et sans scrupules.

C'est dans ce climat que j'ai vu - parlons Culture - Timbuktu, drame franco-marocain d'Abderrahmane Sissako.

# Le pitch.

Tombouctou, ville du Mali surnommée la Perle du Désert (ou la Ville aux 333 Saints), est au bord du Sahara. La ville tombe peu à peu sous la loi de jihadistes bornés. La population subit, résiste individuellement, tente la raison. Aux alentours, une famille vit tranquillou de l'élevage bovin, peu soucieux de ce qui se trame en ville. Mais un jour, le père tue un pêcheur qui avait abattu une de ses vaches. Le voilà confronté à la justice de la ville...jihadiste.

Décrivant la lente plongée dans l'absurdité de la manipulation de l'Islam, Timbuktu offre une vision paisible du drame qui guette le monde musulman.

Discours sur la Terreur / Timbuktu.

# Mon avis

Bien : La photo. Sans tomber dans une National-Geographic-isation du discours sur l'Afrique, on peut tout de même saluer le travail d'image de Timbuktu, qui lèche ses ambiance et use des décors pour créer une fresque visuelle éclatante, solaire, qui évite le cliché touristique (puisque sont évitées les images des monuments de la ville, classée par l'UNESCO - sans doute parce que le film a été tourné...en Mauritanie).

Bien : Le scénario kafkaïen. L'histoire de la famille de Kidane, éleveur du désert, qui passe de la loi tribale violente à la loi jihadiste violente, heurtant sa vision paisible de la vie, utopiste des dunes.

Bien : Le dialogue religieux. Quand l'imam principal - voix d'un Islam modéré, tolérant, adaptable - s'entretient avec le chef jihadiste - porteur d'un Islam radical, intolérant, intransigeant (et brutal). Un discours qui enrichit notre réflexion sur cette noble religion, et sur l'instrumentalisation de la religion par les esprits étroits.

Pas bien : Le scénario décousu. Nous suivons en parallèle la progression insidieuse en ville, multipliant les petites histoires, nous accrochant aux personnages, alors que leur sort n'est pas filé, et sans effets ; et en parallèle, la vie de la famille de Kidane, déconnectée de toutes les histoires urbaines, même lorsqu'il finit jugé en ville.

Pas bien : La déconvenue thématique. J'avoue, j'espérais une vague de refus, de colère, une rébellion qui défendrait ses libertés, oui, j'avoue, j'espérais un truc entre la marche de Paris du 11 janvier et un acte d'héroïsme à l'américaine, à la sauce africaine. Forcément, j'étais un poil à côté de la plaque. Mais si je suis sensible à tous les actes de rébellion individuelle, j'ai été surpris par l'absence de résistance collective. Des volontés séparées face à un groupe uni (et armé)(et présenté comme crétin). Mais bon, on déplore ce qu'on peut.

 

# Donc ?

Un film à voir, assurément. Mais pas parfait, loin de là.

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Published by Charlie SaintLaz - dans Ciné Politique
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12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 14:36
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11 février 2015 3 11 /02 /février /2015 11:02

Cinéma de poche.

Tu te souviens des publicités pour smartphones qui vantaient l'extrême qualité de la résolution d'image ? Tu te souviens t'être dit que c'était pas forcément ton truc. Pour certains, pourtant, c'est important. Ils ont poussé la technique jusqu'au bout : faire des films.

Il y a dix ans est donc né le Mobile Film Festival, pour que les petits génies de la réal système D puissent eux aussi avoir leur reconnaissance, en marge des festivals du court-métrage. Le principe : un film d'une minute, avec juste un téléphone pour la prise d'image.

Cette année, dixième édition, j'étais des blogueurs invités pour remettre le Prix des Blogueurs (évidemment)(merci How I Met Your Blogueur). J'ai donc pu assister à la projection réservée des 52 (très) courts films et t'en rapporter le meilleur, la crème de la crème numérique, la quintessente moëlle en pixels.

# Ma comédie favorite : Les petits.

Le film a remporté... le Prix des Blogueurs. Victoire !

# Mon drame favori : Toi et/ou moi.

Qui a remporté le prix des Spectateurs. Oui, parce que tu pouvais voter, toi aussi. Le lobbying de Yagg a d'ailleurs permis au film de s'envoler dans les suffrages. Et c'est pas plus mal !

Re-Victoiiiiire !

# Mon film sociétal favori : Il était une fois dans l'web.

Social parce qu'il décrypte un élément social. Ici ; la Y-Gen hyper connectée. Et donc risible, parce que tout excès est risible.

Et le reste ?

Ils ont reçu plus de 700 films de plus de 20 pays, ils en ont sélectionné 52. Tu imagines bien que le meilleur y côtoyait le moins bon. Et dans cette sélection, tout était représenté : le clip, le photomontage, le film d'horreur, d'anticipation, spatial, quotidien, arty, déjanté, délirant ou très sage. Le résultat devait quand même être à la hauteur : narration, écriture, identité visuelle... Y'avait du niveau.

Tiens, vois par exemple le meilleur film, J'ai grandi. Pour moi, c'est pas le meilleur. Mais il est très fort. Il y avait du film qui dénonce, comme les yeux bleus, ou L'acte, petit bijou visuel. Tu aimes les images sublimes ? Regarde celui-là (un poil pompé sur Interstellar). Tu aimes les procédés sonores ? Celui-là. Un film roots qui ferait une chouette pub ? Celui-ci. Un petit rigolo qui pourrait s'aligner au côté des Cyprien et autres Norman ? Celui-là. Un Scènes de Ménages meilleur qu'M6 ? Celui-là. Et les ratés qui s'éclairent sur une phrase à la fin : celui-là.

Bref, du bon, du moins bon, du très très bon, et tout le reste, aussi. C'est fascinant.

Je te laisse voir par toi-même, ici : http://fr.mobilefilmfestival.com/.

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8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 20:51

Nijinski reloaded.

Tu vois qui est Nijinski ? Un danseur russe qui explosa les codes du ballet classique pour inventer la danse moderne. En 1912. Avec un ballet appelé L'après-midi d'un faune, créé au Châtelet. Ah, je sens que ça te parle. Imagine : tous les danseurs de l'époque sont formés pour le classique, et lui, il arrive avec une gestuelle qui leur met les pieds en dedans et les genoux de travers, sans suivre la musique. Ré-vo-lu-tion.

On peut parler de démesure, d'exploration de l'excès. Sous le titre (H)ybris, le chorégraphe français David Drouard poursuit sa quête de Nijinski. Une pièce qui plonge dans les profondeurs de l'homme, dans ce qui le relie au divin et à l'humain. Avec une petite touche d'après-midi d'un faune. Ou avec 5 faunes, tiens.

TOP

Le fond. Du moins, de ce que j'en ai compris. Tu l'as compris avec Métamorphoses, j'aime que l'on parle de l'Homme d'aujourd'hui à travers des figures anciennes, éternelles. A la suite de Nijinski, Drouard s'empare de Pan, le faune de la démesure, et dresse le portrait de l'humain en lui injectant un peu de faune. De la nuit où ils naissent, 5 personnages deviennent hommes, presque nus, l'esprit du faune s'empare d'eux, ils habitent le personnage, puis reviennent à l'état d'homme, un homme nouveau. Voilà ce que j'ai compris : Drouard nous emmène dans une fantasmagorie qui redessine l'homme moderne (rien que ça).

La forme. A thème barré, scéno barrée. Costumes, lumières, ambiance sonore, on est dans une pénombre, dans la brume, c'est électrique, on sent une intensité qui transporte, qui habite, qui étoffe le propos... qui te scotche pour connaître la suite.

Les interprètes. 5 breakers, ça en impose. Et le chorégraphe l'a bien compris : leur plastique sensationnelle est au coeur du propos, alignant les pectoraux et les dorsaux pour évoquer la puissance, la virilité, le désir. A un point qui laisse penser... à un défilé Abercrombie&Fitch.

GLOP

Le fond. J'ai cherché une trame, je l'ai trouvée. Mais si l'on s'en tient au texte de salle, aux intentions décrites, aux prescriptions de lectures, le spectacle ne promet rien qu'une errance dans des concepts, sans rien asseoir. Et quelque part, le spectacle tient ses promesses : l'homme avant et après le faune n'est pas changé - toujours habité de ces tensions ventrales, ondulations originelles, comme expression de la part animale - excessive - de l'homme. Donc, du début à la fin, changement de costumes, mais danse limitée.

La forme. La danse, disais-je. Hormis ces ondulations, rien. Danseurs fascinants, mais mal utilisés. Le hip hop est souvent maladroit, anecdotique, comme si l'homme faunisé allait soudain tourner sur sa tête après 1h à s'en tenir aux petits gestes nerveux, intérieurs. On s'ennuie.

Mais ce qui m'a le plus choqué est le multimédia. "Accessoirisés par les arts numériques, les corps objets des danseurs servent de support à des projections vidéo qui les distordent, les manipulent ou les dédoublent." peut-on lire ici. Pour moi, la vidéo en fond de scène dans un spectacle vivant soit être intelligente, pas démonstrative ou décorative. La plupart du temps, elle apporte au decorum du propos. Nuages, ombres, nuits... Et de temps en temps, pouf, captation numérique et danseurs dédoublés, ombres blanches en halo sur les ombres noires. Et c'est trop. Parce que kitsch.

L'après-midi d'un Drouard.

ALORS ?

De sublimes tableaux, des interprètes fascinants, beaucoup (trop) de maladresses. Toutefois, on résume l'hybris grec par la démesure, sans préciser qu'il s'agit de l'excès passionnel, du dépassement des limites : c'est l'ego qui décide qu'il a besoin de plus, qu'il mérite plus. C'est une forme d'orgueil. Et l'orgueil n'était peut-être pas assez sur scène, et trop dans les coulisses.

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Published by Charlie SaintLaz - dans Danse
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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 20:28

Ex sériphage

Je te parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître : celui où mon quotidien était empli de séries télé, multiples, variées, exigeantes, tout ça. Il y avait Angels in America, The Tudors, United States of Tara, les débuts d'How I met your mother, de The big bang theory. C'était il y a longtemps.

Depuis, j'ai perdu le fil. De celles que je suivais. Et des nouveautés. Par la télé, j'ai pu en suivre une ou deux. Brothers and Sisters, une révélation. Avec des répliques de fou et du bon vin à chaque scène. Et Luke MacFarlane. Et la plus belle demande en mariage que j'ai jamais vue.

Il y a eu Borgen, aussi. La politique danoise fictive devenait de loin plus intéressante que n'importe quelle vie politique vue par le prisme des chaînes d'info en continu. Puis Pilou Asbaek.

Et depuis ? Rien. Presque rien. Des tentatives d'accrocher Game of Thrones. Quelques Modern Family picorés, sans conviction. Comme pour The Good Wife. Scandal, commencé sans être fini. House quand je tombe dessus. Et les redif' de Friends, Grey's Anatomy... Et tellement d'autres ratés.

Et puis Once Upon A Time. Le délire des personnages de conte entre univers d'origine et monde réel, avec un scénario plus improbable à chaque épisode. Le grand n'importe quoi érigé en mode de progression, mauvaise interprétation en prime : une série où les scénaristes sont sous acide et les acteurs dans une débâcle qui leur coûtera cher. Et pourtant, tu suis. Tu suis, parce que c'est drôle de voir Blanche-Neige parler au Capitaine Crochet, et Aurore s'associer avec Mulan. Même Disney n'avait pas osé : c'est sans doute ce blasphème qui te fait coller à cette série. Et la floppée de jeunes mâles au regard dur et à la carrure de roi (Colin O'Donoghue, Michael Raymond-James, Jamie Dornan, Julian Morris, et même Josh Dallas).

Et puis Drop Dead Diva. Série militante, puisque le personnage principal cumule les handicaps d'être une femme ET d'être obèse, mais courageuse, intelligente et sensible. Série judiciaire, série d'amours teintées de mort, série avec assez de nawak et de second degré pour que tu l'adores, cette Jane. Et puis, il y a Justin Deeley.

 

Voilà où j'en suis.

Et sinon, ne regarde jamais Reign. Ce Gossip Girl transposé au milieu du XVIe siècle français est à vomir, tant le ton est bête, les acteurs mauvais, et les erreurs historiques insupportables.

 

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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 17:34

Fait d'hiver.

La mode est à Faites entrer l'accusé. Outreau, Raddad, Lamare,... Ces derniers temps, les faits divers apportent ce qu'il faut d'adhésion populaire, entre peur fascinée pour les bourreaux, compassion pour les victimes et confiance dans la justice et la sécurité pour nourrir des films ambitieux où la lutte du bien et du mal trouve sa plus éclatante véracité : celle portée par le réel.

Ainsi donc, plus le crime est multiple, plus le criminel est un monstre, plus l'histoire fascinera. Dans la famille des anti-héros de JT, je demande Guy Georges. Différentes agressions graves avec passages en prison, puis 7 meurtres avec viol, et une rescapée pour en parler, entre 1991 et 1997. Le délai de prescription passé, le cinéma ne pouvait que s'en pourlécher les babines.

Voici donc L'Affaire SK1, premier long de Frédéric Tellier, rompu à l'art du polar, sans doute lui-même habité des pulsions de mort et d'éternité qui palpitent dans ces fictions. Teaser.

Il y a la traque, bien sûr. L'absence de preuves, de moyens, d'outils, de pistes sérieuses. L'intuition, l'ego, la vie des autres et sa propre vie. La richesse des évènements et la variété de ceux qui gravitent autour. Le film a sélectionné les hommes de l'ordre et la justice, symbolisés par Franck Magne, flic, et Frédérique Pons, avocate. L'un pour retrouver la bête qui l'écoeure, l'autre pour expliquer ce qui fait de l'homme une bête. En parallèle, bien que donnant plus de place à la traque qu'au blanchiment, le spectateur peut donc suivre l'égrènement des cadavres et les avancées de l'enquête tout en se repaissant du doute - pour qui aurait oublié l'affaire - qui plane sur l'accusé jusqu'à ses aveux.

Côté scénario, donc, on ne reste pas sur sa faim.

SK1, un vrai bon drame français.

Côté réalisation, le risque est grand : les séries télé ne cessent de remonter la barre du réalisme, du suspens, du scotchage à ton siège. Sans en faire trop - loin de l'american style - et respectant le voeu de narration croisée, Tellier s'invite dans le polar français entre Maïwenn pour la tendresse et Olivier Marchal pour l'action (non, ej n'ai peur de rien). Une façon d'annoncer une looooongue lignée de polars à venir.

Côté interprètes, il fallait du solide pour trois personnages. Magne, le flic. Pons, l'avocate. Et Guy Georges. De plus en plus en première ligne en ce moment, Raphaël Personnaz endosse les neurones en pelote de Magne, avec un peu trop d'absence, parfois, pour être tout à fait crédible. Mais, entouré d'Olivier Gourmet, Michel Vuillermoz et Thierry Neuvic, le manque de prestance passe pour un manque d'assurance, qui n'est pas de mauvais ton quand on joue un type qui débarque, donc qui rame. En contrepoint, indéboulonnable dans les rôles de celle qu'il faut pas faire ch***, Nathalie Baye donne corps à celle qu'on devrait haïr, celle qui cherche l'homme sensible sous la bête épaisse, pour tenter de l'innocenter. Crédible dans ce rôle devenu un peu secondaire, elle habite avec conviction ce personnage à contre-coeur du public (qui aime pourtant les "avocats du diable" (huhu)). Enfin, Guy Georges est joué par un remarquable et saisissant Adama Niane, que Tellier a bien pratiqué dans sa série Flics. Niane fascine, désarme, dégoûte... à l'image de Michel Dubec, expert psy de l'époque, qui écrivait que le meurtrier fascine dans ce qu'il véhicule de fantasmes, au point qu' "on en veut à Guy Georges du bout de chemin qu’on a été capable de faire avec lui, comme s’il nous avait piégés... ".

Au final, un film généreux pour servir le public, toujours avide d'épopées où le bien veut faire la peau au mal, répondant à nos attentes quant au cinéma français : un truc sensible, intelligent et intense. Qui n'est pas sans défauts.

Alors, à quand le film sur le 7 janvier 2015 ?

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Published by Charlie SaintLaz - dans Ciné Tendance
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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 21:59

# Carte de Voeu.

Pour 2015, je ne te souhaite pas bonheur, joie et prospérité. Non. C'est trop facile : richesse, amour, gloire, réussite, à croire que l'on est que l'on est dominés par ces idéaux réducteurs. Depuis que les chaînes d'info en continu nous répètent que c'est la crise, on se repaît plus jamais des idéaux hérités des années 80 : argent, sexe, pouvoir. Comme si la révolution new age des années 90 n'avaient jamais existé.

J'ai commencé cet article avant les évènements de Charlie Hebdo. Ce qui suit sonne étrangement, aujourd'hui.

Alors moi, je te souhaite le basique : la santé, la sécurité, l'affection. C'est tellement basique que c'en est barbant. Puis c'est anxiogène, de se rappeler que rien n'est jamais gagné d'avance.

En ces temps bouleversés, Je te souhaite donc responsabilité, humilité et sérénité.

Pour garder ton esprit ouvert, ta curiosité affûtée, tes capacités de questionnement et de raisonnement ouvert - bref, pour progresser dans la vie -, je te propose d'éteindre ta télévision et de sortir de chez toi. Conférences, cinéma, fête des voisins, concerts, brocantes, virées au vert, à l'étranger, spectacles, sport, vie associative, bénévolat... Parce que les écrans permettent de découvrir beaucoup, mais jamais aussi finement et pleinement que l'expérience in vivo. Parce que c'est la curiosité de l'autre qui nous permet de découvrir et de comprendre l'autre.

Moi, par exemple, je t'invite au spectacle. Mais attention : quand je te dis spectacle, je ne te dis pas "je regarde pour être époustouflé". Je t'explique.

# Je regarde pour être touché.

Tu t'ennuies ? C'est que tu es tombé dans l'apathie. Par paresse, après tes longues journées de travail et t'être occupé des mômes, tu n'as qu'une envie : qu'on te foute la paix. Du coup, tu ne fais que ce qui te repose. Et la culture du divertissement l'a bien compris : elle t'épargne toute véritable activité émotionnelle. Et ceux qui tiendraient le coup, chercheraient à te garder éveillé, tu les fuis. Par habitude. Du coup, tu es devenu apathique.

Le truc, c'est que l'émotion, c'est ce qui nous réunit. La peur, la colère, l'amour, la tristesse, l'envie, la frustration, l'ennui, la joie - et toutes leurs nuances. Toi comme moi, on en est traversés, normalement. Et chaque émotion nous rappelle qui nous sommes.

Alors tu laisses tomber les barrières. Arrête de te cacher dans ton confort émotionnel. Accepte d'être secoué, d'être blessé, de pleurer, d'aimer : c'est CA, la vie. Pas de travailler plus pour gagner plus ou de péter les scores à Candy Crush.

Et crois-moi : les théâtres sont les meilleurs temples pour éveiller les émotions. Les vraies.

 

# Je regarde pour remettre en question

Parce que non seulement tu dois te sortir de ton confort émotionnel, mais tu dois aussi te sortir de ton confort intellectuel. On est entourés de certitudes, et l'on se questionne sur ce qu'on nous présente. Pourquoi ? Parce qu'il nous faut avancer, améliorer, progresser. Or si l'on avance que sur ce qu'on nous montre, progresse-t-on vraiment ? Non. Il nous faut découvrir, chercher, fouiller, apprendre pour questionner. Parce que plus on remet en question, plus on est à même de saisir la réalité des choses.

# Je regarde pour mieux comprendre

Et, à force de ressentir et de remettre en question, on remet les choses en place. On comprend ce qui anime l'autre, ce qui le fait, ce qu'il représente. Une meilleure compréhension de l'autre, débarrassée de tes référentiels à toi, plein d'empathie, c'est ce qui mène à la paix. A la concorde. Voilà à quoi te servira le spectacle.

 

Alors pour 2015, je ne te souhaite ni bonheur, ni pouvoir, ni richesse.

Je te souhaite d'être humanité.

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Published by Charlie SaintLaz - dans Tendance Danse Théâtre
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