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REASSEMBLAGES
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FabCaro meets Blanche Gardin & Pascal Sangla

FabCaro meets Blanche Gardin & Pascal Sangla

La Maison de la Poésie, à Paris, se présente comme le lieu de la littérature en scène : un endroit où les mots, leurs auteurs et leurs lecteurs se rencontrent autrement que par la lecture. Débats, découvertes, débriefs, désacralisations, délires, déstructurations et délices : le lieu joue des formes, non sans humour et délectation.
Chanceux que nous sommes : la plupart de ces rencontres sont filmées, diffusées en live en ligne (merci le Covid), et restent ainsi disponibles pour le spectateur non-parisien, confiné ou non. Une chaîne YouTube vous attend, pour goûter ici une lecture, là un happening, plus loin un entretien.

Un exemple.
A l'automne dernier, ils recevaient un des princes de l'humour français, qui écrit romans qui dilatent la rate et dessine BD à se fendre la pipe : Fabrice Caro, dont le Zaï zaï zaï zaï (2015) avait déclenché la gloire en bédé, dont le roman Le discours (2018) nous avait fait éclater de rire (et dont on attend l'adaptation ciné en 2021, avec le truculent Benjamin Lavernhe dans le rôle titre), et dont le roman Broadway (2020) fut plusieurs fois offert à Noël par votre serviteur, tant c'est une merveille.
FabCaro invité par la Maison de la Poésie, donc, et qui fait suivre l'invitation à deux comédiens doués d'un grand sens de l'absurde, de la gêne et de la punchline : Blanche Gardin et Pascal Sangla. Eux sur scène, lui dans la salle, pour plus d'une heure d'élucubrations réjouissantes et déroutantes, parfait pour sortir de et/ou illustrer nos quotidiens déréglés.
De balades dans l'œuvre écrite et dessinée de FabCaro en saynètes rédigées pour l'occasion, les deux loustics donnent corps à l'esprit facétieux de l'auteur. Une illustration légère au rythme soutenu qui rappelle les belles heures du théâtre expérimental. Entre les longs monologues absurdes de Sangla et les présentations désopilantes de Gardin, sur le style élégant et pourtant si cru parfois de Caro, on ne manque pas de se laisser porter dans ce spectacle - puisque c'en est un - qui semble déjà fini alors qu'il vient de commencer, ou de recommencer. Régalez-vous !