Day for night

Publié le par Charlie

"Moi pour un film, je pourrais quitter un type. Mais je ne pourrais pas quitter un film pour un type". C'est Nathalie Baye, dans La nuit américaine, de Truffaut, qui le dit. Au sujet d'une script qui quitte l'acteur principal pour le cascadeur.

Puis c'est Truffaut lui-même, qui parle à Léaud, pour lui dire "Je sais, il y a la vie privée. Mais la vie privée, elle est boîteuse pour tout le monde. Les films sont plus harmonieux que la vie, Alphonse. Il n'y a pas d'embouteillages dans les films, pas de temps morts." De quoi avoir envie de vivre dans la fiction ! Et l'on sent poindre l'éternelle question "Le cinéma est-il supérieur à la vie ?" ...

"Tout le monde est magique. Ou personne n'est magique." Radieuse Jacqueline Bisset qui tente de rattraper le coup avec Alphonse/Léaud.

Le grand kiff de ce film, par ailleurs, c'est cette musique. Un seul morceau, un leitmotiv, dont on nous passe des extraits à longueur de scène, de temps à autres. Signée Delerue, Grand Choral est un morceau de violons chantants, fuyant dans les aigus, et de cuivres qui donnent un ton solennel au tout.

Nathalie Baye, Jacqueline Bisset, François Truffaut, Jean-Pierre Léaud, Dani, Valentina Cortese, Jean-Pierre Aumont, Alexandra Stewart ... et bernard Menez. Si. La nuit américaine, c'est un film sur le cinéma. Il répond à la question "Comment réalise-t-on un film ?", c'est-à-dire "A quoi ressemble un tournage ?" ... La course après le temps, la vie que l'on répète encore et encore, la vie privée qui s'immisce, la schizophrénie de l'acteur, les turpitudes du scénario ...

Et, NATURELLEMENT, un Oscar du meilleur film étranger 1973. Preuve que les labels ne font pas que de jolies étiquettes au Virgin Megastore !

Publié dans Ciné

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